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Dès le lendemain, il mit à la culture une partie de son monde, fit défricher, bêcher, labourer, planter, semer, et quand Pontgrave part pour la France, il peut consigner dans son rapport la promesse d’une superbe récolte. Il emporte aussi une belle pièce de vers de Lescarbot : Adieu aux François retournans de la Nouvelle- France en la France Gaulloise, daté du 25 août 1606, jour de son départ !.
VII. — Plusieurs des compagnons de Poutrincourt vont faire sur la rivière du Dauphin une excursion d’une douzaine de lieues. Lescarbot est dans le ravissement et prouve, le Deutéronome en main, que ce pays est comparable à la Terre de Promission.
VIII. — Monts, guère plus satisfait de Port-Royal que de Sainte-Croix, prie Poutrincourt de faire des explorations au-delà du port Malbarre.
Poutrincourt voyant ses semences faites « et la verdure » de son champ », résout de partir de suite, prévoyant qu’à l’automne son domaine lui donnera d’autres occupations.
Il charge Lescarbot « d’avoir l'œil à la maison » et de maintenir en concorde tous ses gens.
Il arme une chaloupe et une barque de 80 tonneaux et part en même temps que le Jonas, qui emporte en France
1 LescarBor, Les Muses de la Nouvelle-France, 1612, — Hist. de la Novv.-Fr., t. 1, 1612, p. 552.
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le sieur de Monts et Pontgravé. Ses principaux compagnons sont Champdoré, le fils de Pontgravé et Champlain, qui va continuer ses études géographiques.
A la sortie de la baïe, Poutrincourt se sépare du Jonas et fait voile sur l’île Sainte-Croix. Le blé qu'on y avait laissé en herbe deux ans auparavant s'était reproduit. Poutrincourt trouva un blé mûr « beau, gros, pesant et » bien nourri », qu’il envoya à Port-Royal?.
En partant de Sainte-Croix, il longe les côtes jusqu’à l'embouchure du Penobscot. Il veut prendre contact avec les sauvages et voir, dit ironiquement Lescarbot, « ce > lieu tant renoinmé sous le nom de Norombega ».
Il se dirige ensuite sur la rivière Charles, où Monts aurait eu la pensée de faire un établissement, puis sur le cap Cod et le loug de la côte est de la péninsule de Barnstable,
IX. — À dix ou onze lieues du port Malbarre, il ne trouve, à une lieue et demie de terre, que trois ou quatre brasses d'eau; plus loin, cette hauteur se réduit à deux brasses, à une brasse et demie, à quatre pieds et demi et à quatre pieds. De toutes parts, à perte de vue, la mer est hérissée de brisants, de tourbillons, de vagues écumeuses qui siffent et s'entrechoquent. Poutrincourt n'avance qu'au juger, lentement. Deux ou trois fois le navire touche et n’est relevé que par le flot. Le gouvernail
! LescarBor, Hist. de la Nouv.-France, 1612, pp. 552-553. * LescarBor, op. cit., 1612, pp. 469, 470, 553.
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est rompu, et c'est, dit Lescarbot, « chose effroyable ! ».
Cependant, à force de lutter, de peiner, après avoir vu cent fois le navire sur le point de se briser, de s’ensabler, Poutrincourt réussit à lui faire franchir le cap Malabar, flèche d’une douzaine de kilomètres, que Champlain nomme « Batturier? ».
Il avait navigué sur l'emplacement d’une île et d’une pointe de terre qui venaient d’être rasées ou submergees.
Quatre ans avant, en 1602, Gosnold à vu, sur la côte orientale de la péninsule de Barnstable, une île Nauset et une pointe Gilbert.
Il y a quatre-vingts ans, on signalait encore, sous le nom de S£ut Bush ou « Sale Buisson », un tronçon de l’île Nauset, qui paraît répondre à une pointe fort dangereuse que Champlain plaçait à deux ou trois lieues de terre et au sud-sud-est du port Malbarre*.
Otis a étudiée cette partie de la côte et reconnu que les terres vues par Gosnold ont existe.
Agassiz a refait cette étude en 1863 et conclu comme Otis. « Si surprenantes et incroyables que paraissent », dit-il, « les déductions de M. Otis, elles sont néanmoins » la conséquence naturelle et directe d'observations qui » peuvent être facilement faites le long de la côte orien- » tale du cap Cod. Ayant, depuis quelque temps, pris » grand intérêt à la structure géologique de cette remar- » quable région, je l’ai visitée à plusieurs reprises, l'été
1 LescArBoT, op. cit., 10612, p. 961.
2 CraMpLaIN, Voyages, 1632, 1'° part., pp. 83-89, 3 CHaMPLaix, Voyages, 1632, l'e part., p. 89.