AUX SAINTS
De la dévotion de Berchmans à Notre Dame naissait sa dévotion au glorieux saint Joseph, à sainte Anne, à saint Joachim, au disciple bien-aimé que Jésus donna pour fils à Marie ( i ).
Jean disait, un jour, au Frère coadjuteur Guillaume Bolognino : « Depuis que j'ai de la dévotion à saint Joseph, je ne lui ai demandé aucune grâce que je ne Taie obtenue » (2).
Quand il sut que le 19 mars 1621 était le jour fixé pour son examen sur toute la philosophie, il écrivit : « Le protecteur de cet examen sera saint Joseph; ma médiatrice, la Bienheureuse Vierge. Pour obtenir l'effet de ce patronage, je prendrai la discipline une fois; je ferai une mortification ou une pénitence au réfectoire, je réciterai un chapelet, et je demanderai sa bénédiction au R. P. recteur. Si je réussis, je dirai trois chapelets en Thonneur de saint Joseph.
« Le matin de l'examen, je parcourrai mes thèses, et si la Bienheureuse Vierge et saint Joseph nVaident assez pour que
(1) « Sanctos mire vcnerabatur. Varios ex eis delegerat patronos, quos alternis hebdomadis variabat; catalogum eorum et ordinem mihi aliquando recitavit. »
Ces lignes du P. Corneille de La Pierre ne sont pas en contradiction avec les suivantes de Louis Orlandini : Jean pouvait, en effet, honorer toujours certains patrons, et en vénérer périodiquement certains autres :
« Il benedetto Fratello Giovanni aveva sette santi à quali dava perciascuno un giorno délia settimana. La domenica, a San Giuseppe : — nelle seguenti giorni non so tanto di certo... : al lunedi, B. Padre nostro Ignazio; — martedi, B. Francesco Xaverio ; — mercoledi, B. Luigi; — giovedi, B. Stanislao; — venerdi, S. Giovanni, o S, Angelo custode; — sabalo, Santa Anna, o la Beata Vergine ».
(2) « Mi disse, una volta, che dopo che piglio la devozione di San Giuseppe, mai gli aveva domandato grazia, che non l'avesse ottenuta ». — Summar.
2oo LE B. BERCHMANS A ROME.
j'aie le temps de les parcourir toutes, je ferai quelque chose de plus pour eux ».
« Le 19 mars, dès le matin, raconte le P. Gaudt, Jean vint me prier d'offrir pour lui la sainte Messe, afin que son examen réussît, à l'honneur de la Compagnie. Je le fis, et Payant rencontré plus tard, le même soir, comme je le félicitais : — Saint Joseph, me dit-il en souriant, saint Joseph a répondu aux difficultés qu'on lui a faites » (1).
Jean honorait aussi d'un culte particulier son ange gardien, auquel il adressait, tous les jours, la belle prière suivante, retrouvée dans ses écrits : « Saint Ange, bien-aimé de Dieu, qui depuis le jour où je fus mis sous votre garde ne cessez de me protéger, de m'éclairer et de me gouverner; saint protecteur, je vous vénère; fidèle gardien, je vous aime, et sans réserve je me fie à votre charité et m'abandonne à votre conduite. Bien que ingrat et rebelle, je vous en prie néanmoins, pour l'amour de Jésus, ne m'abandonnez pas; mais plutôt, que j'aie toujours en vous un guide qui me dirige, un maître qui m'instruise, un ami qui me relève. Consolez-moi dans mes tristesses, secourezmoi dans les dangers, introduisez-moi enfin dans la Patrie. Ainsi soit-il » (2).
« Jean, dit le Père Cépari avait coutume de saluer les anges gardiens des personnes qu'il rencontrait, ou de leur adresser une prière en faveur de leurs protégés. C'était aussi pour honorer ce charitable protecteur, qu'après avoir salué quelqu'un avec son affabilité ordinaire, il semblait s'écarter un peu respectueusement, comme pour lui laisser plus libre et plus large passage ».
(1) «San Giuseppe ariposto agli argomenti propostili ». Plusieurs Saints, d'accord en cela avec un grand nombre de doctes et pieux écrivains, ont penséque saint Joseph était, quand il épousa Notre Dame, non pas un vieillard, mais un homme d'un âge assorti à celui de Marie. Le Bienheureux Jean partagea ce sentiment : il écrit dans un de ses cahiers de notes : — « Sanctus Joseph vir erat Jlorenti cetate. non senex ».
(2) Angele sancte Deo dilecte, qui me tua: beatœ curœ ab ortu meo commission perpeluo protegis, illuminas, régis : esro te Patronum veneror, custociem amo. tuœque me devotioni subjicio ac prorsus trado gubernandum. A te ergo per Jesum Christian peto suppliciter ut me, quamvis ingratum et contra tua monila agentem, ne deseras; sed benignus errantem dirigas, ignorantem erudias, jacentem erigas , acictum soleris , periclitantem libères, donec in ccelum ad œtern am felicitatem perducas. Amen.