‹ Vie de Sainte TérèsaChapitre 48 sur 52 · JESUS · texte numérisé non relu

JESUS

Le Saint-Rspril soit toujours avec vous. Amen (1).

Ce ne serait pas mal , je crois, de mettre dans tout .son jour le service que je vous ai rendu en écrivant ce livre de ma vie, pour vous obliger à me recommander à Noire-Seigneur avec un redoublement de zèle. Je le ferais, ce me semble, à bon droit, après tout ce que j'ai souffert en me voyant dépeinte dans ces pages, et en rappelant à mon souvenir mes innombrables misères. Néanmoins, je l'avouerai ingénuement , j'ai ressenti plus de peine à écrire les grâces dont j'ai été comblée par Noire- Seigneur, que les offenses que j'ai commises contre sa Divine Majesté.

J'ai donné de l'étendue à cet écrit , comme vous me l'avez ordonné; mais je compte sur la promes.se que vous m'avez faite de déchirer ce qui ne vous paraîtra pas bien. Je n'avais pas encore achevé de le relire , quand on esl venu le réclamer de votre part. Ainsi vous y pourrez trouver bien des endroits où je me suis mal expliquée , et d'autres où je me serai répétée. J'ai eu si peu de temps pour ce travail , que je n'ai pu revoir à mesure ce que j'écrivais.

Je vous supplie, mon Père, de le corriger el de le faire transcrire , avant de l'envoyer au Père Maître d'Avila , de crainte qu'on ne reconnaisse mon écriture. Je désire ardemment qu'un homme d'un tel mérite le voie, car je le commençai avec celte intention. S'il trouve que je suis en bon chemin, j'en demeurerai extrêmement consolée.

(<) Lettre au Père Pierre Vbanez.

ÉCRITE l'\R EI.I.E->Tt;MR. 511

Ma lâche est maintenant terminée pour ce qui dé[)en(Jait de moi ; quant à vous , mon Père . disposez de tout ainsi que vous le jugerez à propos , considérez que vous êtes obligé d'assister celle qui vous confie ainsi les plus intimes sentiments de son àme. Tant que je vivrai , je recommanderai la vôtre à Noirc-Seigneur. Hàtez-vous donc de le servir, pour vous rendre ca|)aljle de m'aider aussi de votre côté. Vous verrez dans cet écrit ce que l'on gagne à se donner lout entier, comme vous avez commencé de le faire , à celui qui se donne à nous sans mesure. Qu'il soit béni à jamais ! J'espère de sa miséricorde que nous nous verrons un jour dans le Ciel , où nous connaîtrons mieux que dans cet exil , les grâces qu il nous a faites, et où nous le bénirons éternellement. Ainsi soit-il. Ce livre a été terminé au mois de juin de l'an 1 562 (1 ).

(t) Cette lettre, comme les BoUandistes le démontrent , est adressée au Père Pierre Ybanez , par ordre duquel la Sainte écrivit la première relation de sa vie travail commencé à Avila en 1561 , et terminé à Tolède dans le palais de Louise de la Cerda , sœur du duc de Médina Cœli , en juin 1562.

La Sainte met cette lettre à la fin de la seconde relation de sa vie , écrite par ordre du Père Garcia de Toledo , d'abord parce qu'elle faisait partie intégrante de son premier travail , ensuite parce qu'elle montre clairement dans quel but et quel esprit elle l'avait entrepris.

VideBoll. deLib. et Script. S. Teresiae, pag 340.

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