‹ Vie de St. François Xavier de la Compagnie de JésusChapitre 9 sur 79 · LIVRE PRBlflBR · texte numérisé non relu

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» table. Que, s'il y avait assez de coofesseurs pour en- » tendre tous les geos qui viennent en fouie à la cour, » on ne traiterait de nulle affaire avec le roi , qu'aupa- » ravant on ne se fàt bien mis avec Dieu. »

L'accablement où étaient les deux ouvriers évaogéliques les obligea d'accepter la nourriture qui leur avait été assignée par Tordre du prince ; car ils crurent employer mieux leur temps à servir les âmes qu'à chercher dans la ville de quoi vivre. Ils ne laissaient pas néanmoins de mendier une fois ou deux la semaine , pour entretenir toujours l'esprit de mortification et de pauvreté : c'était aussi dans ces sentiments que, prenant pour eux assez peu de ce qu'on leur envoyait du palais, ils distribuaient tout le reste aux panvres.

D'ailleurs , le travail assidu des confessions les réduisit à ne prêcher' presque plus, faute de loisir. Mais, ayant bien examiné toutes choses, ils jugèrent qu'il était plus important , pour le service de la Majesté divine, d'administrer le sacrement de pénitence que d'annoncer la parole de Dieu en chaire , par la raison que la cour de Portugal ne manquait pas de prédicateurs , et qu'elle avait peu de bons confesseurs. C'est la remarque de Xavier même dans la lettre que nous venons de citer%

Des fruits si visibles et si merveilleux firent regarder i^ deux missionnaires comme des hommes envoyés du Ciel et remplis de l'esprit de Dieu. Aussi tout le monde leur donna le surnom d'apôtres , et ce titre glorieux est demeuré à leurs successeurs dans le Portugal. Le roi leur témoignait en toutes rencontres une affection particulière ; et Xavier , charmé des bontés du prince, 6n écrivit de la sorte au père Ignace :

« Nous tous, qui sommes de la Compagnie , avons » beaucoup d'obligation au roi de la bienveillance qu'il » a, soit pour vous autres qui êtes à Rome , soit pour » nous qui sommes ici. J'ai su , de l'ambassadeur Mas- » caregnas , que Sa Majesté lui a dit qu'elle serait très » aise de ramasser dans son royaume tous tant que

* nous sommes de la Compagnie , quand même il fau- » drait employer une grande partie de ses revenus pour

* nons entretenir.

» Ce bon prince, dit Xavier dans une autre lettre ,

B qui a une si tendre îndination pour notre Compagnie, » et qui en souhaite l'avancement comme un de nous, » nous engage bien par4à à lui vouer éternellement nos » services ; et nous serions coupables d'une horrible în- ^ gratitude , nous serions même indignes de vivre , si • nous ne faisions une profession publique d'être ses Si serviteurs, et si; tous les jours de nptre vie, nous » ne tâchions de reconnaître , par nos prières, autant y> qu'il est possible à notre faiblesse , toutes les bontés » d'un protecteur si généreux et d'un bienfaiteur si y» magnifique, »

L'infant don Henri , qui fut nommé cardinal peu de temps après, et qui vint à la couronne, dans la suite des années, parla mort de don Sébastien , n'avait pas moins d'affection pour eux que le roi son frère. Comme il était grand inquisiteur, il donna aux Pères un pouvoir absolu en son tribunal, et leur permit de traiter librement avec tous les prisonniers de l'Inquisition.

Quelques-uns des principaux de la cour furent si touchés de la vie apostolique de Xavier et de Rodriguez, qu'ils voulurent embrasser leur Institut, comme quelques hommes doctes de la ville avaient déjà fait. Enfin tout leur réussissait tellement, que Xavier e^ avait de l'inquiétude : il s'en plaignait quelquefois, et disait que la prospérité était à craindre jusque dans les plus saintes entreprises ; que la persécution valait beaucoup mieux , et que c'était la plus sûre marque des dtsh ciples de Jésus-Christ.

Les deux missionnaires destinés aux Indes vivaient delà sorte, et attendaient avec impatience le temps propre pour la navrgaiion , lorsque le roi , considérant tout le bien qu'ils avaient fait en si peu de temps parmi la noblesse et parmi le peuple , songea à les retenir dans le Portugal. Il lui semblait que l'intérêt de sùù royaume devait lui être plus cher que celui des terres étrangères, et que ces nouveaux ouvriers feraient plus de fruits dans un pays catholique que dans des contrées barbares.

Pour ne rien faire toutefois queprudemnient, il assembla son conseil et proposa la chose lui-même. Tous approuvèrent la pensée du roi , hors l'infant don Henri , qui représenta fortement que Xavier et Rodrigaes ayan t

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