‹ Vie de Samuel Champlain [microforme]Chapitre 83 sur 112 · LEUR · texte numérisé non relu

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est dans une situation critique. Elle à perdu beaucoup de ses membres. Ceux qui subissent l'influence de Champlain reforment le capital et décident de terter nouvelle aventure.

Guillaume de Caen est chargé de reprendre possession de Québec et de conduire, sur les vaisseaux du roi, un premier convoi de celons. Il a fait de grandes pertes, Richelieu lui accorde, comme dédommagement, le monoble de la traite de 1632.

Cette décision paraît étrange : elle n’est que juste.

Qu: bec n'aurait pas été pris si les sieurs de Caen l'avaient laissé mettre en état de défense et approvisionné. Voilà le fait. Mais.....

Les Catholiques n'osaient pas se hasarder seuls dans cette entreprise aléatoire et difficile et appelaient à eux les Huguenots ; ceux-ci, plus riches, plus entreprenants, plus hibiles en prenaient la direction.

Champlain amène des moines, et les moines déclarent aux Huguenots une guerre à mort.

Les Huguenots croient que Champlain est l'homme des moines et l'ennemi de ia Compagnie. Ils se trompent de moitié, mais il faut bien convenir que les idées religieuses du Gouverneur autorisent leurs suppositions. Toujours menacés, vexés, sans lendemain, ils ne pensent qu’à leurs intérêts ir «édiats, et n’ont souci de l'avenir d’une colonie dont ils se “oient chassés.

Richelieu comprend que l'intolérance des moines a déterminé ia conduite des Huguencts. Il cède aux instances des premiers — l'état d'âme de ce temps-là ne

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permettant pas une solution plus libérale — et donne aux seconds un moyen de réparer leurs pertes.

En 1633, Guillaume de Caen remettra Québecaux Cent- Associés et ramènera tout son monde. Il n’y aura plus en Canada un seul huguenot, ce qui cause à Champlain une joie bien grande.

Le 18 avril 1632, vingt jours après la signature du traité de Saint-Germain-en-Laye, Emery de Caen part du Havre, comme lieutenant de son oncle.

Il est tianqué de deux jésuites, Paul Le Jeune et Anne de la Nouë, ce qui est loin de lui faire plaisir.

Les 15 et 18 mai, à deux cents lieues de terre, ils rencontrent des 2cebergs plus longs que leurs vaisseaux et plus hauts que leurs grands mâts. Frappés par les rayons du soleil, ils ont les miroitements féeriques de montagnes de cristal, de palais, d’aiguilles, de colonnes, d’astragales découpés, par l’art capricieux des génies polaires. Mais il faut se défier de ces merveilles : tout navire touche par elles est brisé, coulé à fond.

Le 1°° juin, ils aperçoivert la terre. Elle est encore endormie sous son manteau d'hiver. Le 14, quand ils arrivent à Tadoussac, il fait grand froid. Au commencement de juillet le printemps fait son apparition, et tout d’un coup :a chaleur devient très forte. En quelques jours la végétation s'épanouit et les fruits de la terre mûrissent rapidement.

Le 5 juillet, Emery de Caen jette l'ancre devant Québec.

De Tadoussac il avait envoyé à Thomas Kertk un

nous

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