‹ Vie de Sainte TérèsaChapitre 28 sur 52 · MK nn sai.ntk lÉiitsK · texte numérisé non relu

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hiiniLTe iron-haul , que le véritaMe honneur n"a rien de mensonger , et (|uc lui élre vraiiiictil fidèle, c'est estimer ce qui inérilc delèlre, et considérer comme un néant, el inoin?encore qu'un néant , tout ce qui prend fin et n'est pas ai^réable à Dieu. Elle se rit d'elle-même en songeant qu'il y a eu un temps dans sa vie , où elle a fait quelque cas de I argent, et où elle en a eu quelque désir. A la vérité , je nai jamais eu à me confesser d'un tel désir ; celait une assez grande faute pour moi , de lui avoir accordé quelque estime. Si l'on pouvait, avec cet argent , acheter le bonheur dont je jouis , j'avoue que je le priserais extrêmement ; mais il n'en est pas ainsi , et je vois que, pour l'obtenir , il faut renoncer à tout.

Qu'achètc-t-on avec cet argent dont on a soif ? Est-ce un bien de queltjue prix ? Est-ce un bien durable ? Et pourquoi le veut-on? Ah ! quel lugubre repos l'on se procure, el qu'il coûte cher ! Souvent , hélas ! on descend en enfer avec cet argent, et l'on achète un feu qui ne s'éteint pas , et un su()plicesans fin ! Oh ! si les humains pouvaient tous, de concert, le regarder comme un [)eu de boue inutile , (|uelle harmonie régnerait dans le monde 1 Quel alTranchissement des soucis cruels qui nous troublent ! Avec quelle amitié tous se traiteraient niuluellement , si l'intérêt de l'honneur et de l'argent disparaisï-ait de la terre ! Pour moi , je tiens que ce serait le remède à tout.

L'âme, à celte vive lumière du Ciel, voit de quel aveuglemcnl |)rofond sont frappés les esclaves des plaisirs, el comment ces inforlunés n'y trouvent, dès cette vie même , qu'une source de peines cuisantes et de troubles amers. Quelle inquiétude ! Quel {)eu de contentement ! Comme ils travaillent en vain !

Quanil elle replie son regard sur elle-même . elle découvre, à la clarté dont Dieu l'illumine, non-seulement les toiles d'araignée , ou les grandes fautes , mais encore les |)lus légers atomes ou les plus petites taches. Elle a beau tendre à la perfection , j)ar l'ellurt lo plus magnanime, dès (jue ce Soleil de sain-

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\Q\c l'invcslil de ses rayons, elle se trouve exlraordinairement Irouble : scrjiblal)lo à l'oau dans un verre , qui, loin du soleil . semble pure et limpide, mais (|ui, exposée à ses rayons, paraît toute remplie d'atomes. Cetfecomparaison est [)arfaitement juste. Quand Dieu n'avait pas encore aceordé d'Extase à l'âme, elle croyait éviter avec soin toute ofl'ense. et fiiire pour son service tout ce qui dépendait d'elle. Mais lorsque , dans l'Extase, ce Soleil de justice la pénètre . elle se voit forcément telle qu'elle tist ; elle découvre alors en elle tant d'imperfections et de taches, qu'elle voudrait soudain en détourner sa tremblante vue. Son œil d'aigle n'est ()as encore assez fort pour regarder fixement ce Divin Soleil. Pour peu qu'elle le regarde , elle se voit comme une eau très-trouble. Elle se rappelle ces paroles : «Seigneur! qui sera justedcvant vous(l))) ? Quand elle considère celte sainteté infinie , elle est éblouie de sa clarté ; et quand elle se considère elle-même . elle trouve sur ses yeux un é|)ais bandeau formé par la fange de sa misère ; en sorte que notre petite colombe reste aveugle. Oui , très-souvent , elle demeure ainsi complètement aveugle , absorbée , effrayée , évanouie devant les inénarrables merveilles qu'elle contemple. C'est là qu'elle trouve ce trésor de la vraie humilité qui fait qu'elle n'a plus de peine à dire, ou à entendre dire du bien Trellc-mémc. Que le maître du jardin en distribue les fruits à son gré , c'est à lui , et non à elle , de le faire. Ainsi , ne gartlant rien pour son intérêt propre, elle fait hommage à Dieu de tout le bien (|u'elle possède , et si elle parle de soi , c'est uniquement [)Our sa gloire. Elle sait que . dans ce jardin , rien ne lui a|)parlient en propre, et, voulùl-clle l'ignorer, ce n'est pas en son pouvoir ; car elle le voit Li'unœil que Dieu, malgré file , ferme aux choses du monde . et tient ouvert à la vérité,

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