‹ Vie de St. Jean Berchmans de la Compagnie de JesusChapitre 34 sur 61 · CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI

Tous ceux qui étudièrent et connurent le B. Jean Berchmans l'affirment, ce furent les Règles et les méthodes de la Compagnie de Jésus, qui consommèrent sa sainteté. Les Règles l'unirent pleinement à Jésus Christ, et ce fut dans cette même voie que Notre Seigneur voulut le conduire jusqu'à la perfection.

« Jean visait, pour la gloire de Dieu et le salut des âmes, à une sainteté signalée, et le moyen universel qu'il employa pour l'acquérir fut l'observation très exacte des Règles. Sa sainteté ne fut que l'expression même du sommaire de nos Constitutions et de nos Règles.

« Sa conduite me sembla n'être pas autre chose que la très vivante pratique de tout ce que l'on peut désirer en un parfait religieux de la Compagnie, selon le type qu'en a tracé notre saint fondateur. J'admirai cela en lui, dès les premiers temps, et mon admiration ne fit que grandir. Le type, en effet, fut reproduit avec toute sa perfection, sans mélange d'aucun défaut, même très léger ». Ainsi parlent le P. Cecotti, le P. Massucci et le P. Lorenzini : les deux premiers furent confesseurs de Berchmans.

Un jeune novice de Malines formulait plus nettement encore cette pensée; il écrivait : « Je le tiens de ceux qui ont vécu ici avec Jean Berchmans; il a été une copie vivante des Règles, une Règle vivante (i) ».

(i) Ex his qui cum Joanne Berchmans in Socieiate vixerunt, habeo fuisse illum norman expressam regularum. — Nicolas Jamot, novice à Malines, en 1618.

26o LE B. BERCHMANS A ROME.

Voici maintenant comment il exprime lui-même l'affection qui l'attachait aux lois, aux Règles de la Compagnie de Jésus :

« Fais que l'Institut te soit familier : plus tu l'aimeras, plus tu progresseras, et tu dois l'aimer comme tu aimes ton Bienheureux Père; car, de même que la vie du saint Père Ignace manifeste ses œuvres, ainsi les Exercices révèlent son cœur et les Constitutions sa pensée.

« J'emploierai les trois premiers jours de chaque mois à méditer toutes les Règles.

« Je veux haïr, comme la peste, une dispense dans l'observation des Règles.

« S'il m'arrive jamais de faire contre quelque règle un manquement qui mérite une pénitence, cette pénitence je la demanderai humblement toute ma vie.

« Plutôt mourir, que de violer aucune règle pour garder la santé.

« Je veux être mis en pièces idisrumpar), plutôt que de transgresser volontairement la moindre ordonnance, la moindre règle-, plutôt perdre toute santé que de négliger, pour elle, une règle quelconque ».

Il révèle ailleurs le secret de son amour passionné pour la Règle de saint Ignace : « L'Institut de la Compagnie, dit-il, est si parfait, si modelé sur les préceptes et les conseils évangéliques, qu'en l'observant fidèlement dans ses prescriptions communes, non seulement je deviendrai saint et parfait, mais j'atteindrai le degré le plus élevé de la perfection ». Cette parole du Bienheureux a d'autant plus d'autorité, qu'il avait de l'Institut de Saint-Ignace une connaissance plus profonde.

Or, c'est l'attestation énergique de tous ceux qui vécurent avec lui, Berchmans s'attacha fidèlement à la pratique de ces Règles, sans jamais en violer aucune. On retrouve partout, dans le procès, l'affirmation suivante des supérieurs, des maîtres, des condisciples du Bienheureux : « Je suis prêt à jurer que je n'ai pas vu, une seule fois, Berchmans transgresser une Règle ».

Le Père Bargagli, ministre, et à ce titre gardien de l'observation des Règles, parle ainsi, au procès : « Ni di sopra, ni da basso, je n'ai pu discerner dans la conduite de Jean rien

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