RS RE PRIE OR EDP CRE TNA L
que nous attendions et nous ne pouvons empêcher votre dessein. Je vous remettrai donc la place, si vous maintenez la proposition que vous m'avez faite d’une composition dont je vous ferai connaître les termes. IL vous plaira en attendant de ne pas faire approcher vos vais-seaux à la portée du canon et de ne pas tenter une descente ! ».
IV. — Sur le soir, le capitaine Louis Kertk envoie chercher les articles de la composition.
Voici les demandes de Champlain :
On lui donnera un vaisseau pour le conduire en France avec tous ses compagnons, les religieux et deux Sauvagesses qui lui ont été données.
I] sortira avec armes et bagages; les religieux et les colons avec ce qui leur appartient.
On leur donnera, contre des pelleteries, des vivres pour repasser en France.
Ceux qui sont dans le fort et ceux qui sont déjà au pouvoir des Anglais seront traités avec bienveillance.
Ils seront conduits à Tadoussac avec ce qui leur appartient, et trois jours après leur arrivée à ce poste, ils seront mis en possession du navire qui doit les transporter.
Ces articles portent les signatures de Champlain et de Pontgravé.
Louis Kertk leur répond :
Je ne puis vous donner un vaisseau, mais je vous assure
1 CHAMPLAIN, Voyages, 1632, 2e part., p. 215.
— 299 — cl | il 1] | re le passage de Québec en Angleterre et d'Angleterre en LUI Er France. | Ne Je ne puis vous accorder d'emmener les Sauvagesses. us J'accorde que vous sortiez avec armes et bagages ; les s-- officiers, avec armes, habits et pelleteries ; les soldats il ne avec leurs habits et une robe de castor; les religieux se 1 contenteront de leurs robes et de leurs livres. | | Cette pièce est signée : l’Kertk et Thomas Kertk. | ote Elle à été approuvée par David Kertk le « 19 aoust 1629, stil neuf ». (| Champlain et son conseil examinent ces articles et, 1e] | Ace « ne pouvant pas mieux », les acceptent. Hi va- Le lendemain, 20, Champlain va trouver Louis Kertk 1 | | et obtient de lui d'emmener ses deux sauvagesses. Il il] | les obtient aussi l'envoi de soldats pour garder la chapelle, ll | les maisons des religieux et celles de la famille Hébert. nl rres fl ; À V. — Les conditions de la capitulation étant arrêtées, il | | | es Louis Kertk monte à Québec avec 150 hommes, en reçoit Le ll les clés de Corneille, sous-commis, et les remet à un J nl Lee nommé Le Baillif, d'Amiens, qui s'était « volontairement | LL He » donné aux Anglois pour les servir et ayder à nous {il pe » ruiner comme perfide à son Roy et à sa patrie ! ». | | | | [EL prie de le conserver jusqu’à son départ et lui permet de | 11 | faire célébrer la messe. 11 a d’ailleurs, pour le glorieux ll | | Dre vaincu, toutes les courtoisies et tous les respects. | (1 | |
1 CHAMPLAIN, Voyages, 1632, 2e part., pp. 215, 220.
| Champlain veut quitter son logement. Louis Kertk le
VI. — Le 21 juillet 1629, un inventaire est dresse de ce qui se trouve dans le fort et dans l'habitation, Il est éloquent et navrant.
Il constate l'existence de quarante livres de poudre à canon et de trente livres de mèche. « Pour les vivresque » noustrouvons, » dit Kertk, « il ne s’en gastera ny encre » ny papier, dont nous n'en sommes pas faschez, vous » aymant mieux assister des nostres. — Nous vous en » remercions bien fort », répond Champlain, « il n’y a » sinon que vous les faites payer bien cherement sans » pouvoir avoir moyen de les disputer ! ».
Louis Kertk saisit aussi, mais sans vouloir en dresser inventaire, ce qui se trouve chez les Jésuites et chez les Récollets.
Il traite les Récollets avec bienveillance, leur permet de dire la messe tous les jours et leur en fournit le vin? ; mais il manifeste de l’aversion pour les Jésuites et regrette de ne les avoir pas canonnés.
VII. — Le 22, il fait arborer, sur l’un des bastions, le drapeau de l'Angleterre. Ses troupes sont rangées en bataille, les tambours battent aux champs, le canon du fort et des navires tonne, et une double salve de mousqueterie termine la cérémonie.
VIII. — Pendant la nuit, Le Baillif vole au sieur Corneille cent livres d’or ou d'argent et divers objets; il
| CnaAMPLAIN, Voyages, 1632, 2e part., pp. 221, 222. ? SacarD, Hist., 1636, p. 1,000.
vole aussi, dans la chapelle, un calice valant plus de cent livres. Il se disait chrétien. En réalité, c'était un scélérat, sans foi ni loi. Tandis que les Français sont traités avec bienveillance par les Anglais, ce traître les vexe de toutes les façons.
Louis Kertk tenait de sa mère l'amour des Français et préférait leur conversation à celle des Anglais.
IX. — La veuve Hébert et Couillard, son gendre, qui sont à Québec depuis quinze ou seize ans, craignent de voir saisir leurs biens, champs, maisons et une récolte qui donne de belles espérances. Ils manifestent l’intention de partir. Kertk les engage à rester dans leurs biens. Vous y vivrez, leur dit-il, aussi librement qu'avec les Français. Vous ferez vos récoltes et vous en disposerez comme il vous plaira. Il sera toujours temps, si vous ne vous trouvez pas bien, de retourner en France l’année prochaine.
Ils vont trouver Champlain. Le vieux guerrier considère qu'ils seront privés de prêtres et qu’ « il faut avoir » plus de soin de l'âme que au corps ». Il leur conseille donc de vendre, le mieux possible, leur récolte et leurs pelleteries, d'abandonner terres et maisons, de reveniren France où ils trouveront, tant qu’ils voudront, des prêtres et des moines.
Un paysan abandonner une terre à lui, créée par lui, arrosée de ses sueurs, cela ne se voit guère. Il est très attaché à ses dieux, à ses saints, à ses prêtres; mais sa terre, c’est la chair de sa chair, la moëlle de ses os. La
\ ri \ + EAN ë . JTE ER ten En 8.4 ni # |l {| 1 VAL
veuve Hébert et Couillard remercient et demandent à réfléchir. Cela n’est pas long. En Canada, ils sont propriétaires, en travaillant leurs terres, ils ont l’aisance. En France que feront-ils? Homme, femmes et enfants s° ont contraints de mendier leür pain, « chose à la vérité bien rude », dit Champlain, « et considérable à ceux qui se » mettront à leur place ». Ils décident de rester, et Champlain ne les en blâme pas ?.
X. — Le vieux guerrier, privé de son commandement, est triste et trouve les jours bien longs. Il demande à être cor. duit à Tadoussac, auprès de l'amiral David Kertk, et part avec les Jésuites, et ses deux sauvagesses, Espérance et Charité. La troisième, Foi, a sans doute renris Le chemin des bois, car il n’est plus question d'elle ?.
XI. — À Malbaie, maintenant Murray Bay, le navire qui porte Champlain voit un vaisseau. Ce vaisseau est commande par Emery de Caen et chargé de secours pour Québec.
Le navire d'Emery de Caen et celui de Thomas Kertk se reconnaissent et la canonnade commence.
Kertk prie Champlain de descendre sous le tillac et l'y enferme. Emery s’avance, les deux navires se heurtent debout. Une ancre du vaisseau de Kertk s'engage dans les chaînes de celui d'Emery, et les deux bâtiments ne peuvent se séparer. À ce moment, Kertk voit une partie de
1 CrAMPLAIN, Voyages, 1632, 2e part., pp. 222-226. 2 CHAMPLAIN, ibidem, p. 223.
cit., p. 192. — Sacarb, ist. 1636, pp. 998-999. tr
| ses hommes pris de panique, secacher au fond du vaisseau, : IR (4 ié- il les ramène à cou ps de plat d'épée. Sa défaite estcertaine. À. li En Dans le même temps, une rumeur se produit sur le | + vaisseau d'Emery, et des hommes crient làchement : | 1) à « cartier ! cartier ! » Kertk, qui voit le péril de sa situa- | | se tion, se hâte de répondre : « Bon cartier, comme au sieur (l | » de Champlain que nous avons icy ». Arrivent alors j | deux pataches. Emery, qui ne peut se décrocher du navire de Kertk, n'est plus en état de lutter, surtout avec | he » des gens qui n'avoient envie de bien faire —. Comme | | , » il estoit prest à l'abordage », écrit le P. Sagard, « on | a » dit que les huguenots de son équipage ne voulurent | | 0 » jamais aller con treleurs freres, et poserentarmes bas ». IL 1] Va Emery demande à voir Champlain. Il Le voit, lui cause, et se rend, le cœur navre, certain que, si ses hommes avaient fait leur devoir, Kertk et les deux pataches tomnur baient en son pouvoir *. | | | est Les Anglais ont traité les huguenots traitres bien plus | | | ae dûrement que les catholiques fidèles. | | XII. — Emery de Caen dit à Champlain que le cheva- | | | ertk lier de Razilly vient avec des secours, et que la France | | | : et l'Angleterre ont dù signer la paix. | | b l'y Ils sont bien reçus à Tadoussac. l Hi | tent La flotte anglaise se compose de cinq grands navires | fl | s les bien pourvus d'armes et de munitions. Les officiers sont nil | peu-- bons, mais le reste ne vaut pas grand chose. ll cl e de pu à 1 CHAMPLAIN, Voyages, 1632, 2e part., pp. 226-229. — Le Tac, op. | | | fi 4
a | | LA
XIII. — Champlain trouve aussi à Tadoussac son beaufrère Eustache Boullé. A Gaspé, Boullé a rencontré le sieur de Caen, qui lui a donné des vivres et l’a informé du prochain départ de Razilly et du capitaine Daniel. Joubert devait les précéder avec deux barques, dont l’une appartenant aux Jésuites portait les PP. Noirot, Lallemant, Louis et Vieuxpont !.
Emery et Boullé entrent dans le Saint-Laurent. Boullé va devant, hâtivement, vers Québec. Quatre ou cinq jours après avoir quitté le sieur de Caen, il voit un navire et croit que c’est celui de Daniel. Quand il reconnaît son erreur, il est trop tard. Thomas Kertk, qui l’a vu, lui tire un coup de canon et lance sur lui une chaloupe. Les matelots de Boullé, affaiblis par la faim et rendus de fatigue, ne peuventaller loin. Ils sont pris, pillés, conduits à Kertk et envoyés à Tadoussac.
Boullé dit à David Kertk, qui feint de n’en rien croire, que la France et l'Angleterre ont signé la paix.
Kertk sait, par des traîtres et par des sauvages, que Québec est à bout de vivres et de munitions, que la poire est müre et qu’il lui suffit, pour la cueillir, de tendre la main. Si la paix est faite, il jouira de sa prise pendant quelque temps; si elle n’est pas faite, il gagnera bien davantage. Dans un cas comme dans l’autre, la prise de Québec sera pour lui une bonne affaire. C'est incorrect, malhonnête, mais cela lui est bien égal. Il charge donc ses deux frères d'aller prendre pcssession de Québec, ce qu'ils firent, comme on l’a vu plus haut.
1 CHAMPLAIN, Voyages, 1632, 2e part., pp. 229-231.
que poire e la dant bien se de rect, donc C, ce
XIV. — Tandis que Boullé est fait prisonnier, Emery de Caen, qui ne sait rien des Anglais, se dirige sur Québec. Surpris par une brume intense, il passe, sans s'en douter, sous le canon des navires anglais, qui se trouvaient au moulin Baudé. Toujours trompé par la brume, il s'échoue sur un îlot, par le travers de Tadoussac. Le brouillard tombé, il voit les Anglais et tire du canon pour demander du secours. Les Anglais font la sourde oreille. La marée le dégage et il vient à Malbaie où desSauvages lui apprennent la reddition de Québec.
Desdames, avec sa petite barque, suivait Emery. A quinze lieues de Tadoussac, il apprend le désastre de la colonie et la situation désespérée de Roquemont. Il
retourne à Gaspé, où il rencontre Joubert, qui apportait des secours.
XV. — Joubert aurait pu passer, peut-être aider Roquemont et changer la face du combat. Il trouve plus prudent de ne rien tenter, prend avec lui Desdames et retourne en France. Une tempête le jette sur les côtes de Bretagne, près de Quimper-Corentin. Il est pris pour corsaire, mis en prison, et dépense, pour se tirer d'affaire, plus que ne valent les épaves de son navire !.
XVI. — Le vaisseau des PP. Jésuites, qui portait vingtquatre hommes, fit naufrage aux environs de Canso. Les PP. Noirot et Louis et douze hommes périrent. Les autres se sauvérent à moitié nus. Le lendemain de la catastrophe,
l CHAMPLAIN, Voyages, 1632, 2e part., pp. 235-238.