‹ Vie de Samuel Champlain [microforme]Chapitre 49 sur 112 · LE SIÈGE DE CANANDAIGUA · texte numérisé non relu

LE SIÈGE DE CANANDAIGUA

I. Champlain visite plusieurs villages de la péninsule huronne — IT. Les Eriés promettent 500 guerriers. — III. Départ de l'armée — Au lac Simcoe, — IV. Une ambassade est envoyée aux Eriés, — V,. L'armée remonte la rivière Talbot et descend la rivière Trent. — VI. Chasse — Sauvage blessé par un Français. — VII. Arrivée au lac Ontario — Débarquement dans la baie des Affamés. — VIII, Les Hurons font des prisonniers. — IX. Attaque de Canardaigua, — X, Attaque du fort — Indiscipline des Hurons — Champlain reçoit deux blessures. — XI. La

retraite — Comment on transporte les blessés. — XII. Champlain hiverne

chez les Hurons.

I. — Champlain voyage à petites journées, par des sentiers indiens, et visite, en trois jours, cinq villages palissadés. Il admire les prairies, les bois profonds, les bouquets de pins et de cèdres, l’abondance et la variété des arbres fruitiers. La population est nombreuse, belle, brave, intelligente, et le bon Champlain gémit naïvement : « C’est grand pitié que tant de creatures vivent » et meurent, sans avoir la cognoissance de Dieu, et » mesme sans aucune religion, ny loy, soit divine, poli- » tique ou civile! ».

1 CHAMPLAIN, Voyages, 1632, 1re part., p. 249.

Le 17 août, il atteint Cahiagué, capitale des Hurons, dans le site de la moderne Orilla, à trois lieues à l’ouest de la Severn. À son arrivée, les femmes le regardent fixement, en criant, sans remuer, comme fascinées; les enfants se sauvent en hurlant; les hommes le reçoivent avec allégresse.

Le village se compose de deux cents loges; autrefois il était plus grand et pouvait recevoir toute la tribu. Il est le rendez-vous de l’armée. Les guerriers y fourmillent.

IT. — Les Eriés font savoir qu'ils enverront aux Hurons, pour faire la guerre aux Iroquois, « cinq cens bons hommes ». La joie est immense et se manifeste par des festins, des chants, des harangues et des danses guerrières qui durent jusqu’à l’arrivée des bandes en retard.

III. — Le 1° septembre tout est prêt pour le départ. Les guerriers chargent sur leurs épaules les bagages et les canots et se mettent en route. Ils s'arrêtent à un petit lac pour pêcher, puis se lancent sur le lac Simcoe, belle nappe d'eau de 1 440 kilomé!res carres, à 214 ou 215 mètres d'altitude. Il est le reste d’un antique détroit qui réunissait la baie Georgienne au lac Ontario. Un détroit marécageux et un chapelet de lacs réunissent encore le Simcoe à la Severn, bellè rivière qui se jette dans la Matchedash Bay. Lelac est rempli d'îles boisées, bordé de forêts qui, jour après jour, disparaissent sous la hache des selilers.

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IV. — Les Hurons restent quelques jours au sud du lac Simcoe et décident de faire prévenir les Eriés. La mission est périlleuse car il faut traverser le pays des Iroquois. Etienne Brulé obtient de Champlain l’autorisation d'accompagner les douze sauvages chargés de cette mission.

Les Eriés ou « Chats » habitaient au sud du ïac qui porte leur nom. Ils étaient de la grande famille algique, comme les Algonquins et les Hurons. Les Iroquois les ont exterminés!,

V.— Le départ de l’armée a lieu le 8 septembre. Le 10, la flotte s'engage dans la rivière Talbot, arrive par un portage au lac Balsam et pénètre dans le chapelet de lacs que forme la tortueuse rivière Trent. On ne voit aucune trace de vie humaine. Cependant, dit Champlain, « tout ce pays est fort beau et plaisant ». Les bosquets, les arbustes, les grands noyers enlacés de vignes donnent à l'explorateur l'illusion d’un parc d'agrément. De ces pays, jadis très peuplés, la guerre a fait une solitude. C'est aujourd'hui la plus riche province du Dominion, la plus fertile après le Manitoba, la mieux partagée sous le rapport de la température.

VI.— Les Hurons s'arrêtent pour une chasse aux cerfs. Quatre ou cinq cents hommes, armés d’arcs, se déploient en tirailléurs et forment la base d’un triangle qui a pour

1 Cnancevoix, Journal d'un Voyage; Paris, 1744, t. V, p. 373.

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