X.— A la vue des Blancs, Tessouat croit rêver
Champlain fait remarquer aux indigènes que leur pays est mauvais et qu'ils seraient mieux au saut Saint-Louis. Sans doute, répondent-ils, mais l’âpreté des lieux nous est un rempart contre nos ennemis. Fais au Saut une habitation française qui nous mette à l’abrides Iroquois, nous irons.
Tessouat offre à Champlain une tabagie solennelle.
A l'heure fixée, les invités arrivent à la file, chacun portant son écuelle et sa cuillère. Ils s’asseyent, sans cérémonie, sur la terre nue. Champlain et les Français sont sur des peaux, à la place d'honneur.
Une première chaudière contient du maïs pilé, de petits morceaux de chair et de poisson cuits sans sel. Une deuxième chaudière contient des viandes rôties sur des charbons et du poisson bouilli. Une troisième, pleine de belle eau claire, termine le festin. Tessouat cause, sert ses convives, chacun à son tour, et, par courtoisie, ne mange pas.
Les chaudrons vides, ce qui est vite fait, les femmes apportent, respectueusement, les pipes allumées. Les jeunes gens, qui se tenaient à l'entrée, se retirent modestement, et la porte est fermée.
1 CuamPLAIN, Voyages, 1632, 1re part., pp. 182-194,