‹ Vie de Socrate (volume 3)Chapitre 4 sur 28 · VIII PRÉFACE · texte numérisé non relu

VIII PRÉFACE

vent rien fonder de certain: la raison est le seul arbitre, le seul juge. Il ne faut croire qu’à la raison quand il s’agit de décider ce qui est vrai comme ce qui est bien (1). A côté du doute méthodique, voilà donc Socrate qui proclame l'infaillibilité de la raison, quand elle consent à n'étudier qu’elle-même, et cette foi dans la ‘ conscience, On peut dire avec Hegel qu’elle est comme lavénement d’un Dieu nouveau.

Obéir à la raison, et n’obéir qu’à la raison, voilà la règle de la vie intellectuelle et de la vie morale, la dignité comme la grandeur de l’homme; mais s’il faut tout ramener, tout rap- | porter à la raison, c’est qu’il y a en elle des vérités certaines et universelles. En effet, enseigner, c'est accoucher ; apprendre, n’est que se souvenir. L’esprit est plein, la raison est grosse d'idées ; pour tirer ces idées des profondeurs obscures où elles se cachent, pour

les contrôler, les vérifier, il y a un art, et cet

(1) Plat., Crit., 46., D. pnden Sie à 20yo meibecbar.

PRÉFACE IX art, c'est la méthode épagogique, ou l'induction socratique. |

Cette méthode consiste essentiellement à ramener toutes nos opinions à des propositions claires et, sinon incontestables, du moins à peu près incontestées, diè uoxara ouorcyouuérw, et à les comparer à des faits si clairs et si simples que personne ne les puisse nier. C’est ainsi que nous pourrons découvrir ou démontrer la définition des choses, laquelle nous en. fait . connaître la véritable essence, le r/ &xaaroy. Cette essence des choses, c’est une idée, un universel, convenant à tous les objets individuels qui portent le même nom, mais qui n’en est ni

séparé ni séparable. Malgré cette réserve dont ,

Aristote est, il est vrai, le seul garant, il est évident que nous tenons ici le germe de l’idéa” lisme platonicien. | Socrate ne s’est pas borné à faire une critique de l'esprit, à fonder une méthode à la fois dé-

: ductive, puisqu'elle suppose les idées innées,

et inductive, puisqu'elle admet le raisonne-

ment par le semblable, qui repose au fond sur - a.

LA

Page 1