‹ Vie de SocrateChapitre 14 sur 114 · XVIII PRÉFACE · texte numérisé non relu

XVIII PRÉFACE

les hommes qu'ils avaient jusqu'ici fait fausse route ; il fallait les prendre pour ainsi dire un par un, et, dans un entretien direct et personnel, les forcer à rentrer en eux-mêmes, à regarder, non sans une sorte d'épouvante, le véritable état de leur esprit et de leur âme, «t les amener à faire comme une confession publique et sincère de leur ignorance et de leur corruption. Le dialogue n'est pas ici, comme dans Platon, une forme inspirée par un sentiment d'artiste : c'est la forme nécessaire de l'examen de conscience de soi-même et des autres, que le Dieu a ordonné à Socrate de pratiquer et de recommander. On voit donc comment le fond et la forme même de la philosophie de Socrate sont étroitement liés à sa personnalité : jamais on ne vit un rapport aussi intime, une harmonie aussi parfaite entre la vie positive et la vie intellectuelle. Socrate s'est mis toutentier,chair etsang, corps et âme, vie et mort, dans sonœuvre; il n'est pas seulement le missionnaire de. la vérité : il en est le confesseur, le martyr. Cette unité de la pensée et de l'action, de la dialectique et

Page 1