‹ Vie de VoltaireChapitre 12 sur 85 · AU DIX-HUITIÈME SIECLE · texte numérisé non relu

AU DIX-HUITIÈME SIECLE

Voltaire, de retour dans son Paris, redevient bientôt le poète favori des salons. Les salons jouent, au xviii* siècle, un rôle littéraire au^sî considérable que les ruelles et les alcôves au début du xviie. Ils ont un point commun avec les réunions de la société précieuse : ils sont présidés par quelque femme du monde. Mais il y règne un ton et un esprit très différents : c'est tout le contraire de la pruderie. Les femmes alors s'émancipent ; elles écoutent tout à Tabri de leur éventail et plus d'une dirait volontiers comme l'impératrice Catherine II à Diderot qui hésitait à raconter devant elle une anecdote scabreuse : « Allez, allez, entre hommes tout est permis. «Grande liberté de mœurs, grande liberté de langage et d'idées, voilà ce qui caractérise la plupart des salons du temps. Ce sont des terrains neutres, où grands seigneurs et roturiers se coudoient, oti Tart de causer est poussé bien près de sa perfection. Entre tous ces brillants esprits, c'est à qui brillera le plus ; c'est un feu d'artifice perpétuel, un pétillement éblouissant de saillies, de mots spirituels, de pensées neuves et piquantes. On ne saurait désirer plus d'agilité, de finesse, de dextérité. Et qu'on ne s'y trompe pas : la légèreté est à la surface, mais le sérieux est au fond. Les questions qu'on débat le sourire aux lèvres sont

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