CHAPITRE XXIV
Toussaint'Ii'OuTerfure paisse an service de la France.
Je viens de dessiner les événements généraux : il fallait que le lecteur trouvât des jalons dans la course rapide que va faire L'Ouverture dans l'histoire des colonies.
Toussaint se sentait enfin à l'étroit dans le camp des Espagnols; la fortune avait agrandi l'horizon de sa vue politique; méprisant la stupidité de son général Blassou, il voulait passer sous les drapeaux de la France républicaine. Un mulâtre surtout l'y détermina : c'était un de ses lieutenants, Chevalier, commandant le village de Terre-Neuve, et que Laveaux avait converti à la révolution. En cédant aux conseils de Chevalier, Toussaint prouva un bon sens au-dessus de celui de ses anciens généraux.
Jean-François, dans ses démêlés avec Blassou, avait un jour appesanti sa colère sur Toussaint, dont il redoutait les conseils influents; il l'avait fait arrêter et conduire dans les prisons de Vallière; Blassou l'en avait délivré. Ce fut cependant en s'attaquant à la personne de ce dernier chef que Toussaint inaugura la trahison qu'il méditait contre l'Espagne quil avait jusqu'alors si dévoternent servie.