LA FAMINE DE
[. Québec après la défaite de Roquemont. — II. Construction de moulins. — III. Secours tirés des sauvages et des colons. — IV. Champlain envoie des hommes à la chasse. — V. Il prépare l'envoi à Gaspé d'un certain nombre d'hommes. — VI. La vie à Québec. — VII. Champlain envoie chez les Abénaquis. — VII. Il envoie à Tadoussac. — IX. Il envoie chercher des secours, — X. La situation à Québec. — XI. Eustache Boullé se rend à Gaspé. — XII. Vingt Français et des Hurons sont attendus à Québec. — XIII. Champlain envoie à Trois-Rivières et aux Etchemins. — XIV. Les Abénaquis envoient des promesses. — XV. Arrivée des Français et des Hurons.
I. — La perte de la flotte de Roquemont fit le désespoir de Québec. Dans cette place, tout manquait, même lesel, et l’on mangeait Les pois par compte.
Les hommes étaient faibles, débiles, decouragés. Pourtant ils voulaient vivre et conservaient au fond du cœur un rayon d'espérance. Ils pensaient que la France ne pouvait les abandonner, et qu'une autre flotte remplacerait celle détruite par les Anglais. Ils décident donc la lutte et résolvent tout d’abord de tirer du peu qu'ils ont le plus de profit possible.
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II. — Le sieur de Caen a envoyé des meules. Ses agents les ont déchargées à Tadoussac et n’ont pas voulu les transporter à Québec. Mieux aurait valu les laisser à Dieppe. Mais on pouvait dire à Paris qu’en Nouvelle- France il y avait des meules. Les Anglais les ont mises en pièces.
Champlain résolut de construire un moulin à bras, et il réussit, « ce qu’en vingt ans l’on avait creu estre comme » impossible ». Ils y moulent les pois, et en tirentde bonne farine, ce qui relève un peu leur santé. Parce que la manœuvre en est très pénible, Champlain décide la construction d’un moulin à eau !.
III. — Vient la saison de la pêche aux anguilles. Les Français n’y entendent rien et prennent peu de chose. Pour en avoir des Sauvages, ils donnent jusqu’à leurs habits. Champlain en achète douze cents au prix de dix par castor neuf. Qu'est-ce que cela pour une centaine de personnes | 5
La récolte de la veuve Hébert et de Couillard, qui donriait beaucoup d'espérance, fut une déception. « Il se trouva », dit Champlain, « qu’ils ne nous pouvoient » assister que d’une esculée d'orge, pois et bleds d'Inde
par sepmaine, pesant environ 9 onces » (0 k.280gr.),
qui estoit fort peu de chose à tant de personnes, ainsi nous fallut passer la misere du temps ? ».
1 CHAMPLAIN, Voyages, 1632, 2° part., np. 166-168. ? CHAMmPLAIN, Voyages, 1632, 2e part., p. 167.
Les Sauvages, par affection pour le gouverneur, appor- [e) tent à Québec quelques élans ?,
IV. — Champlain envoie à la chasse plusieurs de ses hommes. Ils ne savent pas, comme les Sauvages. reconnaître des pistes et courir sur la neige avec des raquettes. Ils réussissent néanmoins à tuer un gros élan. Au lieu de l’apporter à l'habitation, ils «s’amusèrent à le devorer » comme loups ravissants, sans plus en faire part que » d'environ 20 livres ». Le commandant les blâme de leur gloutonnerie et les occupe à d’autres travaux *.
V. — Au mois de mai, les légumes sont épuisés. Un peu de patience, dit Champlain, les uavires de France vont arriver tout à l'heure. Encore quelques jours et nos souffrances prendront fin. En réalité, il craint plus le retour des Anglais qu'il n’espère l’arrivée des Français.
La Ralde a laissé à Québec, parce qu’elle n’était plus bonne qu’à faire du feu, une barque de sept à huit tonneaux. Champlain la fait réparer. Elle servira au transport, à Gaspé, d’un certain nombre d’hommes qu'il désire renvoyeren France par le moyen des vaisseaux de pêche *.
VI. — L'hiver de 1628-1629 n'a pas ete trop long. Des le 28 avril, la veuve Hébert, Couillard, les Jésuites et les Récollets se mettent au labourage. Les commis
1 SaGanD, Hist., 1636, p. 974.
? CHAMPLAIN, Voyages, 1632, 2 part.,, pp. 107-169, 3 CHAMPLAIN, 1632, 2e part., p. 170.