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ne sera qu'un rêve si nous ne savons le chercher du bon côté? Est-ce à dire que je voudrais abolir les vacances ? Absit! Mais je me permettrai de croire que le meilleur moyen d’en jouir est de s'y préparer par une bonne année d'un travail assidu et constant. Loin de moi cet ennui ridicule, ces aspirations vaporeuses vers un horizon cù l’on voit tout en rose parce que tout y est encore éloigné. Le paresseux, le désœuvré est al à l'aise partout, plus peut-être dans une maison d'éducation qu'ailleurs. A lui le Calendrier. Au laborieux le plaisir pur et sans mélange des jours de repos préparés par un travail fructueux et opiniâtre. ”
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“ Samedi, ler juin 1889.
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“ C’est avec un plaisir bien sensible que nous | saluons ce beau mois du Sacré-Cœur, puisque | c'est dans son cours que doit s'ouvrir le plus beau temps de l’année pour nous, surtout pour les paresseux, et que nous appelons les vacances : mot | magique que l’écolier n'entend ou ne dit jamais ñ sans ressentir ce petit quelque chose dont on par- l lait il y a quelques jours et qui re peut se définir |
Mais est-ce bien là l’unique raison qui fait désirer ce beau mois ?.... Pour certains compères à qui la règle est une tyrannie et la liberté un
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bonheur parfait, je dirai oui. Mais pour nous qui comprenons tous les avantages de la régularité et qui reconnaissons la vérité de cet adage : mieux vaut obéir que commander; pour nous qui considérons la vie du séminaire comme la plus belle et la plus agréable, juin ne nous est pas cher au seul point de vue des vacances... .”
“ 11 juin 1889.
“ Promenade au quai. : On organise quatre ou cinq lignes et en un instant plus de deux douzaines de poissons sont tombés victimes de nos hamecons trompeurs. Il y avait aussi plusieurs canots qui semblaient nous inviter à nous bercer sur l'onde limpide. Mais la rèyle était là qui nous coupait les ailes tout court. A cinq heures nous nous mettions en marche et à six heures et demie nous étions au réfectoire. Inutile de faire les réflexions sur la manière dont nous avons fait honnenr à la table: c'était bien légitime ap ès une telle excursion.
‘13 juin, fête de St-Antoine de Padoue, Patron du séminaire.
“ Le séminaire est un petit monde à part, ayant ses lois et ses coutumes, et je suis fier d'ajouter
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qu'il possède aussi son jour de réjouissances religieuses, sa grande fête patronole.
“ Oui, le Séminaire a aussi son patron dans le ciel et il est heureux d’en célébrer aujourd'hui la fête.
“Parmi les vetites fêtes de fan:ille qui viennent de temps en temps nous tirer de notre labeur et interrompre la monotonie de notre vie, la St- Antoine de Padoue est une de celles qui sont le mieux accueillies et qui laissent le plus de douces impressions chez notre petit peuple.
“ Cette année comme les précédentes, les autorités se sont efforcées de nous rendre cette journée le plus agréable possible, et, grâce à la bienveillance des philosophes, à une heure, ils avaient préparé uu magnifique pique-nique à la campagne. Le temps un peu couvert nous promet toutefois une belle après-midi; l'air embaumé que nous apporte la brise de juin charme notre odorat, le merle et le rossignol chantent à tuetête dans le bocage, l'écureuil grimpe et sautille en se cachant sous l’épais feuillage des sapins et des peupliers, toute la nature étale ses charmes à nos yeux. Nous voici dans un petit bois, nous en avons pris possession et nous sommes à nous choisir une place avantageuse... mais tout-à-
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coup quelques gouttes de pluie viennent nous y découvrir: c'est l'orage qui vient. Il vient en effet... la pluie tombe et une pluie de déluge... Nous ne pouvons pus y tenir: en avant! en
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marche !....
“ Vers cinq heures le beau temps avait supplanté la pluie et nousavens fini la journée par une terrible lutte au jeu de croquet.”
“ 18 juin 1889.
“Aujourd’hui est le jour fixé pour la revue générale de notre science. Depuis longtemps nous en parlions, depuis longtemps nous le craignions ce fameux mardi. Durant les récréations, à la salle, à la cour, pendant les classes, à l'étude même il était le sujet de nos craintes et de nos inquiétudes. Enfin vient le summa dies et ineluctabile lempus ! Comme la journée nous paraît longue, cumme les heures s'écoulent lentement durant ces luttes avec les aridités de Lhomond, Leclair, ete. ete. ! Racine, Virgile, Boileau, Lafontaine n'auraient jamais dû, il nous semble, écrire ces vers, que nous avons tant de misère à apprendre et à réciter, même en les écorchant un peu. Et ce cher Xénophon, avec sa Cyropédie, comme on le voue de grand cœur aux gémonies. Que de très-bien ébréchés pour un seul
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temps primitif manqué! .... Enfin la journée s'achève, mais l'inquiétude ne disparaît pas avec elle, car nous avons encore une grande journée et plus à passer dans ces transes et ces interrogations compliquées et tournées sur toutes les faces. Mais qu'importe ! après la tempête vient le calme......”
“ 9 septembre 1889.
“Ce matin après la messe de communauté, le Rév. Monsieur Lecoq nous a fait un magnifique sermon sur les devoirs d'un bon écolier, le bonheur que nous avons d’hubiter sous le toit d’un séminaire et le moyen de se montrer reconnaissants envers Dieu qui nous a choisis parmi tant d’autres, peut-être plus dignes que nous, pour faire des études. Bonnes résolutions ! ! !
“19 septembre 1889.
“ Fin de la retraite,
“, ,Gardons donc précieusement ces souvenirs de la retraite. Pourrait-on oublier ces saluts du soir, où l'âme encore remplie des grandes pensées de la foi, nous tombions à genoux devant notre Dieu en répétant les notes graves et plaintives du Miserere ?.... Qui de nous n’a pas senti les larmes lui monter aux yeux durant cette prière
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du Prophète-Roi ? Ces larmes n'avaient rien de triste : elles étaient comme le trop plein de nos cœurs débordant d'émotion et de piété. A dixhuit ou vingt ans, il n’y a pas que le sombre
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chagrin qui ‘asse pleurer......
“25 septembre 1889.
“Il y a vingt-cinq ans à pareille date, notre vénérable curé, le Rév. D. Morisset, prenait pour la première fois la sainte victime dans ses mains consacrées. Quel bel anniversaire ! Que je désirerais être au milieu de ma petite paroisse qui doit à cette occasion donner libre cours à sa joie bien légitime et la témoigner extérieurement par des démonstrations dignes de la fête! Mais bien que je doive rester de corps dans me cage, mon esprit du moins est continuellement au milieu de ma famille.”
“ ler octobre 1889,
“ Avec le mois d'octobre s'ouvrent les beaux exercices du salut et des autres prières commandées par N. S. Père le Pape en l’année 1885 Avec quelle satisfaction allons-nous, après avoir fait une bonne étude, nous jeter aux pieds du Sauveur présent sur l'autel pour reposer nos cœurs dans la récitation du chapelet et des litanies si belles de la sainte Vierge.”
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| “ [er novembre 1889.
“ Grand congé.— Nous avons passé une partie de l'après-midi assis autour d’un petit feu allumé au milieu de la cour. R'en n’éveille de plus tendres souvenirs que de nous voir ainsi presque tous réunis en famille, chacun cherchant à amu- | ser ses confrères par un mob, une petite chanson | ou une historiette, et tout cela avec cette charité et cette bonne humeur qui règne entre les membres d’une même famille, ”
“13 octobre 1891.
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“ Vers quatre heures nous montons au bocage du Séminaire. Est-il pour un étudiant un plus beau délassement que de faire trève avec ses
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livres pendant quelque temps pour parcourir la campagne encore pleine des derniers souvenirs d'une saison qui s’est enfuie, maloré nos vœux ardents, sur l'aile du temps ? Comme la brise du soir est passablement fraiche, raison de plus est pour nous de nous mettre avec plus d'ardeur à l’œuvre de destruction que nous entreprenons. Nous nous disvions après avoir choisi un lieu commun où nous devons établir notre foyer, et quelques instants après nous revenons chargés de branches sèches qui, accumulées ensemble, forment presque un petit monticule, Mais après