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Blassou était campé sur l'habifatiori Lariviére^ près du village d'Ennery, chargé d'un plan de conquête contre les hauteurs du Borgne, de Plaisance; de ia Marmelade, du Dondon et du Grand-Boucan qu'occupaient des révoltés qui méconnaissaient ses ordres; après avoir balayé ces localités, il devait marcher contre le Cap (^). Ce chef commençait à faire replier plusieurs postes que Toussaint avait établis et qu'il jugeait inutiles à la réalisation de ses projets; mais Toussaint entra en fureur, fit rétablir les postes tels qu'il les avait placés , puis, après avoir fait sortir sa femme de Saint-Raphaël et Tavoir fait rentrer à la Marmelade, il cerna Biassou au camp de Larivière: celui-ci n'échappa que par miracle à son ancien aide-de-camp et se rendit à Saint-Raphaël que Toussaint dans son audace approcha ; il tenta aussi de s'emparer de Cabrera, avec qui il avait jusque-là si bien vécu (2).
Toussaint proclama la liberté générale dans tous les quartiers qui se trouvaient sous sa dépendance : (3), aux Gonaïves, au Gros-Morne, au canton d'Ennery, à Plaisance, à la Marmelade , au
(1) Plainte en date du k avril 1794 par le député des émigrés français au président gouverneur et capitaine général en cette colonie. — Archives générales.
(2) Plainte précitée.
(3) Lettre de Laveaux du 24 mai 1 794, à la commission, datée du Port-de-Paix,
Dondon, à VAcul et dans le Limbe; partout, dans ces endroits, il fit, le 4 mai, descendre le pavillon espagnol et arborer le drapeau tricolore (1) .
C'était toute une révolution : deux cents des pauvres émigrés qui étaient rentrés dans ces qiiartiers furent massacrés impitoyablement. Toussaint se défend bien de ce carnage: « J'ai le cœur, dit-il « à Laveaux, navré de l'événement qui a sévi sur « quelques malheureux blancs qui ont été victimes » dans cette affaire. Je ne suis pas comme bien d'au- « très qui voient les scènes d'horreur avec saiig- « froid ; j'ai toujours eu l'humanité pour partage, et « je gémis quand je ne puis empêcher les ma$- « sacres. »
Laveaux annonça à la commission, qui était encore auPort-au-Prince^ la reddition deToussaint-l'Ouverture et lui demanda le grade qu'il devait lui donner dans l'armée. Sonthonax félicita Toussaint de son entrée au service de la France; mais nous remarquons qu'il ne lui assigna aucun litre militaire; Laveaux même n'accordait que celui de colonel à
l'ancien général d'armée (2), et Toussaint lui-même
(1) Lettre à Lavaux, datée de la Marmelade , 18 mai 179^,—- Bibliothèque nationale, section des manuscrits.
(2) C'est à tort que M. Madiou dit que Laveaux nomma alors Toussaint général de brigade ; c'est à tort aussi que, répétant uu mauvais pamphlet signé Dubroca, il fait dater au 25 juin l'entrée de Toussaint au service de la France,
île .souscrivait ses actes que sous ia rubrique de commandant-général du cordon de l'Ouest.