‹ Vie de Samuel Champlain [microforme]Chapitre 41 sur 112 · ED T 2 RER OR SRE TE DE TS · texte numérisé non relu

ED T 2 RER OR SRE TE DE TS

Les pipes sont d’abord présentées à Champlain, et pendant une bonne demi-heure l'assemblée fume en silence, gravement.

Champlain prend Ja parole. Il est venu, dit-il, pour les assurer de son affection et du désir qu’il a de les assister dans leurs guerres. Il a nombre de guerriers au saut Saint-Louis. Il a voulu voir la terre, les lacs, les rivières, la mer de leur pays. Il désire voir aussi les Nipissings!, qui habitent plus haut, à huit jours de marche, pour tes convier à la guerre. Il prie Tessouat de lui donner, pour ce voyage, quatre canots et huit hommes.

Après ce discours, écouté en silence, les Sauvages reprennent leurs pipes et discutent à voix basse. Tessouat recueille les avis et, au nom de tous, répond : qu'ils ont toujours vu en lui le plus affectionné des Français; que sa conduite passée leur est un garant de sa conduite à venir ; que son voyage, si fatigant, si difficile, pour les convier à la guerre, montre bien qu'il est leur ami; qu'ils se croient obligés de le considérer comme leur propre enfant. Cependant, l’an dernier, il a manqué à sa promesse, et deux cents guerriers, descendus inutilement au saut Saint-Louis, ont été maltraités par des français. Ne pouvant plus compter sur lui, ils ont envoyé à la guerre

1 Cette tribu a une demi-douzaine de noms dérivés de « Nipissing », Le jésuite Lallemant les appelle Askikouanheronons ; et parce qu'ils passaient pour magiciens, on les appelait aussi Sorciers. Charlevoix dit qu'ils étaient de vrais algonquins et qu'ils avaient seuls conservé, sans altération, la langue algonquine. (CHarLEvoix, Journal d'un voyage, Paris, 1744, t. V, p. 275).

Page 1