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tion de certaines croyances, ils répondaient simplement chieske, « que sais-je ? ! ».
XXIIT. — Les oki étaient trop fins pour ne pas voir que les moines étaient leurs mortels enemis. Champlain comprit que les oki étaient de redoutables adversaires, et qu’il fallait, pour les vaincre, commencer par les démasquer, montrer surtout que leurs pratiques médicales étaient du charlatanisme et de pures jongleries. Cela ne fut pas difficile. Voici en effet comment les choses se passaient.
Un homme se dit malade. L'oki vient avec trois ou quatre vieilles femmes et tous dansent autour de la cabane du patient. Tout le bourg vient prendre part à la cérémonie. Des vieilles femmes chantent auprès du malade. Les cadeaux pleuvent, le nombre des danseurs augmente et le chant va crescendo. Cependant le malade se soulève, péniblement, avec de grands gémissements, puis il se lève, soutenu par des amis, et fait à crand'peine quelques pas. Les incantations opérent, peu à peu les forces reviennent, il se redresse, ses pas s’assurent de plus en plus ; il finit par danser avec les autres.
La famille offre un grand festin, et cette cure merveilleuse couvre de gloire monsieur le sorcier.
Quand il s’agit d’un vrai malade, les chants et les danses n'opérent pas. L'oki apporte le Manitou, fait des
1 Le Jeuxx, Relation de 1636, édit, de Québec, p. 114,
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incantations, tire du corps du malade des esprits mauvais, se démène terriblement, devient fou furieux, épileptique. Le tintamare dure depuis le matin jusqu’à deux heures de nuit, le malade ne peut reposer et meurt. C'est sa faute. L’oki s’en lave les mains. La foi que les sauvages ont en lui n’est pas touchée !.
Il en est de même en France. Les thaumaturges sont légion. Ils tuent beaucoup de gens et prétendent faire quelques guérisons miraculeuses. Depuis longtemps, depuis toujours, la fourberie est découverte et criée sur les toits. La gent moutonnière n’en continue pas moins d'aller se faire tondre.
En signalant les friponneries des oki, Champlain a perdu son temps, son encre et son papier.
XXIV. — Après cette longue campagne, Champlain connaît et connaît bien les pays hurons et algonquins; il sait ce qu’on peut en espérer, ce qu’il faut faire pour les convertir et les civiliser. Bien connu aussi, il inspire une confiance absolue.
Ces résultats acquis, il se met en route le 20 mai 1616, avec beaucoup de sauvages, et arrive au saut Saint-Louis à la fin de juin, après quarante jours de marche. Il est d'autant mieux reçu qu'on l'avait cru mort. Après avoir promis aux Hurons de revenir et de les défendre encore contre les Iroquois, il prend congé d’eux et part, le 8 juillet, avec son hôte Durantal. A son arrivée à Québec,
1 CHAMPLAIN, Voyages, 1620, fol. 97 et suiv.
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le 11, les moines et les habitants chantent un Te Deum.
Durantal est heureux. Le fort, le navire, l’artillerie, l'architecture des maisons, les splendeurs de la chapelle, la bonne chère, l'affabilité des Français, le remplissent d’admiration. Je ne mourrai content, dit-ilà Champlain, que si je puis montrer à mes amis votre façon de vivre et votre manière de servir Dieu. Il demande la création, à Montréal, d’un nouveau fort pour assurer le passage de la rivière.
11 retourne, comblé de présents, à Montréal où l’attenclent ses compagnons.
Le 10 septembre, Champlain débarque à Honfleur, remercie Dieu de l’avoir sauve de tant de périls et termine par ces mots le récit de sa vie de découvreur : « A Dieu seul autheur de toute perfection, à luy donc » soit honneur et gloire. Amen ! ».
Par sa complaisance, dit le P. de Charlevoix, il gagnait le cœur des sauvages, et, par ses explorations, il acquérait la connaissance du pays; mais il perdait de son prestige et négligeait les affaires de la colonie ?.
Sur ces deux derniers points, je ne suis pas de l'avis du Révérend Père.
Les sauvages ont vu Champlain vivre au milieu d’eux, de leur vie, et combattre avec eux. Ils l'ont considéré comme un père, l’ont pris comme arbitre de leurs différends, ont toujours écouté avec respect ses conseils et
1 CHAMPLAIN, Voyages, 1620, fol. 113-119, ? CHARLE VOIX, 0p. cit., t. [, pp. 237-238,
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ses réprimandes, ont désiré chez eux des missionnaires et des établissements français, ont apporté avec confiance, du fond de la péninsule huronne et des rives de la baie Géorgienne, à nos comptoirs, le produit de leurs chasses et de leurs cultures.
Pour eux, Champlain était l’image de la France, l’âme de la colonie, la colonie elle-même.
S'il était resté claquemuré dans le fort de Québec, comme dans un tabernacle, pontifiant au milieu de quelques hommes assez mal équipés, cherchant à éblouir les sauvages, il y a grande apparence que les sauvages se seraient fait attendre et que l’on n'aurait pas eu, de longtemps, une carte du pays.
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