‹ Vie de St. François Xavier de la Compagnie de JésusChapitre 3 sur 79 · PREFACE · texte numérisé non relu

PREFACE

Après avoir donné au public la vie de saint Ignace , je n'ai pu me dispenser d'écrire celle de saint François Xavier. Outre qu'il était juste que le fils suivît le père, il nj'a semblé que ces deux saints ayant eu tant de liaisons ensemble , l'histoire de Tapôtre des Indes et du Japon ferait encore mieux connaître le fondateur de la compagnie de Jésus : d'ailleurs , une infinité de personnes, même du monde et de la cour» ont témoigné no si grand désir d'avoir en notre langue une histoire complète de saint Xavier , que j'ai cru qu'on me saurait gré de mon travail , et qu'eq satisfaisant à ma dévotion particulière je ferais plaisir au public.

Les mémoires sur lesquels j*ai travaillé iii'o''nt fourni tout ce que je pouvais souhaiter pour la perfection de mon ouvrage , en ce qui regarde la vérité et les ornements de l'histoire \ car sans parler de Turselin et d'Orlandin, j'ai lu exactement Lucena et BartoH. Le premier a écrit en portugais, et son livre a ponr titre : Historia da vida do padre Francisco de Xavier, et do que fixeram na Jndia os religiosos da compankia de Jesu. n ditqn'il a eu entre les mains les copies authentiques des informations qui furent faites par l'ordre de Jean III , roi de Portugal , sur les actions du bienheureux père Xavier, et les originaux de plusieurs lettres écrites des Indes sur le-méme sujet, lesquels se gardent encore au jourd'hiii daos les archives du collège de Coïmbre. Pour Bartoli , si connu par ses ouvrages et qui est un des meilleurs écrivains d'Italie , il a tiré dt s archives de la maison professe d^ Rome et des actes de la canonisalion, ce qu'il dit Su saint dans la première partie de l'histoire de la compagnie de Jésus, intitulée VAsie,

Quoique ces deux historiens aient ramassé, en quelque façon , tout ce qui se peut dire sur saint François Xavier, je n'ai pas laissé de voir ce que les autres en ont écrit , et j'ai lu principalement le livre de Nieremberg, intitulé ClarosVarones; l'histoire des Indes, de Maffei , et celle de Jarric; l'histoire ecclésiastique du Japon , de Solier ; l'histoire castillane des missions que les Pères de la compagnie de Jésus ont faites en l'Inde

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orientale et au royaume de la Chine et du Japon , composée par Louis de Guzman; et enfin Tbistoire portugaise des voyages de Fernand MendezPinto.

Mais comme saint François Xavier écrit lui-même une partie des choses qui lui sont arrivées aux Indes et au Japon , je me suis fort attaché à ses lettres , et j'en ai tiré des lumières qui ne m'ont pas peu servi à éclaircir la vérité. Ces lettres m'ont fourni aussi de quoi rendre la narration plus animée et plus touchante, en faisant quelquefois parler le saint et mêlant ses sentiments av«c ses actions.

J'avais presque achevé mon ouvrage, lorsque J'ai reçu d'Italie et d'Espagne deux vies de saint François Xavier, que je n'avais point encore vues : l'une fort nouvelle, écrite en italien par le père Joseph MafTei ; l'autre, plus ancienne, écrite en espagnol par le père François Garcia. Je n'ai guère trouvé dans ces deux livres que ce que j'avais remarqué ailleurs; mais j'ai pris beaucoup de plaisir à les lire, tant ils sont écrits correctement et poliment chacun en sa langue.

Au reste, de tous les historiens que je viens, de citer, il n'y a que l'auteur de la nouvelle vie italienne qui n'ait pas suivi Terreur commune touchant l'âge de saint François Xavier, que les autres, faute d'avoir su précisément l'anaée et le jour de sa naissance, font plus \\eux de dix ans qu'il n'était, pour le faire naître vers le temps que Yasco de Gama découvrit les Indes orientales..

Le père Mafféi s'est réglé en cela sur le père Poussines (*} , ce savant homme h qui nous devons les nouvelles lettres de saint François Xavier, et qui a composé une dissertation latine touchant l'année de sa naissance.

Il produit, dans sa dissertation, un papier latin, écrit, seion toutes les apparences, en l'année 1585 , et trouvé dans les archives de la maison de don Jean Antoine comte de Xavier. Sur ce papier, où il est parlé des ancêtres et de la naissance du saint, et qui est très probablement, ainsi que le juge le père Poussines, la minute d'une lettre écrite à Rome, où était alors le docteur Navarrois , auquel la lettre renvoie; sur ce

('; Pétri Possini , è Societate Jesu , de anno natali sancti Francise; Xaverii Dissertatio. Tolosœ, 1677.

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