‹ Vie de Samuel Champlain [microforme]Chapitre 28 sur 112 · PA · texte numérisé non relu

PA

et de la ville, et sen indignation venait simplement d'un changement de longitude. Il convient cependant que les yeux ne sont point offensés !.

Les joyeuses commères se vantaient donc, selon toute apparence, de délits qu’elles auraient bien voulu commettre.

En tout cas, quand le mari revient, il trouve des viandes prêtes, du bouillon chaud, une femme qui paraît heureuse de son retour et se montre pleine d’attentions ?. Le bonhomme ne se doute de rien et se prend pour le plus heureux des maris. :

Ces bonnes gens ne savaient pas prier, grand malheur, qui scandalisait Champlain. Ils n'avaient ni lois, ui police, ce qui aurait fait le bonheur de nos révolutionnaires. Ils ont néanmoins une trinite divine : Atahoran, le Fils et Messou, plus une déesse anonyme et un diable appelé Manitou. Atahoran a le gouvernement du ciel, le tils ou Messou (on ne sait lequel) celui de la terre et de la mer. Ces dieux sont très riches et peuvent faire aux hommes beaucoup de bien. Les pluies hors de saison, les grands vents, tous les troubles atmospheriques qui nuisent aux homme sont l'œuvre du Manitou.

Avant la création, la trinité divine se promenait sur les eaux.

Un jour Messou se fait apporter du fond de la mer, par une petite bête, un peu de limon. Il en prend une par-

1 Le Jeune, Relation de 1633, p. 19.

2? Sagan, Hist., 1636, p. 302.

Page 1