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celle, en fait une boule et soufile sur cette boule qui grossit rapidement, énormément, devient la terre. Avec le reste du limon il fait une statuette minuscule, la grandit en souflant dessus, en fait l'homme; il souffle dans la bouche de l’homme et l'homme parle.
Le dieu regarde, examine son œuvre et s'aperçoit qu'elle est imparfaite. Il envoie la petite bête chercher encore un peu de limon et fabrique la femme.
L'homme et la femme ont beaucoup d'enfants, ces enfants en ont d’autres qui, de bon courage, travaillent à la multiplication de l'espèce. Par malheur, ils deviennent méchants. Le dieu, irrité, les noie, sauf trois hommes et deux femmes qui se sauvent dans un canot.
Les cinq naufragés se réfugient dans une île. Les diables y viennent, séduisent les femmes, en ont des enfants, et ce sont les enfants des enfants de ces métis qui peuplent aujourd'hui la terre,
. Cette genèse reflète celle des Juifs et porte naturellement la pensée sur les Papæ, les Irlandais, les Ecossais, les Scandinaves qui, du vi au xiv* siècle, ont vécu de l’autre côté du fleuve, dans la presqu'’ile canadienne.
C'est au milieu de ces gens, qui ont beaucoup de bon et beaucoup de mauvais, que Champlain passera les vingt-sept dernières années de sa vie.
Depuis le temps de Champlain, les Montagnais ont abandonné les environs de Québec pour le Labrador.
1 Sacanrp, Iist., 1636, pp. 466 et suiv. — LE JEUNE, Relation de 1633, pp. 16, 17; — liclation de 1634, pp. 12, 13. — CrampLaix, Voyages, 1632, 1'e part., pp. 125 et suiv.
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Ils n’ont plus les belles allures, la vigueur et la fierté du sauvage ; ils n’auront jamais le bien-être et le dèveloppement intellectuel du civilisé. Leurs femmes sont de moins en moins fécondes, et, avant peu, la race montagnaise aura VéCu.
Tous aujourd'hui observent les pratiques extérieures du culte catholique, mais inconsciemment, automatiquement. Il savent lire et écrire.... en montagnais. Les PP. Jésuites ne veulent leur apprendre ni le français ni l'anglais. « Cela, il est vrai », dit un ancien missionnaire,. « les prive de l'avantage de lire les journaux ! » Cela les empêche aussi de fréquenter les blancs et d’ap- » prendre d’eux à perdre la simplicité de leurs mœurs » patriarcales et leur fidélité à remplir tous leurs devoirs » religieux ! Autant d'inconvénients qui ne sont pas ex- » trêmement graves! ».
Par ce moyen, les PP. Jésuites tisnnent les Montagnais dans leurs mains, à toujours, dans un état qui n’est pas la barbarie, qui ne sera jamais la civilisation. C'est l'œuvre d’abêtissement systématique qu'ils ont tentée au Paraguay et au Canada.