‹ Vie de Samuel Champlain [microforme]Chapitre 16 sur 112 · EE RER · texte numérisé non relu

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de la pointe Digby au cap Split, sur le bassin des Mines, une muraille de 150 mètres de hauteur.

À une cinquantaine de kilomètres de la pointe sud de la presqu'île, cette muraille se rompt et forme un gut « canal, gorge ou boyau », large d'environ trois kilomètres, d'entrée très difficile. Champlain s’y engage et | navigue sur une belle nappe d'eau qui pourrait contenir ( | à l'aise, dit-il, un grand nombre de navires.

| | Tout au fond se trouve, masquée par une île que chan-

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tera Lescarbot, l'embouchure d'une rivière large et belle, longue de 112 kilomètres. Champlain la remonte qua- L. torze ou quinze lieues, et lui donne le nom d'un petit 54 poisson qui s’y trouve en abondance : l’Esquille. Monts l’appellera « rivière du Dauphin » et les Anglais Annapolis River.

WI VIII. — L'Acadie, dont Champlain vient de faire

L | presque tout le périple, est sous la même latitude que la | Gascogne, mais son climat est beaucoup plus rigoureux. PAL HE Le thermomètre y varie de 28 ou 30 degrés au-dessous de

zéro à 30, 35 et 40 au-dessus. De la fin de décembre au commencement de mars, la terre est couverte d'un épais | | tapis de neige, et les glaces qui flottent le long des côtes 1 {il orientales retardent parfois le printemps ; mais, venu le | |

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| | il beau temps, la végetation marche avec une étonnante

4 18 rapidité; d’un jour à l’autre la campagne change d'aspect. « On a vu auprès de la Haive », dit Charlevoix, « un 1 ji » seulgrain de Froment, qui avoit produit cent cinquante

Il | | ill » épis fort longs, et tellement chargés, qu’il avoit fallu |

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» y mettre un cercle de fer, pour le soutenir. Le sieur

» Denys, qui rapporte ce fait, dont il avoit été témoin, ajoute qu’au même endroit il vit un champ de Bled, où les Grains, qui avoient le moins produit, portoient huit tiges toutes fournies d’épis, dont le moindre avoit un demi-pied de long ! ».

La vallée d’Annapolis est dans des conditions géographiques particulières. Deux rangées parallèles de roches éruptives : les « Monts du Nord » et les « Monts du Sud » Ja protègent contre les grands vents ; les hautes falaises et les puissantes frondaisons de l’ouest la garantissent des brouillards de la baie Fundy. Sa température est ainsi de 3, 4, 5 degrés plus douce que celle du reste de la presqu'île, Tout y vient à merveille. Elle est le « Jardin de la Nouvelle-Ecosse » ; on dirait aussi bien la « Nor-

mandie de la Nouvelle-Ecosse », parce que toutes ses routes sont bordées de pommiers, parce qu’elle produit en abondance des poires, des prunes, des pêches, des cerises et du raisin.

Champlain s'y trouvait au commencement de juin. La srlve était en plein épanouissement, les prairies étaient d'une fraicheur délicieuse, l’air tiède et parfumé. Sans nul doute, il a trouvé, comme Monts trouvera, « ce pays » plus agréable que nul autre au monde ». Il le nomma « port Royal ». C'est maintenant « Annapolis Basin ».

IX. — Continuant son excursion autour de la baie Fundy, il signale des mines de cuivre et de fer. En effet,

1 CHARLEVOIX, 0p. cit, t. I, p. 177.

dans cette région, le fer est en quantité inépuisable. Dans le bassin des Mines, il a vu de nombreuses traces de houille. Il y fit peu d'attention parce que, de son temps, ce précieux minéral était peu utilisé : quelques bateaux qu’on en amenait de Lille ou de Condé suffisaient à la consommation annuelle de Paris. D'après les géologues, cette mine, qui s'étend sous le Nouveau-Brunswick, la Nouvelle-Ecosse et l'île de Cap-Breton, peut fournir quatre milliards de tonnes de houille, c'est-à-dire qu'elle peut suffire, pendant quatre milie ans, à la consommation du Dominion tout entier.

X. — Champlain, toujours allant, atteint la côte du Nouveau-Brunswick et la longe jusqu'à l'embouchure d'une rivière que les Sauvages appellent, dit-il, Ouygoudy. Elisée Recius la nomme ZLouchtouk « Long- Fleuve ». Champlain y arrive le 24 juin et la place, pour ce motif, sous le vocable de « Saint-Jean ».

Il en trouve l'entrée dangereuse, non sans cause. Elle paraît avoir eu jadis pour issue une vallée marécageuse et une crique. Mais elle est violente; après avoir plusieurs fois déplacé son lit, elle a crevé un barrage de rochers calcaires dont les parois se dressent à 30 mètres au-dessus du flot. Cette brèche de la falaise offre un phénomène unique. La rivière, resserrée dans un couloir de 180 mètres, tombe à la mer par deux chutes dont l’une, celle d’amont, a Sept ou huit mètres de hauteur. La marée nivelle la première, puis couvre la seconde ; continuant à monter, elle forme une cascade en sens inverse. Le

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courant du fleuve et le flot de marée se heurtent, font grand fracas; le dernier l'emporte et remonte jusqu'à Fredericton, même jusqu'à Woodstock, à 135 et 240 kilomètres de la mer.

Champlain attend que le courant soit étal, franchit bravement le double barrage et remonte la rivière une quinzaine de lieues.

Les Sauvages lui apprennent que cette rivière a un cours de 180 lieues; qu'ils la remontent jusqu’à cinq ou six lieues du Saint-Laurent ; qu'elle leur sert de grande route pour aller à Tadoussac, mais qu'elle force à de nombreux portages. En effet, le sol est très dur et ne permet pas à la rivière de se creuser un lit profond. Les eaux divaguent, s’égarent dans de nombreux méandres ; barrées par des saillies rocheuses, elles s’accumulent, s'étendent, pèsent sur l'obstacle, le franchissent ou le rompent et retombent en cascades ou s'échappent en rapides. Une de ces cascades, nommée les Grandes Chutes, a 22 mètres de hauteur; son énorme masse d’eau tombe dans une cluse profonde et descend, par bonds, des rapides longs de 1 500 mètres. « En y jettant du bois » dit Champlain, « il enfonce en bas et ne le revoit-on plus ».

Champlain dit que cette puissante et capricieuse rivière est large et belle !, remplie d’iles, fourmillante de poisson, bordée de vignes, de prairies, des plus beaux arbres

l CiamPLAIN, Voyages ; 1632, 1re part., pp. 57. 58. — Euisée Rectus, op. ct, t. XV, pp. 581, 582. — Vivien De SaintT-MarTiN, Dict., verbo Saint-Jean.

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qu’on puisse voir, mais que le port formé à son embouchure est dangereux et d'accès difficile.

Le P. de Charlevoix raconte qu’à trois quarts de lieue * de l’île Menane, qui sert d’amer à l'entrée du Saint-Jean, se trouve un rocher presque couvert par la mer et formé de lapis-lazuli. Un morceau, apporté en France par le commandeur de Razilly, aurait été estimé, par le sieur Denys, dix écus l'once. Le Révérend Père emploie la forme dubitative, et je crois qu'il a bien raison !.

XI.— Reprenant sa course le long de la côte, à travers une frange d'îles, Champlain arrive à la baie de Passamaquoddy, où s’étale un petit archipel et débouche une rivière.

La rivière, longue de 50 lieues, se forme de deux branches principales qui sortent des lacs Schodik et Schoodik. Les navires de 300 tonneaux peuvent la remonter environ cinq lieues. Au delà, elle est ondoyante, capricieuse, coupée de rapides et peut, tout au plus, porter de légers canots indiens.

Une île de la baie de Passamaquoddy attire l’attention de Champlain. Elle a de tour 800 ou 900 pas et s’élève à trois ou quatre toises au-dessus du flot, fors à une pointe d’ailleurs facile à fortifier. Son sol est excellent, couvert d'érables, de sapins, de chênes et de bouleaux. Il y a un gisement de terre glaise propre à faire des briques. Éloignée de 900 à 1 000 pas de la terre ferme, « les vais-

1 CHARLEVOIX, 0p. cit., t. I, p. 178.

» seaux ne pourroient passer sur la riviere qu'à la merci » du canon d’icelle ». De ce point, on aurait avec les sauvages de faciles communications !.

Monts remarquera que des ruisseaux qui se jettent dans la baie forment une croix, et tout huguenot qu'il est, il baptisera, du nom de « Sainte-Croix », l’île et la rivière ?.

XII. — Cependant, au port au Mouton, les vivres diminuent et grande est l'inquiétude. Monts veut retourner en France, sans même attendre le retour de Champlain. Poutrincourt proteste et réussit à faire ajourner le départ.

Monts envoie alors, à la recherche de Pontgravé, un français et quelques sauvages.

Pontgravé a trouvé à Canso, pris et dépouillé quatre navires basques qui pêchaient malgré les ordonnancesÿ, . mais il n'a vu nulle part la lettre et la croix que devait laisser le sieur de Monts. Il était également très inquiet. Grande fut sa joie à la vue de la mission envoyée par Monts‘. Pontgravé se hâte de décharger les vivres atten-

1 CHAMPLAIN, Voyages, 1632, l'e part., pp. 58-60.

? LescarBor, Hist. de la Nouv.-Fr., 1612, pp. 461, 462.

3 Depuis plus d’un siècle les Basques pêchaient la morue, sans en avoir demandé au roi la permission, « Leur courir sus et les traiter » en voleur était une injustice criante que les mœurs barbares de ces » temps orageux peuvent expliquer, mais non pas excuser. » (BENJAMIN SULTE, Hist. des Canadiens-Français, t I, p. 55).

4 Lescarsor, Hist. de la Nouv.-France, 1612, pp. 449-452. — CHAMPLAIN, Voyages, 1632, 1re part., pp. 48, 44.

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dus par son chef et d'aller à Tadoussac faire la traite des pelleteries.

XIII. — Ainsi ravitaillée, « toute la Nouvelle-France » enfin assemblée sur deux vaisseaux » quitte ie port au Mouton, fait voile au sud, contourne le cap de Sable, va jeter l'ancre dans la baie Sainte-Marie, où elle reste quinze jours à faire des reconnaissances, et se dirige sur Port-Royal.

Monts dédaigne Port-Royal. Poutrincourt, au contraire, le trouve à sa convenance et le demande pour s’y établir avec sa famille. Monts lui accorde volontiers, d'un trait de plume, la vallée la plus belle et la plus riche de l’Acadie et des provinces voisines.

XIV. — En sortant de Port-Royal, Monts va voirune mine de cuivre decouverte par Champlain. Maître Simon, le mineur, pense que la mine de cuivre couvre une mine d'or. C’est bien possible, dit Lescarbot, mais, « de s’amu- » ser à la chercher ce n’est chose encore de saison. La » première mine, c’est d'avoir du pain et du vin et de la » nourriture pour le bestial ». Ce sage croit même que les mines d’or sont une source de misère et d'inquiétude, l'occasion d’abominables cruautés. Il maudit l'heure où furent découvertes les richesses du Mexique et du Pérou. C'est avec ce levier d’or que l'Europe chrétienne fut bouleversée, ruinée, ensanglantée; c’est l'amour de l’or qui rendit tellement odieux le Christ et sa religion, qu'un

roi des Incas a préfére l'enfer au paradis des moines espagnols.

XV. — Monts continue de longer les côtes sans rien trouver à sa convenance, et arrive à l’île Sainte-Croix. Cette île ne lui plait guère ; mais la saison est avancée, il faut un gîte pour l'hiver; il la prend, de peur d’être obligé de se contenter de pis.

Poutrincourt lui donne en garde ses armes et ses munitions et part pour la France.

Soixante-neuf hommes restent à Sainte-Croix : le sieur de Monts, seigneur féodal de la moitié de l'Amérique du Nord; Champlain, d'Orville, Beaumont, Sourin, La Motte, Boulay, Feugeray, gentilshommes de naissance ou d'éducation ; des laboureurs, des artisans, des soldats ; le curé et le ministre dont j’ai raconté les combats et la mort. Des établissements espagnols au pôle, la civilisation est ainsi représentée par quelques hommes campés sur la frange du continent !.

Tandis que Poutrincourt vogue péniblement vers la France, Monts construit un fort et une batterie, des maisons pour lui, pour ses officiers, pour les notables et les suisses, un magasin, une galerie couverte pour les exercices, les jeux et l'atelier. Les cultivateurs et les artisans cabanent en terre ferme, sur le bord d'un ruisseau. intre le fort et la batterie, on fait un jardin, et tout le

l'PRANGIS PARKMAN, Pionvcers of lance in the Ner Wo;lu ; Boston, 1865, pp. 228, 229.

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monde y travaille de bon cœur. Le terrain est excellent. Du froment, abandonné avant sa maturité, se reproduisit de lui-même et donna, deux aus après, un fruit aussi bon que celui de France « Et de présent », dit Lescarbot, « il continue à repulluler tous les ans ». Cependant, en France court un pamphlet dans lequel on dit que le sieu” de Monts arrache des épines en Canada.

XVI. — L'hiver vient avec son cortège de neige, de glace et de tempêtes. Le froid est tel que le cidre et le vin gèlent et sont distribués au poids. Le bois est rare, l’eau douce fait défaut, et l'on doit se garder des sauvages, plus encore des chrétiens, qui ne manquent jamais l'occasion de se faire tout le mal possible. C’est un exil, et nos hommes, qui n’ont pas encore la pratique des hivernages, restent oisifs autour de leur maigre foyer, s’ennuient, se lamentent.

Le « mal de terre », c'est-à-dire le scorbut, fait rage. On cherche vainement la plante merveilleuse qui guérit les compagnons de Jacques Cartier !. Trente-six hommes succombent; les autres, bouffis, défigurés, affaiblis par l'implacable fléau, ne songent guère à fonder un empire

1 C'est l'épinette blanche ou pesse du Canada, pinus alba de Linné. (n'Avezac, Introduction au voyage de Jacqves Cartier de 1535, fol, xij). Cartier dit que les sauvages la nomment ameda. (Brief recit et succincte narration... Paris, 1545, fol. 38). On ne connaît de cette impression que deux exemplaires : l'un est au British Museum, l'autre à la bibliothèque de Rouen, collection Montbret.

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en payssauvage, Onze seulement, dit le P. Biard!, demeurèrent en santé : « c’estoient les chasseurs, qui en gail- » lards compagnons aimoyent mieux la picorée que l'air » du foyer, courir un estang que de se renverser pares- » seusement dans un lict, de pestrir les neiges en abattant » le gibier, que non pas de deviser de Paris et de ses » rôtisseurs auprès du feu ».

Le printemps revient enfin, la neige fond, les glaces se disloquent, la vaste forêt revêt sa parure d’émeraude, la vie surgit intense, heureuse. Les hommes prennent part à la joie universelle et recouvrent la santé. Cependant ils sont angoissés. Ils pensent aux compagnons du marquis de la Roche, abandonnés dans l’île de Sable.

Le 16 juin 1605, un navire jette l'ancre devant Sainte- Croix : c'est celui de Pontgravé. Le vieux marin, son

déchargement termine, part pour Tadoussac, traïnant à

la remorque, « afin que justice en fut faite en France », plusieurs navires basques qu’il a capturés ?.

XVII. — Lesieur de Monts n'est pas satisfait de l’île Sainte-Croix et veut profiter des beaux jours pour aller chercher au sud un climat moins rigoureux. Champlain est prié, en sa qualité de géographe, d’être de la partie.

Il relève et décrit la côte jusqu’à l'archipel des Monts Déserts, et s'arrête à la rivière Penobscot, qu’il nomme Pemetegoit.

1 Relations des Jésuites. Relation du P. Biard, p. 4, édit. de Québec de 1858.

? BENJAMIN SULTE, op. cûl., t. I, p. 56.

Plusieurs, dit-il, ont décrit cette rivière et une grande ville peuplée de sauvages qui ont du fil de coton. « Je » m'asseure que la plus-part de ceux qui en font men- » tion ne l'ont veuë et en parlent pour l'avoir ouy dire » à des gens qui n’en scavoient pas plus qu’eulx ». Certains en ont pu voir l'embouchure, « mais qu'aucun y ait » jamais entré, il n’y a point d'apparence, car ils l'eussent » décrit d’une autre façon ».

Les bancs et les brisans y sont si nombreux « que c'est » chose estrange à voir ». À sept ou huit lieues de la mer, elle fait une chute de deux à trois mètres. Champlain prend terre et s'avance encore de dix-sept à dixhuit lieues. Il trouve la rivière tigrée d'îles, le pays plaisant, mais il ne découvre aucune trace de la grande ville de Norambègue signalée par les cosmographes. Il croit néanmoins que le Penobscot est la « Norumbègue » des anciens pilotes !.

Il demande à un sagamos d'où vient la Norambègue. Nous la remontons, dit le sauvage, jusqu’à une autre rivière, et de celle-ci nous passons dans une troisième qui nous porte au grand fleuve du Canada, en face du Saguenay.

Champlain revient avec deux chefs et une cinquantaine de guerriers. Pendant un jour et une nuit, Français et Sauvages pétunent, dansent, chantent, haranguent, font bonne chère, et quand vient le moment de la séparation, ils sont les meilleurs amis du monde.

1 CHAMPrAIN, Voyages, 1632, lre partie, pp. 61-65.

XVIII. — A trente-cinq lieues du Penobscot, Champlain découvre le Kennebec, qu'il nomme Quinibequi. Des sauvages le conduisent à leur sagamos et ce sagamos lui apprend que « l’on va par ceste rivière au travers » des terres jusques à Quebec quelque cinquante lieues, » puis on entre dedans une autre petite rivière qui vient » descendre dedans le grand fleuve Sainct Laurent ! ».

>e renseignement est exact. Le Kennebec et la Chaudière ont, dans les Green Mounts ou « Monts-Verts » des sources qui ne sont séparées que par un plateau large de huit kilomètres, peu élevé, permettant le portage des canots.

La proximité des sources des deux rivières a fait croire à d'anciens cartographes que la Chaudière et le Kennebec étaient un seul et même cours d’eau et que le pays de Norambègue était une île.

En 1497, Jean Cabot a découvert cette partie du continent, l'a prise pour une île, et lui a donné, d’après une tradition, le nom de Norambègue.

Dans la carte publiée par Ramusio, en 1550 et 1606, Gastaldi a fait de la Terra Norumbega une grande île*. En 1582, Michael Loke reproduit le tracé de Gastaldi.

Champlain vient, voit, mesure, dessine, écrit, publie ses étuiles : l’île conjecturale n'en reste pas moins sur les cartes. Nicolas Bellin, ingénieur de la Marine, dans sa Carte de la partie Orientale de la Nouvelle France cu

| CHAMPLAIN, Voyages, 1632, 1r° part. p. 10.

* Ramusio, Navigationi, t. III, Venetia, éd. de 1550, fol. 423; éd. de 1606, fol, 354.

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