‹ Vie de SocrateChapitre 22 sur 114 · LA PERSONNE DE SOCRATE. — SON CARACTÈRE. SON ESPRIT, — SON ÉCOLE · texte numérisé non relu

LA PERSONNE DE SOCRATE. — SON CARACTÈRE. SON ESPRIT, — SON ÉCOLE

Si nous n'avons, sur la première partie de la vie de Socrate, que des renseignements incomplets et incertains, il n'en est pas de môme des détails qui nous ont été conservés sur sa personne, et qui sont non-seulement abondants, mais paraissent avoir, en outre, un degré suffisant de valeur historique.

On sait que, dans Torigine, les portraits, en Grèce, sont nés du désir de conserver Timage des vainqueurs des jeux sacrés : ce n'étaient que des représentations, traitées avec liberté, du caractère physique et maral de ces individus ; mais Tart grée arriva bien vite à une fidélité plus exacte et à une reproduction plus vraie des personnes. Les artistes se guidèrent d^abord d'après leur caractère connu, les traditions, l^s portraits écrits laissés par les contetxxpor^^^^^'

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G^est ainsi que nous avons la tôte sublime d'Homère ; c'est ainsi que nous avons la tête riante, spirituelle et ferme de notre Socrate, évidemment imitée de celle de Silène, et modifiée par les détails tirés de Platon (1). Il n'est pas impossible que des données plus exactes et plus sûres aient servi à ceux qui nous ont transmis cette figure. En effet, il est vraisemblable que le buste a été fait sur la statue en bronze de Lysippe, et quoique Lysippe ait vécu trop tard après Socrate pour le connaître, il a pu .travailler d'après des dessins, ou des pierres gravées, ou des médailles, ou des reproductions plastiques, qui, dans un temps si glorieux pour la sculpture, ne devaient être ni rares ni inexactes (2).

Le goût des anciens d'orner leurs bibliothèques ou leurs musées des bustes des poètes et des philosophes , a contribué à multiplier ces reproductions, qu'on peut considérer comme à peu près fidèles. D'après le buste qu'on peut voir

<l) Diog. L., 11. 43 ; Plat., Banq., 215 b; E. Q.Visconti, Iconographie grecque, V^ partie^ p. 77, 80, PL 18.

(2) Voir, sur les gemmes de Socrate, la plupart allégoriques ou capricieuses, l'ouvrage de Macarius, cité par Oit. Mtkller : « Abraxas, i^u apistopistus quas est antiquaria de gemmis basilidianis disquisitio.» Anvers, 1674, 4; il y a eu une réédition en 1657 avec un commentaire de Jean Ghifflet.

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