‹ Vie de Samuel Champlain [microforme]Chapitre 58 sur 112 · PUS · texte numérisé non relu

PUS

Pour compléter ces merveilleuses sottises, les Jésuites montraient de grandes images de l'Enfer. Cette exhibi-

‘tion charlatanesque n’était pas du goût de tout le monde.

Un capitaine, qui acceptait d'assez bon gré l’ensgignement des moines, s’avisa de leur demander où étaient ses ancêtres. En enfer, répondirent, sans hésiter, les saints hommes. Le sauvage leur fit cette réponse qui les stupéfia : j'irai donc en Enfer, car je ne veux pas me séparer d'eux.

Le Paradis chrétien convenait aux Hurons. Ne rien faire, avoir toujours le ventre plein, tout le temps jouer, danser, péturer, courir les filles : il nc ieur en fallait pas davantage pour être parfaitement heureux. Ils en demandent le chemin. Gravement, avec son assurance monacale, le P. Sagard lenr montre le ciel.

Les sauvages éclatent de rire et lui disent : « Tu n'as point d'esprit. Est-ce qu’il peut faire beau dans les lieux d'où viennent la pluie, la neige et la grêle? ». « Mauvais astrologues », ajoute le Père. Ils croyaient que tout cela venait du Paradis. Cependant il fut interloqué, ne sut que répondre. Il avait heureusement dans ses bagages un petit livre de cosmographie. Il Le consulta et répondit triomphalement aux malicieux Hurons « que le Paradis » la demeure des bien-heureux faisoit l’unziesme Ciel » et qu’au dessous d'iceluy il y en avoit dix autres! ».

Les Hurons étaient plus modestes et plus sages que les moines. Quand ceux-ci leur demandaient l'explica-

1 SagARD, Hist., 1636, pp. 499-500,

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