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et ses rapides succès prouvent qu'il pouvait, en partant au mois de mai, sauver Champlain, Québec et la Nouvelle-France. Ces succès prouvent également que Razilly aurait pu sans trop de peine, avec quelques bons navires, chasser, de Québec et du golfe, les Kertk et leurs Anglais. Mais Louis XIII croyait à la bonne foi de Charles I" !!
[IT. — Dans le même temps Kertk traverse l’Atlantique et débarque à Plymouth.
Champlain arrive à Londres le 27 octobre, s'installe auprès de l’ambassadeur et attend, d’un jour à l’autre, une solution. Le traité de Suze spécifie que les deux rois se restitueront réciproquement les terres et navires pris depuis le 24 avril. Le roi Charles [°° va donner des ordres, sans faute, et chacun rentrera de suite en possession de son bien. Il en est autrement. Les jours se passent sans que l’on puisse rien obtenir de sa Majesté. Enfin, au bout de la cinquième semaine elle promet de rendre Québec. Ce n’est pas affaire faite. Promettre et tenir sont deux. Cependant l'ambassadeur, M. de Chateauneuf, autorise
1 CrraMPLAIN, Relation du voyage fait par le capitaine Daniel, de Dieppe, en la Nouvelle-France, la présente année 1629, dans les Voyages, 1632, 2e partie, pp. 271 et suiv.— JuLiEx FÉLIX, Voyage à la Nouvelle-France du capitaine Charles Daniel, de Dieppe, 1629 (Soc. des Bibliophiles Normands, 1881). Ce précieux opuscule comprend le rapport de Daniel à Richelieu, le récit complémentaire d'André Malapart et le texte original inédit, avec traduction de M. Félix, de la relation de Jacques Stuart lord d'Ochiltrie,
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Champlain à passer en France et lui donne une lettre pour le cardinal de Richelieu !.
IV. — Champlain part, reste deux jours à Dieppe, deux jours à Rouen, arrive à Paris, voit le roi, le cardinal et les Cent-Associés.
Louis XIII envoie à l'ambassadeur l'ordre de réclamer aux Anglais la restitution de ce qu’ils nous ont pris depuis la signature de la paix. Le roi Charles promet de rendre la Nouvelle-France et ne dit rien de l'Acadie. En réalité, il voudrait garder l’une et l’autre. Au mois de décembre 1629, il n’y a encore rien de fait et, se payant d’impudence, sa pieuse Majesté réclame la restitution de deux vaisseaux qui sont à Dieppe.
Richelieu n'est pas dupe. Le 3 décembre il écrit à Chateauneuf : « les promesses de ces gens n’estans rien » si on n’en a l'effet », nous devons différer la restitution des deux vaisseaux qu'on leur a pris. « S'ils veulent » donner la restitution pure et simple de Québec, vous » la prendrez ; sinon il vaut mieux laisser tirer l'affaire » en longue *? ».
Le 27 janvier 1630, les promesses du roi d'Angleterre sont lettres mortes, et Richelieu donne l'ordre au marquis de Fontenay-Mareuil de persister dans ses réclamations *.
1 CHAMPLAIN, Voyages, 1632, 2e part., pp. 265-269.
? Collection de documents inédits sur l'Histoire de France. — Lettres, instructions diplomatiques et papiers d'État du cardinal de Richelieu, t. III, p. 478.
3 Richelieu, op. cit., t. III, p. 519.
Charles renouvelle ses promesses, toujours avec intention de ne les pas tenir, tout au moins de faire durer les négociations. Ce jeu n’est pas honnête, mais il permet aux Anglais d'exploiter le Canada.
Les Associés devinent les grossiers artifices de S. M. Britannique et résolvent d'y mettre fin.
Ils arment quatre pataches et demandent à Louis XIIT six navires de guerre pour les accompagner. Razilly commandera cette flotte et devra reprendre, à coups de canon, ce que les Anglais ne voudront pas lui rendre de bon gré.
Les Anglais s'alarment et se plaignent. M. de Fontenay de Mareuil leur répond gravement : « Vous n’avez rien à craindre. Les navires que nous avons armés ont pour mission d'accompagner ceux de la Compagnie, et ceux de la Compagnie ont tout simplement pour but, conformément à la promesse leS. M. Britannique, de reprendre possession des pays que vous nous avez pris depuis la signature de la paix ». Ce coup de pince-sans-rire produit son effet, mais il faut un mot de Louis XIII pour terminer l'affaire. L'ambassadeur se met à la poursuite du roi, le rencontre en Savoie et le supplie de mettre fin au conflit. Louis ayant sur les bras la guerre d'Italie, ne peut s’occuper des affaires du Cauada et ordonne le désarmement de la flotte. Les Anglais sont stupéfaits, émerveilles, se regardent, éclatent de rire, et se hàtent d'envoyer à Québec des navires chargés de marchandises de traite.
L'année suivante, Louis XIII et Richelieu furent occupés par la révolte de Gaston d'Orléans, frère du roi.
sn: Gaston fut vaincu, fit sa paix, abandonnant à la vengeance | | | tés du roi et du premier ministre « tous ceux qui s'étaient il net liés à lui ». | || Henri IT, duc de Montmorency, ancien vice-roi de la (ll M. Nouvelle-France, ramasse mourant sur le champ de ll bataille, fut envoyé devant le parlement de Toulouse et El CHI condamné à mort. Le 30 octobre sa tête tomba sous la ily hache du bourreau, dans la cour du capitole, et son sang | LAS | jaillit sur la statue de Henri IV, son parrain. Louis XIII | | | \ de et Richelieu étaient à Toulouse, pour surveiller ce juge- ll ment. Cet acte de vengeance avait pour eux bien plus | | nay d'importance que les affaires du Canada. | rien | our V.— À cette époque, deux Français, ramenés par les | ceux Anglais, apportèrent à Champlain des nouvelles de la | |! de: colonie. IL | ndre Les Anglais ont rapporté des fourrures pour une Ml AI somme de trois cent mille livres. | (il dut Pendant l'hiver, quatorze de leurs hommes, sur (ll es quatre-vingt-dix, sont morts de misère. pu Hi Ils n’ont fait aucun défrichement et se sont contentes il Lit. d’ensemencer les terres des religieux. | | il Dane | Is ont construit un parapet en planches sur le rempart [Ut | nant du fort et terminé deux plates-formes commencées par a Ul 1, 80 Champlain. . {l jh ab à Les bâtiments n’ont pas ète augmentes. | | ( Fr. Le fort est armé de l'artillerie prise à Champlain : | || ont quatorze canons, cinq espoirs en fonte verte et quelques q | voi. pierriers. |
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La veuve Hébert et son gendre furent très maltraités par les traîtres ; les Anglais, au contraire, ne leur ont donné aucun sujet de plainte ’.
VI. — Après le drame de Toulouse, Louis XIII et Richelieu reprennent les négociations avec Charles I®',
Celui-ci envoie à Isaac Walk, son ambassadeur, les lettres et commissions nécessaires pour la reddition du Canada et de l’Acadie. Le 25 janvier 1632, Louis XII donne des lettres de pouvoir à Bullion et à Bouthilier. Les négociations sont terminées le 29 mars, par le traité de Saint-Germain-en-Laye.
Razilly avait, depuis quatre jours, l'ordre d'aller reprendre possession du Canada ?,
Cette solution, si difficilement obtenue, n’était pas du goût de tout le monde.
De grands politiciens, comme ceux qui conseillerent, de nos jours, l'abandon de l'Algérie, du Sénégal, de la Tunisie, du Tonkin, de l'Egypte, tenaient à peu près ce langage : « Ce désert de neige a été ruineux pour presque toutes les entreprises. Les sieurs de Caen ont beaucoup souffert ; les Cent-Associés sont à la veille de faire banqueroute. Ces vastes espaces sont dr moins en moins habitès; pour les repeupler il faudrait dépeupler la France ».
Les autres, moins éloquents sans doute, mais plus clairvoyants, répliquaient : « Il y va de l'honneur de la
1 CnaMPLaiN, Voyages, 1632, 2me part., pp. 288, 289. ? Archives des Affaires Etrangères à Paris, Amérique, fol. 88, Cité par Faillon.
| | | — 329 — || France de ne pas abandonner des terres qu’elle a décou- | |
aites Hs Po fl dont vertes, explorées, occupées. Il serait désastreux pour le 1 pays de le murer dans ses étroites limites tandis que ses [1 ennemis et ses rivaux se partageraient le Nouveau | | A . . Al Ri- Monde. Les pêcheries de la Nouvelle-France deviendront, In avec le temps, une école de marins. Des mines pourront | n les F ' Q ’ n du richesses. La terre bonne, feconde, vierge n'attend, pour
XIII produire de belles récoltes, que la main de l’homme.
être découvertes. Le trafic deviendra une source de | Quant au peuplement, n'avons-nous pas, par milliers, | |
Lier . DR Re (fl raité des soldats licenciés qui seraient heureux de vivre en fl Canada en y faisant œuvre utile? N'avons-nous pas |
aller aussi des honnêtes gens, qui n'ont pas leur place dans |
notre vieille société et pourraient, avec un peu d'aide, il
xs du trouver là-bas dans le commerce, l'industrie, surtout Il dans l’agriculture, une vie honorable sanctifiée par le il |
rent, travail et les saintes joies du foyer domestique? Portez 14 de la donc dans les vastes, belles et riches plaines lauren- | | PE tiennes tous les miséreux qui en seront dignes, tous les fl 2sque honnêtes gens qui le désireront : vous peuplerez la Nou- | il coup velle-France sans dépeupler l’Ancienne ». ul ban- Le Canada, redevenu colonie française, on en ferma la L | habi- porte aux déchets de la société. Les honnêtes gens, soi- | | fl ce ». gneusement choisis !, vinrent en nombre, et l'on eut une || | plus superbe population saine de corps et d'esprit, française nl | de la jusque dans les moëlles. | 1 VII. — A la vérité la compagnie des Cent-Associés | 'È
ol. 88, jl
1 CHARLEVOIX, 0p. cit., t. I, p. 280.