VII. — A ce moment la famine régnait à Québec
Le 18 juin, on n’avait pas encore connaissance des navires qui devaient arriver en mai. Il restait en magasin, pour cinquante-cinq personnes, quatre ou cinq poinçons de biscuit avarié, des pois et des fèves. « Voilà », dit
gnan, de Rouen. Cela veut tout simplement dire qu'il est né sur la paroisse de Saint-Aignan qui fut réunie depuis, sous le nom de Mont- Saint-Aignan, à celle du Mont-r1ux-Malades.
En 1608, il avait 21 ans et se trouvait à la fondation de Québec, Il fut employé presque toute sa vie comme interprète pour les langues montagnaise et algonquine.
En 1629, il passa aux Anglais, ce que Champlain lui reprocha durement. I] prétendit, comme les autres traîtres, qu'il avait été forcé. Au depart des Anglais, il revint aux Français.
Il était ennemi des Jésuites. Les Jésuites devenant tout puissants, il reconnaît son erreur, se tourne de leur côté. Les Pères l'accueillent sans rancune et l'elèvent à la dignité de marguillier.
Il devint possesseur de plusieurs fiefs.
Sa postérité a toujours tenu et tient encore, en Canada, un rang honorable. (BENJAMIN SULTE, op. cit., t. I, pp. 147-149).
1 CHAMPLAIN, Voyages, 1632, 2e part., pp. 220-223.
Champlain « la peine en laquelle on estoit tous les » aus! ». On ne pouvait compter sur les produits du sol, puisque les Associés empêchaient de le cultiver. C’est seulement le 27 avril 1628, après vingt ans d’occupation, que l’on vit à Québec une charrue et des bœufs ?.
Le 29 juin, les gens de Tadoussac envoient chercher des pois. Ils en sont pour leurs peines.
La Ralde n’a laissé ni barques ni agrès. On dirait la colonie abandonnée. « C’est assez que la peleterie soit » conservée, l’utilite demeure aux associez, et à nous», dit Champlain, « le mal ».
Il faut aviser. Champlain fait chercher dans les bois des gommes pour faire du brai, et donne à réparer à Couillard, qui est charpentier, calfat et matelot, deux chaloupes abandonnées comme étant hors de service. Avec ces chaloupes, il fera prendre à Tadoussac une embarcation, et avec cette embarcation il fera transporter à Gaspé un certain nombre d'hommes qu’il désire renvoyer en France.
Couillard veut bien réparer les chaloupes, mais il refuse de les conduire à Tadoussac. Champlain le prie, le raisonne, le menace. Vainement. Il dit avoir peur des Sauvages?. Il a toujours été brave et dévoué. La raison vraie de son refus, il ne veut pas la dire, et si Champlain ne le met pas en prison, c'est sans doute qu'il la pressent.
1 CnAMPLAIN, Voyages, 1632, 2e part., p. 149. 2 CHAMPLAIN, Voyages, 1632, 2e part., p. 144. 3 CHAMPLAIN, Voyages, 1632, 2c part., pp. 149-152.
DID du
Cette raison, facile à deviner, c’est l’imminence d’une catastrophe. Si Couillard est inébranlable, c’est qu'il ne
veut pas, dans un pareil moment, laisser seuls sa femme et ses enfants.