‹ Vie de VoltaireChapitre 57 sur 85 · LUTTE CONTRE LES ABUS · texte numérisé non relu

LUTTE CONTRE LES ABUS

faire réhabiliter le chevalier de Labarre. Il n'y put réussir. Il parvint du moins à sauver son ami, Gaillard d'Etallondes, qui était passé en Prusse; il le recommanda chaudement à Frédéric II qui Taccueillit. Il chercha même plus tard à lui ménager les moyens de rentrer en France sans danger; mais il se heurta contre une obstination à toute épreuve.

On s*est parfois étonné de l'acharnement que Voltaire a montré contre les Parlements. On s'est demandé pourquoi il les a poursuivis sans pitié dans ses pièces de théâtre, dans une foule de mémoires et même dans une Histoire qu'il leur a consacrée. Rien de plus naturel cependant. Voltaire ne leur pardonnait pas d'avoir versé le sang innocent. En vain les Parlements étaient-ils les derniers obstacles opposés à l'arbitraire royal. En vain se faisaient-ils de temps en temps les défenseurs des derniers droits laissés à la nation. Voltaire plaçait leur rôle judiciaire avant leur rôle politique, et jamais leurs platoniques remontrances au roi n'effacèrent à ses yeux les erreurs et les cruautés dont ils s'étaient rendus coupables. C'est pourquoi, lorsqu'ils furent brisés par la volonté de Louis XV, il fut de ceux qui applaudirent à leur chute provisoire.

Si Voltaire s'érige volontiers en redresseur de torts dans des procès retentissants, il ne faudrait pas s'imaginer que les victimes illustres eussent seules des droits à sa pitié. Les plus obscures obtiennent de lui une sympathie active. A Saint- Omer, une pauvre veuve, nommée Montbailly, vivait avec son fils et sa belle-fille. Un matin de l'an 1770, elle est trouvée morte subitement. On accuse le fils d'avoir tué sa mère, on le juge, on le met à la torture, on lui coupe le poing, on le fait périr sur la roue et Ton jette son corps dans les flammes. Sa femme est condamnée comme complice à subir la même peine; mais elle est enceinte et obtient un sursis. Pendant

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FRAGMENT DE LA MINUTE d'CN HÉHOIRE ÉCRIT PAR VOLTAIRE

pour obtenir la rentrée en France du jeune d'Eiallondes.

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