EXAMEN DES HOMMES
prit pas plus queTissue fatale ne Ten étonna; il semble Tavoir prévue, sinon désirée, comme on Ta soutenu.
Il faut reconnaître cependant qu'il ne fut arrêté dans cette mission si délicate et si dangereuse que vers la fin de sa vie. Pour la remplir ainsi presque jusqu^au bout, sans violence comme sans faiblesse, il fallait deux choses quç Ton n'^a pas revues dans Thistoire : une ville telle qu^Athènes, et un homme tel que Socrate, encore cet homme eût-il besoin d'être ou de se croire possédé par un dieu (1).
Toutefois Socrate, s'il considère cette vie philosophique, qui consiste non-seulement à s^'interroger et à se confesser soi-même, mais à interroger et à confesser bon gré mal gré, et publiquement, les autres (2), comme un devoir religieux, une obligation envers le dieu, il y goûte un plaisir et y trouve un bonheur qu'il ne cache pas. Il obéit, sans doute, aux dieux qui le lui ordonnent, mais sans cette constante étude de l'homme, de l'homme moral surtout, la vie lui semblerait bien misérable (3) : il n'y
(1) Plut. ad. Col., e. 1*7 : ôeoXTn-jpTou Mfoç 'Yevojxg'voo.
(2) Plat., Apol.,7Se * (piXcaocpoùvra ^f* xai ^ÇtrocCovra 8|xauTbv xal Toi>ç àXXouç,
(3j Plat., ApoL, 28 e: ^ xal àvs^^Taoro; Pioç où Piû)t«;
a pour lui qu^une vie désirable, la vie de Tesprif; qu'une vraie félicité, c'est l^effort actif de rame dans la recherche et, autant qu'elle le peut, dans la possession de la vérité.