‹ Vie de Samuel Champlain [microforme]Chapitre 69 sur 112 · D RE STEP ES PRET EEE · texte numérisé non relu

D RE STEP ES PRET EEE

VI. — Jacques Michel, « calviniste furieux », qui servit les sieurs de Caen et fut exaspéré de l'intolérance des moines, passe pour avoir provoqué, à l'instigation de ses patrons, les deux campagnes des Anglais. C’est du moins ce que dit le P. de Charlevoix !.

Richelieu eut des soupçons et chargea M. de Chateauneuf, ambassadeur à Londres, de surveiller les sieurs de Caen ?. L'enquête n’a rien produit sans doute, puisque Richelieu choisira, pour recevoir Québec de la main des Anglais, le sieur Emery de Caen. Il accordera même à ce négociant, pour le couvrir des pertes qu'il a éprouvées, le monopole, pendant un an, de la traite des pelleteries.

Si les huguenots de Caen n'ont pas trahi, des catholiques ont imité Micuel : Etienne Brulé, de Champigny; Nicolas Marsolet#, de Rouen, interprète pour la langue

sont revenus à Dieppe. Le huguenot Michel dit qu'il a connu David marchand de vin à Cognac et à Bordeaux. Cela ne prouve pas grand chose. Il est certain que les Kertk ont toujours été dévoués loyalists et officiers dans les armées de terre et de mer de la Grande-Bretagne.

Ils ne paraissent pas avoir quitté la France pour cause de persécution religieuse. Les trois frères David, Louis et Thomas traitaient avec mépris le Français Michel, précisément parce qu'il portait les armes contre sa patrie. Ils se considéraient donc eux-mêmes comme anglais. (Voir Kinosrorp, History of Canada, t. I, p. 142. — Cnam- PLAIN, Voyages, 2e part., passim).

1 CHarLevoix, 0p. cit.,t. I, p. 165.

? Collection de documents inédits sur l'histoire de France. — Lettres, instructions diplomatiques et papiers d'État du cardinal de Richelieu, t. III, p. 472,

3 Marsolet était surnommé le petit roi de Tadoussac. Lui-même se dénommait honorable homme Nicolas Marsolet, sieur de Saint-Ai-

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montagnaise; Pierre Raye, charron, de Paris, « l’un » des plus perfides traistres et mechans qui fut dans le » monde » ; Le Baillif, d'Amiens, chassé par Caen, pour sa conduite scandaleuse, « accoustumé à renier et à » blasphemer le nom de Dieu à tout propos.... sans foy » ni loy, bien qu'il se dise catholique comme sont les » trois autres, qui ne se soucioient de manger de la chair » ny Vendredy ny Samedy pour penser favoriser les » Anglois, qui au contraire les en blasmoient ! ».

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