‹ Vie de Samuel Champlain [microforme]Chapitre 84 sur 112 · PE DRE RS D · texte numérisé non relu

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extrait des lettres patentes et des commissions des rois de France et d'Angleterre. En même temps, il le sommait de lui remettre, sous huit jours, le fort et l'habitation de Québec. Kertk demande à voir les originaux des lettres et commissions royales. Emery les lui envoie le lendemain de son arrivée devant Québec.

Le 13 juillet, Kertk remet le fort au lieutenant du Plessis Bochart, et tandis qu'il descend, avec deux navires, le fleuve Saint-Laurent, Emery et les deux jésuites gravissent le chemin en escalier qui donne accès au sommet du roc.

Les Anglais ont incendié l'habitation de Québec et la meilleure partie du logis des Pères Jésuites. Les nouveaux venus ne trouvent que des murailles en ruines et des meubles brisés. Ils ne savent où se loger.

C'est dans la maison de la veuve Hebert, qui en est ravie, que les Jésuites chantent le Te Deum et disent la messe |.

VIII. — Nos Français sont tout étonnés de re pas voir de Sauvages autour de l'habitation. Autrefois, ces pauvres gens se sentaient un peu chez nous comme chez eux. On les laissait aller et venir, à leur gré, dans le village et même entrer dans les maisons. Ils accueillirent bien pourtant Farrivée des Anglais, Bientôt ils

1 Relation du voyage fait en Canada pour la prise de possession du Fort de Quebck. (Mercure François, t. XVIII, 1632, pp. 06 et suiv.)}, — Paur, Le Jeuxe, Relation de 1632, édit. de Quebec, pp. 1-3, 7,8.

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regretterent leurs anciens voisins. Les Anglais entrent en maîtres dans leurs cabanes et dans leurs magasins. Ils sont hautains, curieux, insolents et distribuent facilement des giffles. Les Sauvages ne sont pas contents de ces procédés, s’éloignent de Québec et n’y reviennent que pressés par la nécessité ou pour se procurer du brandy.

En arrivant à Québec, Emery de Caen a vu les effets de cet odieux trafic.

Au moment où les Montagnais traitaient de la paix avec les Iroquois, l’un d’eux s’enivra et fit mettre à mort un prisonnier. Le ministre anglais lui reprocha hypocritement, d’un ton doctoral, d’avoir trahi sa parole. Le Sauvage lui répond : « C'est loi et les tiens » qui l'ont lue; car si tu ne nous donnois point » d'eau-de-vie, ny de vin, nous ne ferions point » cela ». Et de fait, ajoute l’auteur de la ÆRelatiun, « depuis que je suis icy je n'ai veu que des Sauvages » ivres. On les entend crier et tempester jour et nuict, » ils se battent et se blessent les uns les autres. K* » quand ils sont retournez à leur hon sens, ils disent : » Ce n’est pas nous qui avons fait cela, mais toi qui » nous donne cette boisson. Ont-ils cuvé leur vin, ils » sont entr'eux aussi grands amis qu'auparavant, se » disans l’un à l’autre : Tu es mon frere, je l'ayme : » ce n'est pas moi qui l'ay blesse, mais la boisson » qui s'est servi de mon bras ».

Les femmes même s'enivrent et crient comme des enragces, Passé huit heures du matin, il y à danger à les

aller voir sans armes. Quand l’un d’eux est bien ivre, les autres s'efforcent de le rattraper et de lui lier les jambes etles mains !. Quelques-uns de leurs capitaines sont venus prier les Français de ne plus leur vendre de vin ni d’eaude-vie.

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