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CHAPITRE IX

Confédération «le l'Ouest. — déportation «les unisses ; coniliat.

Beauvais , comme Rigaud , avait fait mettre bas les armes aux blancs; un traité de paix avait été signé, par lequel les juges d'Ogé furent voués à l'exécration des siècles. Ce traité reconnaissait la ligilimité des droits de tout homme libre, qu'il fût noir , jaune ou blanc, à l'égalité des droits politiques.

La confédération des hommes de couleur était

rentrée au Port-au-Prince le 24 novembre avec tous leshonneurs militaires;chacun se reposait sur les promesses de la foi jurée. Les affranchis occupaient deux principaux postes, le Belair et le Gouvernement. Dans leurs rangs se trouvaient trois cenisesclaves

qu'ils avaient enrôlés sous le nom deSuùseSy par analome avec les Suisses de la monarchie; ces esclaves armés par les blancs , ralliés à la cause de la liberté par Pétion, n'entendaient plus rester sous le joug de leurs maîtres. Mais les blancs, sous prétexte qu'ils pouvaient engendrer des principes pernicieux, négociaient leur déportation à la baie de Hondouras. Cette prétention irritait Rigaud, déjà trop irritable, fesait frémir Pétion, l'homme le plus philantrope parmi les siens, rugir Daguin , le plus révolutionnaire des confédérés.

Mais Beauvais et Lambert, le premier mulâtre, le second nègre, s'étaient laissés circonvenir par les blancs; ils votèrent la déportation des Suisses, Ces pauvres héros pensaient consolider par celte mesure la paix de Tile. Mais, comme s'il y avait un terme quelconque avec le despotisme, ils ne tardèrent pas à recueillir les fruits de leur coupable complaisance.

Les Suisses, composés d'esclaves nègres et d'esclaves mulâtres, furent embarqués le 5 novembre, jetés sur la côte de la Jamaïque d'où, renvoyés et rembarques, ils devaient les uns être noyés, les autres je(és sur les côtes du Cap, et là, présenter le spectacle de leurs souffrances et donner plus tard à Toussaint la légitimation de ses colères.

Mais le sacrifice odieux des Suisses ne maintint pas la paix : un noir, tambour, du nom de

Scapin, fut, à la suite d'une rixe avec un blanc, arrêté, jugé prévotalement et pendu à un réverbère. Les mulâtres prirent fait et cause pour lui 5 un d'entre eux , le capitaine Valmé Cortades, de garde non loin du Gouvernement, abattit dans son indignation, un blanc du nom de Cadot, soldat de la garde nationale, qui passait à cbeval. Alors la générale battit de tous côtés; les régiments d'Artois, de Normandie, Tartillerie royale et la garde nationale blanche, vinrent assaillir le gouvernement où Beauvais et Lambert avaient leur quartier-général.

Le capitaine Pétion qui conmandait lartillerie de ce poste, par soo habileté arrêta Tardeur des assaillants , sauva sa caste d^une épouvantable catastrophe et mérita de la bouche de Rigaud le surnom de brave.

Enfin les hommes de couleur avaient abandonné un« ville que les aventuriers qui y fourmillaient avaient livrée comme une proie à l'incendie. Ils avaient repris leur campement à la Croix-des- Bouqupts.

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