PRÉFACE XV
C'est qu^en effet il y a une autre cause qui, plus que la beauté et la vérité des doctrines, a produit ce grand ébranlement.
La vérité philosophique et abstraite, les idées pures, ne suffisent pas pour exalter les âmes et former ces grands courants qui entraînent avec une force irrésistible dans des voies nouvelles et la science et la vie. L'homme ne donne son cœur qu^à Thomme. Pour le transporter et le ravir, pour exciter son admiration, son enthousiasme, son amour, il faut qu'ail ait sous les yeux la beauté réelle, concrète, la vérité vivante, ridéç, la penàée faite homme. Et ce n^est pas sans raison : la beauté de Tidée pure, .la vérité dans sa nudité abstraite est souvent trompeuse; la limite qui la sépare de Terreur, de la pure illusion subjective, est souvent délicate ; mais quand on voit les maximes et les théories réalisées dans un homme; quand on les voit parler, agir et vivre, alors Tâme est prise tout entière; Tidée devient un idéal concret et vivant, le doute n'est plus possible : on croit, on sait, on voit. La raison, le cœur, Tor-