I. TeDeum
gner même les consulter. Voltaire, comme Montesquieu, comme tous les philosophes de son temps, songeait autant aux. intérêts de Thumanité qu*à ceux de la patrie. Aussi n^estil pas étonnant de le voir intervenir pour faire cesser un fléau qui lui semble, avec raison, un reste de barbarie. Il ne compte p9s trop sur Frédéric pour renoncer aux prestiges de la gloire militaire. Il sait que le roi de Prusse aime les fan^ fares et les émotions de la bataille. Frédéric disait un jour à l'un de ses généraux que, s'il était vaincu et détrôné^ il se ferait médecin : « Toujours assassin, i répondit raiitre. Cest à peu près Tavis de Voltaire sur les velléités pacifiques qui passent dans Piesprit de Frédéric en ses jours de détresse. Le roi lui enverra plus tard une épître où il lui annonce rintention, s'il parvient à obtenir la paix,
De borner ses faibles mérites Aux soins de secourir la veuve et Torphelin.
a Pouf! pouf! » dit Voltaire en le lisant. « Il fart tant qu'il peut des uns et des autres. Belle manière de les secourir! p Cependant un n^oraent vient où le roi de Prusse est près de succomber. Il ne songe plus qu^à bien mourir. Il porte suspendue à son cou une petite boite d*or qui contient dilbhuit pilules d^opium. Il dit à qui veut Pentendre qu'il y t là de quoi donner un dénouement à la tragédie. Il le dit «n prose ; il le répète en vers. La littérature occupe uiîe place singulière dans cette guerre de Sept Ans. Elle a sa part au début : n'est-ce pas, en partie, pour des épigramtnes causti^ ques échappées à Frédéric que se forme contre lui une tri* pie alliance féminine? Ces préoccupations littéraires n'abandonnent pas le roi dans les plus grands périls. Vainqueur ou vaincu, il/aut qu'il rime, et il envoie, tantôt à d'Argcns, tantôt à Voltaire, quelque pièce de vers, qui fait souvent plus d'honneur à l'homme qu'au poète. Voltaire est ainsi averti