‹ Vie de Socrate (volume 3)Chapitre 17 sur 28 · SON ÉCOLE · texte numérisé non relu

SON ÉCOLE

mogène, Hermocrate, Phédonide, Théodote, Epigène, Ménexène, Ctésippe, Théétète, Terpsion, Charmide, Cléombrote, Diodore, Glaucon, autre frère de Platon, Simmias et Céhès, les deux pythagorigiens, Simon le cordonnier et le charcutier Eschine. (est ce dernier qui, se présentant à Socrate au moment où il recevait quelques cadeaux de ses amis, lui dit : « Pour moi, je suis si pauvre que je n’ai rien à t'offrir que moi-même; » à quoi le sage répondit :

« Tu mihi magnum munus dederis (1).» N’oublions pas Xénophon, dont les Mémorables, le : Banquet et l’Apologie nous montrent sous quel point de vus cette catégorie de disciples avait compris l’enseignement de Socrate.

Dans la troisième et la dernière, on peut mettre ceux qui, derrière les applications pratiques et les leçons morales, ont aperçu lesprincipes scientifiques et métaphysiques qui les soutiennent et les produisent, et qui, à leur lour, ont essayé de construire avecla méthode et les principes du maître, une philosophie propre et originale. |

À leur tête, il faut placer Platon ; puis, bien au dessous, Euclide, fondateur de l’école méga- . rique, ami fidèle et admirateur courageux, jus-

(1) Senee., De Ben., 1, 8.

qu’à l’héroïsme, de Socrate. S’il faut en croire. l'anecdote racontée par Aulu Gelle (1), c'est auprès de lui qu’après la mort du maître se réfugièrent les disciples effrayés.

Phædon d’Elis, pour lequel Socrate semble avoir eu une prédilection marquée (2), et qui, réunissant autour de lui quelques auditeurs de son maître, forma l’école d’Elis ou d’Erétrie, très-intimement liée à celle de Mégare, mais dont nous savons peu de chose.

Antisthène d'Athènes, qui avait été, avant de connaître Socrate, un professeur de rhétorique sophistique, fut l’auteur de la secte cynique et le précurseur de Zénon. Fidèle au maître qu’il avait adopté (3),1l imita sa méthode d'interroger les hommes, mais en mettant dans cet examen, par lui-même douloureux, un esprit de violence et d’arrogance qui était dans son caractère.

Aristippe de Cyrène avait été attiré à Athènes par la réputation de Socrate : aux jeux olympiques, il avait entendu Ischomachus parler de sa doctrine et de sa personne;

et n'eut pas de cesse qu’il ne fit sa connais-

(1) Noct. Att., VIT, 10.

(2) Plat., Phædon., 58 d, 89 a.

(3) Xén., Mem., III, LI, 17; Conv., 4, 44; Plat. Phœd., 59 b; Diog. L., VI, 2.

SON ÉCOLE 97 sance. Il a dû nécessairement entrer trèsavant dans son intimité, puisque Platon a cru devoir signaler son absence dans ce cercle d’amis qui se trouvèrent auprès du maître le jour où 1l but la coupe fatale. Ce qu’il y a de singuler, c’est que, comme Antisthène, il se croyait le fidèle interprète des principes de Socrate en développant, dans l’école cyrénaïque, les doctrines qui ‘aboutirent bientôt à la philosophie d'Épicure.

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