‹ Vie de Toussaint-L'OuvertureChapitre 11 sur 97 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

assemblée coloniale ; massaeres au Cap. — Cordon de l^Ouest.

Le lecteur vient d'assister à une série de crimes commis par des hordes d'esclaves marchant à la conquête de la liberté ; le sanglant tableau qu'il a eu sous les yeux , a dû plus d'une fois le glacer d'épouvante : pourquoi n'avons-nous pas, hélas ! à opposer à ce tableau , le tableau de la vertu des maîtres ?

La seconde assemblée coloniale avait ouvert ses séances au Cap , sous la présidence du marquis de Cadusch, planteur de la plaine des Cayes, homme perdu dlionneur, ancien membre de l'Assemblée de Saint-Marc,

Cette assemblée commença par outrager la mère patrie , en attribuant à sa phase révolutionnaire, tous les maux de la colonie, comme si les hommes, quelles que fussent leurs couleurs, devaient s'immobiliser éternellement au sein du despotisme ! Cette assemblée s'adressa aux colonies étrangères pour des secours, ce qui était bien ; sans instruire la mère-patrie des malheurs de l'île, ce qui était mal.

Et, en attendant l'asssilance des îles voisines, elle avait établi en permanence des instruments de mort dans la ville du Cap; le soir même de l'insurrection, on avait fait périr , sans forme de procès , dix-sept hommes de couleur, sous prétexte qu'ils en étaient les moteurs !

Ainsi au Cap les mulâtres avaient payé de leur sang l'insurrection de Bouckman ; cinq potences y furent établies, où passèrent de vie à trépas, tous ceux que la suspicion attaquait de son venin, qu'il fût noir ou jaune; une cour prévotale couvrait l'iniquité de l'apparence des formes; les esclaves, même les plus fidèles, ceux qui fuyant des habitations avec leurs maitres, dirigeaient leurs pas vers la ville, y recevaient , la plupart du temps la mort, quand, dans leur route, ils n étaient pas massacrés par quelque détachement blanc.

C'était, comme le lecteur le voit, vengeance pour vengeance, crime pour crime; dans cette lutte, l'homme civilisé se déshonorait autant que 1 homme barbare.

Cependant l'insurrection du nord , malgré son intensité , n'avait pu gagner l'ouest qu'un cordon , commandé par M. de Fontanges , protégeait de la Marmelade, petit village prés du Dondon limite de la terre française, jusqu'au port de mer des Gonaïves, alors village, aujourd'hui une des cités les plus ûorissantes de l'île ; en deçà de ce cordon des événements bien graves s'accomplissaient.

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