‹ Vie de Toussaint-L'OuvertureChapitre 87 sur 97 · CHAPITRE LXXVI · texte numérisé non relu

CHAPITRE LXXVI

lieclerc attaque e» personne la Crète-à-Pierrot. — Boitibardieiiieiit et évaciiatioia.

Leclerc avait donc paru en personne devant la Crète à-Pierrot ; il en ordonna l'assaut (30 ventôse, 24 mars). Le général Boudet avança intrépidement avec toute sa division; — déjà ses soldats sont sur la contrescarpe, mais la garnison se rejette comme au premier assaut derrière les abattis et démasque les batteries qui vomissent la mort.— -Le général Eoudet/ blessé au pied, ordonne la retraite, — pendant que le général Leclerc, à la tête de la réserve, composée de la 9* demi-brigade et de la 74% se portait en avant appuyé d'une pièce de 4 et d'un obusier. Leclerc, pour appuyer la retraite de Boudet ;, arrive à demi-portée de fusil du Fort-Louverture ; — il est obligé dans cette position de combattre, pendant trois beures , pour protéger la division Boudet; un adjudant à l'état-major, Clément, est tué à ses cotés; l'adjudant-commandant Deveaux est blessé. Beaupré, INétervood , Perrin et Lebrun, tous ces quatre

derniers, aides-de-camp, sont aussi blessés à côté de Leclerc. Le général Dugua reçoit une mitraille à la jambe,'— enfin lui-même, le général Leclerc, reçoit une contusion au bas-ventre; — son écharpe et son gilet sont percés par une balle.

La retraite s'était efïectuée ; — le feu avait cessé. Leclerc ordonna débloquer bermétiquement les deux positions et de les réduire par la famine. — On fit alors venir de Saint-Marc un mortier et plusieurs obusiers — Le bombardement commença le 1" germinal (22 mars). Pétion eut la direction du mortier; il jeta plu sieurs bombes dans le fort; dans la nuit du 3 germinal (24 mars), les garnisons des deux forts, manquant de vivres etd'eau, songèrent àévacuer.Lamartiniére évacua d'abord sa redoute; mais, par un mal entendu, il fut accueilli au grand fort oii il se dirigeait, par une fusillade à bout ponant. — Magny et Vernet croyaient à la présence de l'ennemi, et Lamartiniére croyait au contraire que les Français étaient maîtres du fort. — Quand on se fut reconnu, on disposa de la marche. — Les canons furentencloués, la poudrière sautée et, dans le plus profond silence, Lamartiniére, qui dirigeait l'évacuation, se porta directement sur le quartier-général de Rocbambeau; en habile soldat, il savait que, d'habitude, un quartier-général est l'endroit le moins gardé. —Sans les coups de fusils échangés avec l'avant-poste de ce quartier-général, et qui reveillèrent en sursaut le général Rocham-

heaii, ce général eût, été prisonnier. ïl n*eut que le temps de se jetter par une fenêtre et d'abandonner la maison qu'il occupait. — Quand les Français prirent le lendemain possession du fort , ils n'y trouvèrent que des blessés et des malades : Lamarliniére avait rejoint Dessalines à Marchand.

Leclerc dirigea aux Gonaïves — la division Rochambeau , au Cap — la division Hardy, a Saint- Marc — la division Boudet.

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