‹ Vie de Samuel Champlain [microforme]Chapitre 34 sur 112 · CP SERRES · texte numérisé non relu

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» guerre aux Sauvages », ce qui lui fut accordé en février 1611, par lettre royale adressée à l’évêque de Saint- Malo.

Le roi, un évêque, des bourgeois, des échevins, ont décidé la guerre contre des Sauvages bien moins coupables et bien moins dangereux que les Iroquois. S'ils ont eu raison, et cela n’est pas douteux, comment Champlain aurait-il eu tort !?

Ïl est bien vrai que les marchands promettaient solennellement, avec l'intention de n’en rien faire, de coloniser le pays et de convertir les Sauvages. Mais il est également vrai que Champlain voyait, dans la compagnie marchande, un instrument pour arriver à son but. Tout était en germe dans cette société commerciale. La défendre, c'était défendre l’avenir.

Ce n'est pas par entrainement que le bon, pieux et pacifique Champlain est allé, avec deux hommes, faire la guerre aux [roquois. C'est pour empêcher ces fiers et féroces guerriers de « manger» nos alliés, de nous détruire, de couper nos voies commerciales et de pénétration, d’étouffer dans l'œuf nos projets d’une colonie chrétienne.

Il visait plus haut que les intérêts immédiats des marchands, et pour aller au but il n’avait qu’une voie, et cette voie était au pouvoir d’une race hostile qui ne pouvait céder qu’à la force.

M. Murray voit dans le coup de mousquet de Cham-

1 BENJAMIN SULTE, 0p. cit.,st. I, p. 103.

plain un crime, plus même : une bévue politique, a political blunder, qui a fait perdre à la France le continent américain !.

Mon vaillant ami Benjamin Sulte, de sa plume alerte -et vigoureuse, a combattu les arguments attendris de M. Murray, montre que l’élégant écrivain connaît mal l'histoire du Canada, confond les époques et les situations, ignore que les Hollandais ont fourni aux Iroquois des armes à feu, et que les Anglais ont combattu aux côtés des Iroquois, comme Champlain aux côtés des Algonquins. Franchement, la main sur la conscience, si l'acte des Anglais est sage, héroïque, celui de Champlain ne saurait être dément et criminel.

Quoi que puissent en penser et dire l’abbé Faillon et M. Murray, notre colonie n’est pas morte, en 1763, du coup de mousquet tiré par Champlain en 1609 ; le drame de la plaine d'Abraham n’a aucun lien avec celui du lac Champlain.

Revenons aux vainqueurs.

XVI. — Après avoir bien dansé, chanté, mangé, savouré leur victoire, les alliés se remettent en route pour le Saint-Laurent.

Sur le soir, ils prennent l’un des prisonniers, le haran-

1 W.-H.-H. Murray, Lake Champlain and his Shores, pp. 66-71. — BENJAMIN SuLre, Pages d'histoire du Canada ; Montréal, 1891, pp. 63 et suiv. — La guerre des Iroquois, 1600-1653, dans les Mémoires de la Société royale du Canada, 1897-1898.

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