GUERRE DES IROQUOIS
I. Les Iroquois. — IT. La guerre est décidée. — IIT, Faux départ. — IV. Les Sauvages à Québec. — V. Départ et arrivée au lac Saint-Pierre. — VI. Sur la rivière des Iroquois. — VIT, Les Sauvages en marche, — VIII. Les Iroquois, — IX. L'ordre de combat. — X. Découverte du lac Champlain. — XI. Ordre de marche dans le voisinage de l'ennemi. — XIT. Le rêve de Champlain, — XIII, Rencontre des Iroquois. — XIV. Le combat. — Défaite des Iroquois, — XV. Comment l'abbé Faillon et M. Murray jugent le combat du lac Champlain, — XVI. Après la victoire, — XVII. Retour à Québec et à Tadoussac. — XVIII, Cadeau dese Montagnais pour le roi de France.
I. — Un voyage en haut Canada était alors très perilleux. Il y avait sur la route, dit Francis Parkman, un lion. Ce lion était l’Iroquois qui toujours, sans trève, infestait de ses scalpeurs les déserts, les rivières et les bois.
La civilisation des Iroquois était supérieure à celle de la plupart des peuples voisins. Ils cultivaient la terre et leurs villages étaient fortifiés. Presque complètement détruits par les Algonquins, ils s'étaient refaits et prenaient leur revanche. Ils étonnaient par leur bravoure, leur audace et leur cruauté. On les appelait les « Romains du
Nouveau monde ». A leur nom, les Hurons, les Algonquins et les Montagnais tremblaient d’épouvante. Avec eux, la guerre ne finissait jamais. On les trouvait au tournant de toutes les rivières, au coin de toutes les forêts.
Hurons, Algonquins et Montagnais ne demandaient qu'à venir à nous.
Les Iroquois voulaient, selon leur expression, les « manger ». Fallait-il leur en laisser la liberté? Champlain a pensé qu’il était politique et humain de prendre parti pour ses alliés, de dégager nos voies commerciales et de pénétration, de couper les ailes à « l'oiseau de proie du désert ».
Il ne dispose que d’une demi-douzaine de soldats, mais, comme le dit Lescarbot, il est « homme qui ne s'étonne » de rien, et de facile conversation, sachant dextrement » s'accoster et accommoder avec ces peuples ».
Il. — Pendant l'automne de 1608, un chef des rives de l’Ottawa, pays alors inconnu, vint à Québec. Il fut émerveillé. La puissance des Français lui parut irrésistible. Il sollicite Champlain de se joindre aux Montagnais et aux Hurons pour porter la guerre chez les Iroquois. Champlain n’hésite pas, promet son concours, et donne rendez-vous à Québec pour la mi-mai.
III. — Personne n'étant arrivé à l’époque fixée, il part le 18 avec une troupe de Montagnais.
A peu de distance de Québec, il aperçoit, dans les bois de la rive, les huttes d’un camp. Ils'y fait conduire et reconnaît ses alliés. Ceux-ci l'entourent, le contemplent. Un homme blanc, tout de fer habillé, leur paraît chose extraordinaire.
( IV.— Ils lui font bon accueil, le haranguent, lui de- ( mandent à voir Québec dont les merveilles architectu-
rales et l'artillerie excitent, jusqu’au fond des forêts, la curiosité publique. Il se rend à leur désir, leur montre le
fort, commande devant eux un feu de mousqueterie et fait tirer quelques coups de canon. Ces tonnerres les étonnent, les épouvantent, les convainquent que les Nor- S mands ? sont irrésistibles. | ,
Revenus à eux, ils dressent leur camp, allument des feux, font leur toilette et dansent la danse de guerre. 2 Leurs visages, bizarrement peints, sont hideux ; leurs p corps basanés sont convulsés par des gestes frénétiques ; les massues, les haches, les lances se choquent et s’entrechoquent violemment; les sons rauques du tambour se mêlent aux hurlements des danseurs. Ce spectacle est infernal et donne bien une idée de la souplesse, de la dextérité, de la force, aussi de la férocité de ces diables rouges.
1 CnaAMPLAIN, Voyages, 1632, l'e part., pp. 132-135.
? Pour les Américains du Nord, tous les Européens étaient Normands ou Basques, parce qu'ils ne Voyeur dapuis longtemps, que des Normands et des Basques,
Champlain leur fait servir un repas qu’ils dévorent gloutonnement, et cela dure cinq ou six jours !.
V. — Le 28 mai 1609, Champlain s'embarque sur une chaloupe avec Marais, le pilote Routte et neuf hommes de Pontgravé, armés d'arquebuses. Il arrive à Sainte- Croix le 1°" juin et en repart le 3 avec tous les sauvages. La chaloupe s’avance, toutes voiles au vent, suivie d’un grand nombre de canots d'écorce que d'habiles rameurs conduisent vigoureusement et en cadence.
Ils entrent ainsi solennellement dans le grand lac Saint-Pierre, « pays fort plaisant et uny ». Ils se glissent dans le dédale des îles du fond du lac, « où il y a » quantité de noyers et vignes, et de belles prairies avec » force gibier et animaux sauvages, qui vont de ia grande » terre auxdites isles ». Là se trouve l'embouchure de la rivière des Iroquois, qui porte aujourd’hui le triple nom de Richelieu, de Sorel et de Chambly.
VI. — Les guerriers s'arrêtent deux jours dans lesite de Sorel, chassent, pêchent, se réjouissent et finissent par se quereller au sujet de la guerre. Beaucoup retournent chez eux avec leurs femmes et leurs marchandises.
Champlain s'engage dans la rivière avec ceux qui veulent le suivre.
1 CHAMPLAIN, Voyages, 1632, 1r° part., p.136. — FRANCIS PARKMAN, op. cit., p. 31].
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