VOLTAIRE A LA COUR ET A CIREY I
Cette excursion à travers le xviiic siècle n'est pas une digression. Pour comprendre Voltaire, il faut connaître le milieu où il a vécu. Reprenons maintenant la suite des événements qui composent sa vie.
En 1733, Voltaire se trouve en relations intimes avec une femme qui tient dans sa vie une place considérable. C'est la marquise du Châtelet. La belle Emilie, comme Voltaire l'appelle galamment, n'était peut-être pas très belle, à en croire surtout ses bonnes amies, qui, suivant Tusage, l'ont déchirée à belles dents. Mais c'était une femme fort intelligente et fort instruite. Elle avait tâté du latin, puis elle s'était lancée dans l'étude des mathématiques et du système de Newton. Elle aimait aussi à observer les astres et ne craignait point d'envoyer à l'Académie des sciences des mémoires qui faillirent être couronnés. Il ne faut pas toutefois se la figurer comme une des femmes savantes de Molière, pédante, maniérée, occupée uniquement de ce qui se passe dans la lune, braquant toujours contre le ciel
Quelque grande lunette à faire peur aux gens.
Elle aimait autant le théâtre que la géométrie, le monde que la retraite. — Comme le disait Voltaire :