‹ Vie de Sainte TérèsaChapitre 5 sur 52 · DU TRADUCTEUR. XV · texte numérisé non relu

DU TRADUCTEUR. XV

les difTicultés de notre cnlrcprise. il nous est également doux de payer le même lril)ut de gratitude à nn homme non moins émincnt , à Monseigneur Brunelli , Nonce de Sa Sainteté en Espagne. Nous garderons un éternel souvenir du paternel et gracieux accueil que nous trouvâmes auprès de lui. Non content de seconder le but littéraire de notre voyage. Monseigneur Brunelli nous accorda la faveur de visiter les sanctuaires du Carmel , qu'il nous importail de connaître. C'est en vertu de ce privilège que nous avons vu et étudié à loisir le couvent de l'Incarnation d'Avila , celui de Saint-Joseph, berceau de la Réforme du Carmel , enfln le monastère d'Albe , qui a la gloire de posséder le corps virginal de sainte Térèse.

Ainsi , les manuscrits originaux de tous les grands ouvrages de sainte Térèse ont été religieusement collationnés. Par cette confrontation des autographes avec une des plus correctes éditions de Madrid , deux grands résultats ont été obtenus par nous ; d'abord nous avons la certitude de posséder et d'offrir au public le texte pur de sainte Térèse. En second lieu , nous sommes en mesure de donner une édition espagnole de ses œuvres, incomparablement plus correcte que toutes celles qui existent. Et , si Dieu nous en fait la grice , nous élèverons ce monument à la gloire de la Réformatrice du Carmel.

Terminons par quelques mots sur la Vie de sainte Térèse écrits par elle-même. Ce livre , le plus important de ses ouvrages , fut le premier qui sortit de sa plume. La Sainte , dans une de ses lettres , l'appelle le Livre des miséricordes du Seigneur. Elle l'écrivit par ordre de ses Confesseurs , mais avant que ceux-ci eussent parlé , Notre-Seigneur lui avait déjà fait connaître que c'était sa volonté ; c'est ce qu'elle déclare expressément dans l'avant-propos : « En écrivant ma vie , dit- » elle , j'obéis à mes Confesseurs ; je me rends aussi, je le sais ,

XVI AVEttTlSSEMF.NT

» à la volonté du Divin Maître qui , depuis longtemps , exigeait » do moi cet écrit; mais jusqu'à ce jour je n'avais osé l'entre- ') prendre. «

Sainte Tércse a écrit deux relations de sa vie ; elle commença la première à Avila , en 1561 , et la termina en 1562 , dans le courant de juin , à Tolède, chez Louise de la Cerda , sœur du Duc de Médina Cœli , deux mois avant la fondation de Saint- Joseph, premier monastère de la Réforme. Le Confesseur qui lui avait imposé celle tache était Pierre Ybancz, Religieux de l'Ordre de Saint-Dominique, homme éminenl par ses lumières, et plus éminent encore par sa sainteté. Sainte Térèse, dans le cours de son ouvrage , nous fera connaître les vertus de ce grand serviteur de Dieu, et nous présentera le ravissant tableau de sa sainte mort.

Vers la fin de 1 562 , comme elle le raconte dans le prologue du Livre des Fondations , il lui fut enjoint par un autre de ses Confesseurs, d'écrire une seconde relation de sa vie |)lus étendue que la première , et de faire entrer dans son récit la fondation de Saint-Joseph d' Avila. Ce Confesseur , de l'Ordre de Saint- Dominique comme Pierre Ybanez , était le célèbre Garcia de Toledo, issu d'une des plus nobles familles d'Espagne, mais en qui l'éclat des vertus surpassait l'éclat de la naissance. Modèle de la plus parfaite obéissance, Térèse dut sans retard s'occuper de la nouvelle relation de sa vie , et y consacrer les moments de loisir que lui laissait le gouvernement de son monastère- Néanmoins son livre n'était pas encore terminé en 1 565 , puisqu'elle y rapporte l'heureuse mort de Pierre Ybanez, arrivée cette année , d'après Echard. Elle ne l'aurait donc achevé que vers la fin de 1505 , ou dans le cours de l'année 1566 , comme le pensent les Bollandistes ; il faut observer que, dans cet intervalle , c'est-à-dire, de 1563 à 1566, elle fit marcher

Page 1