PRÉFACE XIX
de la vertu, de la science et de la vie, principe de la doctrine socratique, si parfaitement conforme d'ailleurs à toutes les tendances de ^Fesprit grec (1), cette unité se montre éclatante dans la personnalité de Socrate : « Sa vie et sa philosophie, dit Hegel, forment un seul et même tout (2). » C'est aller trop loin sans doute, mais, en restant dans les limites de la vérité, on peut dire qu'on ne comprendra jamais parfaitement la .révolution intellectuelle dont Socrate est Tauteur, si Ton ne connaît pas sa personnalité, son caractère, sa vie. La mort môme qu'il souffrit avec un héroïsme si simple et si touchant, donna à son génie et à sa vertu ce je ne sais ^ quoi d'achevé et de sacré, qui en fit la plus belle leçon et la plus persuasive qu'il pût donner aux hommes. On ne résiste pas à une telle éloquence (3).
(1) On connaît cette maxime qui leur est si chère :
Xt-yeivre xat irpârreiv. '
(2) Hegel, Œuv.,i. XIV, p. Tfl.
(3) Senec. Ep. 6 : « Plato et Âristoteles, et omnîs in diversum itura sapientum turba, plus ex moribus quam ex yerbis Socratis traxit. »