‹ Vie de Samuel Champlain [microforme]Chapitre 4 sur 112 · AH · texte numérisé non relu

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| En 1528, au cours d’un second voyage, il a été pris, bôti et mangé par les sauvages du Brésil”. 1

UT Après la paix de Çambrai, François I a le oisir de s'occuper de l'administration du royaume et ccueille les propositions d’un pilote de Saint-Malo, Jaces Cartier. Croyant que le Saguenay était « ung des } boutz de l’Asie du costé du Nor »*, il le charge de Pontinuer les découvertes de Verrazano et la recherche j'un passage à la Chine. Dans deux voyages faits en 1534 et 1535, le vaillant marin remonta, jusqu'au saut | Saint-Louis! le grand fleuve Saint-Laurent, et passa 1 quelque temps à .Hochelaga, village iroquois situé dans : 4 l'ile de Montreal. | Pendant le très dur hiver de 1535-1536, il était sur la rivière Saint-Charles, qu’il avait nommée Sainte-Croix”, et que les sauvages appelaient, parce quelle tourne et forme plusieurs pointes, Cabirecoubat {.

! GABRIEL GRAVIER, Les voyages de Giovanni Verrazano sur les côtes d'Amérique, avec des marins normands, pour le compte du roi de France, en 1524-1528 (Bulletin de l« Société normande de Géographie, cahier de sept.-oct. 1898). 4 2? Mandement de François Ir à Jacques Cartier, du 12 décembre 1540, (Documents inédits sur Jacques Cartier et le Canada: Paris, Tross, 1865, p. 19), 3 En 1619 ou 1620, un M. de Boûües a donné aux Récollets deux cents écus, à condition que leur couvent prendrait le nom de Saint- Charles. Avec le temps, le nom du couvent est devenu celui de la rivière. (SIXTE Le Tac, Histoire chronologique de Lx Nouveile France ou Canada, publiée pour la première fois par Eug. RÉvEILLAUD ; Paris, Maisonneuve, 1888, p. 113).

1 GABRIEL SagarD Tagonar, Histoire du Canadu et voyages que

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VII. — Donnacona était roi de Stadaconé, sur le plateau de Québec. « Homme ancien », il avait passé sa vie à voyager, Il avait beaucoup vu, beaucoup retenu et se plaisait à conter. Comme les voyageurs européens, il donnait cours à son iraagination et cela, lui porta malheur.

Le capitaine malouin et Donnacona étaient bons amis et causaient. Le sauvage dit au capitaine que le Saguenay abondait en or, en rubis et autres matières précieuses ! ; que dans le pays des Picquemyans les hommes n'avaient qu'une jambe; qu'ailleurs, les habitants n'ont pas d'appareils digestifs et se nourrissent sans doute comme ceux de l’île de Ruach qui, au dire de Pantagruel, « rien ne beuvent, rien ne mangent, sinon vent ».

Jacques Cartier était un brave et honnète marin, mais dans ce temps-là on ne se faisait scrupule d'emmener en France; de bon gré ou de force, des sauvages. Il s’empara, par surprise, du seigneur Donnacona. Il ne voulait pas le réduire en esclavage et son intention était de le ramener dans son royaume, mais il désirait que le bonhomme racontàt lui-même au roi les merveilles qu'il prétendait avoir vues.

les Frères mineurs Recollects y ont faits pour la conversion des infidelles: Paris, Claude Sonnius, M. pc, xxx vi, p. 162,

i Le P, Sagard répète cela et ajoute qu'il a‘trouvé, près du couvent de Notre-Dame des Anges, attachés à des roches, de petits diamants qui lui parurent fort beaux. (Hist. du Canada, 1536, p. 788).

Le pays de Saguenay, dit Elisée Reclus, n'est pas « un royaume riche en or et en pierres précieuses », mais il fournit d'autres trésors, (Nouv. Géogr. univers., t. XV, p. 562).

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André Thevet a connu Donnacona et dit qu'il devint très bon chrètien. Malheureusement il est mort, ainsi que ses compagnons, dans les deux premières années de son séjour en France.

Le 6 mai 1536, quand il quitta le Canada, Cartier abandonna l’un de ses navires, faute de le pouvoir réparer. Cette epave a été découverte Le 26 septembre 1843, et les Québecquois en ont envoyé au musée dé Saint- Malo plusieurs fragments ?.

VIII. — Le 15 janvier 1540, Jean-François de la Roque, sieur de Roberval, se fait nommer lieutenant général ès terres neufves de Canada. Hochelaga, Saguenay et autres circonvoisines. Le 17 octobre suivant, Jacques Cartier est commissionné capitaine général et maître pilote de tous les navires qui seront envoyes pour cette entreprise.

Roberval se fait attendre; Cartier s’impatiente et part seul, de Saint-Malo, le 23 mai 1541. Il remonte à Hochelaga, revient à la riviére Sainte-Croix, ne voit rien venir et repart pour la France à la fin de mai 1542. Il rencontre Roberval dans le havre de Saint-Jean, sous le cap Double, refuse de retourner avec lui et continue son voyage.

IX. — Roberval etait parti de la Rochelle le 16 avril 1942, avec trois navires. Il avait pour pilote Jean Alfonse, que Samuel Champlain qualifiait : « Homme des

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» plus entendus au fait de la navigation qui fût en France » de son temps ».

Roberval explore le Saguenay. Son nom, bien que peu sympathique, à été donné à une ville de la bande ouest du lac Saint-Jean.

Non moins préoccupé du passage à la Chine que des prétendues mines du Saguenay, il charge Jean Alfonse de chercher ce passage. Alfonse découvre le détroit de Belle-IÏle, que de hardis ingénieurs voudraient fermer par une muraille de quinze à vingt kilomètres, pour arrêter les glaces polaires et atténuer les rigueurs de la température canadienne. S'engageant ensuite dans le détroit de Davis et la mer de Baffin, qui étaient alors anonymes, il s’'eleva jusqu'au 72° de latitude nord. Il fut arrêté par les glaces et forcé de revenir sans avoir découvert le passage désiré.

X. — À cette époque, chaque jour amenait la découverte, dans les lointains de la Mer Tenébreuse, de quelque partie du nouveau continent. La planète semblait s'agrandir et la famille humaine s'augmentait de races inconnues, Les conceptions cosmographiques des anciens se disloquaient, tombaient en miettes. L'Europe ocaylentale était haletante, émue, émerveillée. Les relations de voyages, aussitôt-parues, étaient traduites et lues avidement. Il y avaitalors un mouvement d'esprit, un conflit d’ambitions qu'on ne reverra jamais plus.

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