VOLTAIRE APRÈS SA MORT
Maïs, par un peuple libre aujourd'hui rappelée,
Elle vient consacrer ces lieux.
Salut, mortel divin, bienfaiteur de la terre; Nos murs, privés de toi, vont te reconquérir; Cest à nous qu'appartient tout ce qui fut Voltaire.
Nos murs t'ont vu naître et mourir.
Ton souffle créateur nous fit ce que nous sommes : Reçois le libre encens de la France à genoux. Sois désormais le dieu du temple des grands hommes,
Toi qui les as surpassés tous.
La Barre, Jean Calas, venez, plaintives ombres, Innocents condamnés, dont il fut le vengeur.
Accourez un moment du fond des rives sombres,
Joignez-vous au triomphateur.
Chantez, peuples pasteurs, qui, des monts Helvétiques, Vîtes longtemps planer cet aigle audacieux ; Habitants du Jura, que vos accents rustiques
Portent sa gloire jusqu'aux cieux. > Fils d'Albion, chantez ! Américains, Bataves, Chantez! De la raison célébrez le soutien.
Ah ! de tous les mortels qui ne sont point esclaves,
Voltaire est le concitoyen.
Voltaire allait être bientôt dépassé par la marche rapide de la Révolution. Ce n^est plus lui, par exemple, qui inspire les meneurs de la Convention. C'est Rousseau qui est passé Dieu à son tour. Toutefois, l'influence de Voltaire est encore très forte sur plusieurs groupes, sur les Girondins, par exemple, voire même sur certains montagnards comme Danton et C. Desmoulins. Ceux-ci sont, comme le maître, amis du luxe, des arts, du commerce, ennemis du brouet noir, de Paustérité, du nivellement des fortunes. Mais ils ne