‹ Vie de Toussaint-L'OuvertureChapitre 82 sur 97 · CHAPITRE LXXI · texte numérisé non relu

CHAPITRE LXXI

Procljimatiolt du premiep consul aui^ liabîtants de Saint-Doittingue.

Cependant le général Leclerc avait pris possession, ainsi que nous Tavons vu, de la ville du Cap, et y avait fait publier la proclamation du premier consul aux habitants de Saint-Domingue:

T.E PBKHIIER COMSVE. AUX HABITAMTS DK SAIMT-DO«

« Quelles que soient votre origine et votre couleur, vous êtes tous français, vous êtes tous libres et tous égaux devant Dieu et devant les hommes.

V La France a été comme Saint-Domingue en proie aux factions et déchirée par la guerre civile et par la guerre étrangère ; mais tout a changé, tous les peuples ont embrassé les Français et leur ont juré la paix et l'amitié. Tous les Français se sont aussi embrassés , et ont juré d'être tous des amis et des frères. Venez aussi embrasser les Français et vous réjouir de revoir vos amis et vos frères d'Europe.

(( Le gouvernement vous envoie le capitainegénéral Leclerc. Il amène avec lui de grandes forces pour vous protéger contre vos ennemis et contre

les ennemis de la République. Si ion vous dit: Ces forces sont destinées à vous ravir la liberté, repondez : La République ne souffrira pas qu'elle nous soit enlevée.

(( Ralliez-vous autour du capitaine-général. Il vous apporte l'abondance et la paix. Ralliez-vous autour de lui. Qui osera se séparer du capitaine-général sera un traître à la patrie, et la colère de la République le dévorera, comme le feu dévore les cannes dessécbées.

ce Donné à Paris, au palais du gouvernement, le M brumaire, an x de la République française- (8 octobre J801). Le premier consul : (Signé), Ronaparte.

Ce langage superbe , que Bonaparte prenait sans'doule pour une poétique inspiration du ciel oriental qu'il avait naguère visité , n'était rien autre' cbose qu'une jactance rédigée par quelque perfide colon. Ce langage n'était fait que pour enflammer à Saint-Domingue l'amour de la liberté et porter les habitants à repousser des rivages les armées de la France.

Cependant le général Leclerc attendait des nouvelles des différentes divisions qu'il avait envoyées contre les autres parties de l'île.

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