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guent, l’informent qu'ils vont le supplicier et lui disent de chanter. L’Iroquois chante, mais d’une voix triste.
Quand ils ont assez de sa chanson, ils l’attachent au poteau du supplice et le torturent avec la science, la cruauté, la férocité de membres de la Sainte-Inquisition. Champlain, écœuré, leur demande de l’achever d’un'coup d'arquebuse. Refusé, il se retire pour n’être pas témoin de ces horreurs. Le voyant mécontent, ils le rappellent.
L'Iroquois mort, ils le scalpent, l'éventrent, le coupent en morceaux et veulent faire manger son cœur aux autres prisonniers.
Fiers de ce bel exploit, il se remettenten marche avec les autres captifs, qui vont toujours chantant !.
XVII. — Trois ou quatre jours après, les vainqueurs arrivent à l'embouchure de la rivière Richelieu, se partagent les prisonniers et se séparent. Les Hurons et les Algonquins occidentaux remontent l'Ottawa ; les Montagnais se préparent à descendre le Saint-Laurent.
Au camp de Sorel, un Sauvage rêve qu'un parti d'Iroquois est dans les environs. Pris de panique, tous quittent les huttes, se précipitent dans les canots, rament hàtivement vers une île et se cachent dans les roseaux. Avec le jour, leurs craintes se dissipent et ils reviennent, l'oreille basse, au campement.
Deux jours plus tard, ils arrivent à Québec. Cham-
1 CHamPLAIN, Voyages, 1632, lre part., pp. 136-152. — LescarBor, Hist,, 1612, pp. 626-629.
plain leur donne du pain, des pois, et, dit-il, « des pate- » nostres, qu’ils me demandoient pour parer la teste de » leurs ennemis, pour faire des rejoüissances à leur ar- » rivée ». Le lendemain, il les accompagne à Tadoussac pour voir leurs cérémonies.
En approchant de terre, ils fichent, au bout de bâtons, les têtes de leurs ennemis couronnées de patenôtres et chantent des chants de victoire. Les femmes arrivent, se mettent nues, nagent vers les canots, y prennent les têtes et se les pendent au col. De retour à la rive, elles les déposent sur le sol et dansent autour.
Quand Champlain prit congé d'eux, galamment ilslui offrirent, pour le roi, une tête et des armes d’Iroquois !.
1 CHAMPLAIN, Voyages, 1632, 1'e part., pp. 152-155.
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