‹ Vie de Zéphirin Verreau [microforme]Chapitre 3 sur 24 · VIE · texte numérisé non relu

VIE

DE

ZEPHIRIN VERREAU Offrande.

Le fait suivant se passait à l'église de J’Assomption de MeNider, le dernier dimanche d’août de l’année 1891, vers les six heures du soir.

Elle était bien silencieuse à ce moment-là cette petite église dédiée à la reine du ciel. Dans le cours de la journée, une foule pieuse avait rempli sa nef à plusieurs reprises, le prêtre avait offert le Saint Sacrifice à l'autel, annoncé la parole de Dieu, des chants religieux s'étaient fait entendre, des nuages d'encens, image de la prière, s'étaient élevés vers le ciel. A tout cela avaient succédé le silence et la solitude. Les rayons du soleil presque couchant entrant par les fenêtres

LEA dd

du côté nord, annonçaient que la nuit ne tarderait pas à venir.

Trois personnes entrèrent dans l’église : une mère de famille et deux de ses enfants. Ils firent ensemble le Chemin de la Croix, puis revenus au maître-autel, après avoir terminé le pieux exercice, ils prièrent encore longtemps.

— “ Mon Dieu, disait la mère dans le secret de son âme, voici mes deux enfants à mes côtés, faites, Seigneur, qu’ils restent toujours bons.

“ Je ne demande qu’une chose pour eux: qu'ils fassent toujours votre sainte volonté. Ils sont encore au début de la vie: seront-ils toujours heureux ici-bas ? boiront-ils à la coupe du bonheur ou à celle de la souffrance ? — leur séjour ici-bas sera-t-il de longue durée ou bien passeront-ils comme la fleur dont la vie est courte ? —auront-ils une part dans les biens de ce monde ? — verront-ils leurs projets se réaliser ? — Que toujours Seigneur il soit fait selon votre bon

plaisir.

“ J'aime ces enfants plus que moi-même, c’est mon bien le plus précieux, après vous, Ô mon Dieu. Cependant s’il est dans les desseins de votre Providence de me priver de ce trésor, si

c'est votre bon plaisir de les appeler à vous dès

des TS

maintenant, j'en ferai volontiers le sacrifice pour vous être agréable, êô mon Dieu. Je vous les offre. .” s

L'un des fils de cette mère chrétienne selon le cœur de Dieu était revêtu de la livrée des séminaristes: il portait le capot bleu, à nervures blanches, avec ceinture verte. *

“ Merci, mon Dieu, disait-il, de cette grande

faveur que vous m'avez faite de me tirer, du néant pour me faire naître à la vie corporelle ; j merci de m'avoir prêté jusqu'à présent cette vie . dont chaque instant a été marqué d'un nouveau

bienfait de votre puit; merci surtout, Ô mon Dieu, de ne pas m'avoir refusé votre grâce, qui seule a pu me retenir dans le chemin de la. vertu

et à laquelle je dois ma félicité dans votre ser-

vice,

“ O jour à jamais béni que celui où j'ouvris les yeux à la lumière, où tout petit enfant que j'étais je reçus de nombreux titres qui me donnaient droit aux mérites acquis par Jésus-Christ sur la croix, où je fus fait enfant de Dieu et de l'Eglise, constitué héritier du ciel ma patrie

* Les parties entre guillemets, sauf indication contraire, sont extraites du Journal.

me pen ro Ans

To

RSR MIEUX

Page 1