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Par son contrat de mariage, il a donné à Hélène Boullé, sa femme, la jouissance de tous les biens, meubles etimmeublesqu'il laisserait à sa mort. Avant son dernier départ de Paris il a renouvelé ce don, et sa femme en a fait autant en sa faveur. Lui; qui était la loyauté même, pouvait-il de son propre mouvement, avoir l’idée de revenir sur ces actes ? Il Le fit pourtant, avec la pensée mauvaise que sa femme n’oserait pas, par piété, plaider contre des moines. Par son testament, il institua la Vierge Marie son héritière. Aujourd’hui, pareille disposition testamentaire ne serait pas prise au sérieux. Il n'en était pas de même au dix-septième siècle, et la Vierge, qui n’a que faire de ces dons, ne manquait jamais de gens pour les accepter en son nom.
Les PP. Jésuites dirent : la vierge Marie, c’est nous, et Madame Champlain, comme l'avait prévu son mari, n’osa pas réclamer. Par sentence du 11 juillet 1637, le prevôt des Marchands de Paris confirma le testament. Une cousine germaine de Champlain, moins asservie que la veuve, engagea un procès, qui fit beaucoup de bruit. Le testament fut cassé, les Jésuites n’ont hérité que de neuf cents livres provenant de la vente du mobilier de Québec !.
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VIN. — Dès son adolescence, Champlain a beaucoup travaillé de corps et d'esprit, souffert des fatigues, des
1 Arrêts de Bardet, t. IT, p. 850. — koh. du séminaire de Québec, manuesc. 1645, cité par Faillon, op. eët., tt. I, p. 287.
privations et des dangers. Sa robuste constitutioa résista longtemps, mais au mois d'octobre 1635, il fut atteint de paralysie, et le 25 décembre suivant « il prit », dit le P. Paul Le Jeune, « une nouvelle naissance au Ciel; du » moins nous pouvons dire que sa mort a été remplie de
» benedictions. Je croy que Dieu luy a fait cette faveur
» en consideration des biens qu'il a procurés à la Nou- » velle France, où nous esperons qu’un jour Dieu sera » aimé et servy de nos François, et cognu et adoré de nos » Sauvages. Il est vray qu'il avoit vescu dans une grande » justice et equité, dans une fidélité parfaite envers son » Roy et envers Messieurs de la Compagnie ; mais à la
» mort, il perfectionna ses vertus, avec des sentiments
» de piété si grands, qu'il nous estonna tous ÿ.
Le P. Lallemant le secourüt tout le temps de sa ns et reçut son dernier soupir,
Toute la colonie suivit son convoi. Le P. Lallemant officia, le P. Le Jeune prononça l’oraison funèbre « où je » ne manquay point », dit-il, « de sujet. Ceux qu’il a » laissez apres luy ont occasion de se louer, que s’il est » mort hors de France, son nom n’en sera pas moins
» glorieux à la Postérité ».
Il est mort et repose sur son champ de bataille.
Après la cérémonie, le P. Le Jeune lut au peuple, encore assemblé dans l’église, les lettres qui désignaient pour successeur intérimaire de Champlain le sieur Brasdefer de Chateaufort, commandant de Trois-Rivières.
Les Associés avaient confié ces lettres au P. Le Jeune.
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