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bien-aimée. Une joie indescriptible envahit mon âme lorsque je songe au grand bienfait que je reçus et des cris de reconnaissance et d'amour
s’échappent de mon cœur vers le ciel à la pensée de cette grâce ineffable que Dieu me fit préféra-
blement à tant d’autres malheureux auxquels cette faveur a été refusée. Merci, Ô mon Dieu, de ne m'avoir pas fait naître dans un pays infi-
‘dèle, au milieu de ces milliers de barbares qui
sont assis à l'ombre de la mort, qui n'ont pas
‘encore vu la lueur du flambeau divin de votre
Evangile. Merci, Ô mon Dieu, de m'avoir fait naître dans un pays catholique, au sein de l’église romaine et de parents religieux, et cela sans que je l’aie mérité ni demandé d'aucune manière,
puisque je n'étais pas, mais par pure bonté du
Dieu-Maître.
“ Mais ai-je bien profité de ces grâces immenses que vous m'avez prodiguées ? Ai-je toujours été fidèle aux engagements que j'ai faits à mon bap-
tême ? Hélas! mon Dieu, trop souvent je me suis
montré ingrat. Je veux à l'avenir vous être fidèle afin de réparer le passé. Pour cela je répète aujourd'hui de vive voix les promesses que je fis autrefois par la bouche de mes parrain et marraine: je m'attache à vous suivre et m'engage à travailler sans cesse pour votre gloire,
“ Bénissez ces saintes résolutions que je prends aujourd'hui devant vous, Ô mon Dieu, comme vous avez Leni autrefois celles que je pris sur les fonts baptismaux, et faites-moi la grâce d'y être toujours fidèle jusqu’à l’heure où je paraîtrai devant votre tribunal redoutable pour rendre compte de ma conduite.
“ Je vous remercie encore, Ô mon Dieu, de m'avoir donné une mère si bonne. Elle m'a appris à vous connaître. Les premiers mots qu'elle m'a appris à prononcer ce sont les doux noms de Jésus et de Marie. Elle m'a enseigné à jouir de votre douce présence, à vous aimer et à faire en tout votre sainte volonté. Oui, Seigneur, je la répète cette parole que ma mère m'a si souvent enseigné de dire: que votre volonté soit faite. Je ne veux pas ici-bas avoir d'autre bonheur que celui de faire en tout votre sainte volonté...” *
* « Le dernier dimanche des vacances (1891) Zéphir alla comme d'habitude à l’église faire le Chemin de la Croix avec sa mère et son frère. ‘* Le Chemin de la Croix fini, dit la ‘/ mère, j'étais au pied de l'autel, je les avais tous deux à “ mes côtés: j'en étais contente. Je priai le bon Dieu de les ‘ conserver bons et de les appeler à lui plutôt que de per- ‘6 mettre qu'ils lui déplaisent. Je les lui offrais. ”
6 Notes sur Z. Verreau.”’
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Les premières années de Zéphir.
Ce jeune séminariste, que nous voyions il y a un instant au pied de l'autel, avait reçu au baptême le nom de Zéphirin, mais par abréviation on l’appélait toujours Zéphir. Il faut reconnaître aussi que ce nom lui convenait admirablement bien : on retrouvait en lui l’agréable douceur du zéphir. Sa figure empreinte d’une candeur angélique exprimait la bonté ; le léger sourire qui errait constamment sur ses lèvres rappelait le zéphir de mai agitant les feuilles des arbres et faisant éclore les fleurs ; la grande bonté du Dieu qu'il servait si bien était empreinte dans son âme et se réfléchissait dans tout son extérieur. On voyait dans son maintien une grande modestie, il y avait aussi de la dignité.
Il était né le 9 février 1871. Son père s'appelait Jean Chrysostôme Verreau et sa mère Marie Langlois.
Sa mère était une de ces femmes au cœur
chrétien qui font de l'éducation de leurs enfants dans l’amour de Dieu, l’objet constant de leurs soins les plus assidus. “ Elle sut former mon
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cœur, écrivait Zéphir, et faire passer dans mon âme les sentiments purs et saints dont déborde son noble cœur. C’est sur ses genoux que j'appris à bégayer les deux noms de Jésus et de Marie. C’est près d’elle que, joignant mes petites mains, et levant mes yeux vers le ciel, j'adressais au Tout-Puissant une petite prière pour papa et maman, apprenant ainsi à qui recourir dans mes besoins.”
Les tendances naturelles de son cœur vers la pieté et la vertu eurent donc champ libre pour se développer et se confirmer.
Dès l’âge de deux à trois ans, sa mère lui apprit à prier, et, dit-elle, depuis ce temps jusqu’à ce qu'il put prier seul, il ne manquait jamais de me remercier et de m'embrasser quand il avait fini sa prière. Il a toujours été, ajoute-t-elle, d’une piété angélique.
Lorsqu'il n'avait encore que trois ans, souvent sa mère le trouvait dans sa chambre agenouillé avec un petit compagnon au pied des images des S.S. Cœurs de Jésus et de Marie ; les mains jointes et les yeux au ciel, il répétait les prières qu'il savait.
Dès qu'il put comprendre la manière de dire le chapelet, il semit à le réciter, et pas un jour de sa “ie il ne manqua à cette pratique.
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On remarquait déjà en lui un ordre parfait dans tout ce qu'il faisait : vertu si rare chez un enfant. En même temps se développait cet esprit d’abnégation et de charité qui faisait la marque distinctive de son caractère. On ne voyait pas chez lui cet égoïsme naturel à presque tous les enfants. Avait-il des friandises, des joujoux, il fallait partager avec ses frères et sœurs, avec sa mère surtout. Au souvenir de sa mère, il n’eut jamais le moindre différend avec ses fières et sœurs. Quand quelque chose ne lui plaisait pas, c'était à lui toujours qu'il attribuait le tort, et cela non-seulement dans sa famille mais encore avec ses petits compagnons de jeu et d'école. Sa charité ne se bornaiït pas là, il était comme un petit apôtre parini les enfants de son âge, il savait les amener à prier le bon Dieu et aliait même quelquefois jusqu'à les reprendre de leurs fautes.
Lorsque venait le carême, il mettait de côté son petit traîneau pour faire pénitence. Il savait déjà que le sacritice est la vie du chrétien.
Il aimait à ruconter dans son journal les souvenirs de son enfance. Ce sont avec sa mère des conversations intimes où elle lui apprend à faire le bien ; elle lui enseigne en particulier l’exercice de la présence de Dieu. Ce sont des pro-
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menades par les beaux jours de l'été où elle lui apprend à remercier Dieu d’ “avoir fait le firmament si beau, le vent si frais, les champs si beaux, d’avoir donné une si belle vc'x aux oiseaux.” — “ Un point, dit-il, sur lequel ma mère tenait surtout à m'instruire c'était la connaissance de Dieu et de ses perfections. ”
“ Tous les jours, écrit-il encore, ma mère trouvait de nouveaux moyens de nous rendre agréable et attrayante l'étude de nos devoirs religieux : le récit d'un fait, une petite histoire, un exemple frappant étaient autant de moyens dont elle se servait habilement pour inculquer dans nos jeunes cœurs l'amour do la vertu et la haine du vice, sachant mêler l'utile à l’agréable, N'y avait-il pas jusqu’à nos récréations qui devenaient souvent le moyen le plus efficace de nous édifier ?
« Et, pour celles-ci, il en est une qui ne s'effacera pas de ma mémoire et que je range parmi les souvenirs les plus chers de mon enfance, Je veux parler de ces heures de délices ineffables que nous allions passer dans un parc, en face de la maison paternelle. Là, groupés autour de notre bonne maman, assis sur le gazon, au pied d'une colline, nous causions intimement en-
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semble sur les objets qui nous entouraïent. Le beau soleil qui projetait sur nos têtes ses rayons vivifiants, une brise légère qui frissonnait agréabiement dans nos chevelures, un petit oiseau qui nous réjouissait de son chant harmonieux, un papillon voltigeant autour de nous, une fleur champêtre qui étalait à nos regards ses couleurs variées, le brin d'herbe qui pousse sans le secours de personne, enfin toutes ces beautés de la nature étaient autant de merveilles qui étonnaient nos regards et qui devenaient le sujet de mille et une questions auxquelles notre bonne mère ne désirait rien tant que de répondre le plus exactement possible ; elle se servait de toutes ces choses pour nous montrer la bonté de Dieu, la grandeur de ses perfections. Ainsi des après-midi entières se passaient à parler du bon Dieu, du petit Jésus, du plaisir qu'elle éprouvait à nous voir réunis sous son reward.
“ Ainsi tout en respirant cet air pur de la prairie si cher au jeune âge, tout en satisfaisant notre soif de la liberté et notre amour pour le jeu, nous apprenions à aimer Dieu, à le louer, à le servir, à sanctifier toutes nos actions, jusqu’à nos récréations en les offrant à Dieu comme à notre maître et en nous convainquant de sa présence en tous lieux,”
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Lorsqu'il avait huit à neuf ans, sa mère était souvent malade, En plusieurs circonstance il fallait veiller auprès d'elle la nuit. Le petit Zéphir voulut veiller à son tour. Douze ans après il écrivait à ce souvenir : “ Aussi longtemps ma mère restait au lit, aussi longtemps mon petit cœur était malade et ressentait les plus cruelles douleurs à la vue de celle que j'aimais tant.”
À sept ans il commença à servir la messe tous les jours, pieux office qu'il remplit presque tout le temps jusqu’à sa mort.
“ À l'autel, dit son curé, il avait plutôt la tenue d’un ange que celle d’un enfant: l'air grave sans avoir l’air guindé, il faisait toutes les cérémonies avec une dignité, une précision et une piété vraiment remarquable. Sa mise était simple, mais tout en lui respirait une propreté exquise, des idées d'ordre et surtout une grande élévation de sentiments. On sentait en l'approchant que l'enfant respirait dans une atmosphère de piété peu commune.
“ Au catéchisine, sa piété l'éclaira et suppléa parfois à ses talents. Ses réponses, sans être toujours parfaitement exactes, n'étaient jamais dénuées de sens.... Quelle franche gaîté avec ses
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camarades, quelle charité pour eux en mille circonstances. . Que dire de la ferveur avec laquelle il fit sa retraite et s’approcha de la Table Sainte pour la première fois.
“ À partir de cette époque sa piété plus éclairée devint aussi plus remarquable aux yeux de tous. Qui ne l’a point vu un dimanche aprèsmidi, vers la tombée du jour, agenouillé à l'autel de Marie ou parcourant avec la plus grande piété les stations du Chemin de la Croix, seul ou avec ses compagnons, dont plusieurs sont maintenant de saints religieux. ”
À dater de sa première communion, il s'approcha régulièrement des sacrements tous les quinze jours ou toutes les trois semaines et il ne cessa jamais d'être un sujet d’édification pour sa famille et ses compagnons. Il fréquenta encore l’école quelques années.
A l’âge de douze ou treize ans, il servit comme commis dans un magasin de l’Assomption pendant un an.
Son père était cordonnier. Il fallait un travail constant pour faire subsister la famille, qui se composait du père, de la mère et de quatre enfants. Zéphir travailla avec son père. Il avait une très forte répugnance pour ce travail qui le
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fatiguait beaucoup, cependant l'amour de sa “ chère petite famille ” lui donnait des forces pour s’y livrer avec courage et persévérance.
Après la prière en famille il disait son chapelet et faisait de longues prières. Souvent sa mère s'éveillait et le trouvait encore en prière. Alors elle lui disait d'aller se reposer et il obéissait aussitôt.
Ces détails qui font bien voir l’amour dont son cœur brûlait pour Dieu, sa mère seule les connut. Les amis mêmes qu'il eut plus tard et à qui il ouvrit son âme ont reconnu qu'il ne l’avaient pas assez admiré, qu'ils avaient été plutôt l'objet de sa charité que les témoins de ses vertus.
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Son entrée au Séminaire.
Tout en se livrant à un travail manuel, Zéphir ne négligea rien pour s’instruire, espérant sans doute pouvoir 1n jour faire des études. Une dame charituble, amie de la famille, lui enseigna les éléments de la langue anglaise. Tout en travaillant assidûment avec ses parents il souffrait beaucoup ; souvent on voyait de grosses larmes couler sur ses joues. Son père comprit bien la cause de ses larmes, et confiant dans la Providence, qui sait toujours proportionner les moyens à la fin, il se rendit à ses désirs et lui permit d'assister aux leçons que le bon curé de l’Assomption donnait déjà à quelques enfants qui se préparaient à entrer au Séminaire.
“ Le 2 novembre après-midi, dit son curé, Zéphirin transfiguré, arrive à la classe avec ses compagnons. Sa figure est toute rayonnante, Depuis quelques mois surtout, sa figure portait une teinte de mélancolie causée par les souffrances morales, que l’enfant supportait chrétiennement, mais qui se trahissaient malgré lui au dehors.
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vais remarqué en cet enfant quelque chose d’extraordinaire. Je croyais y voir des signes évidents de vocation au sacerdoce ou à la vie religieuse.”
Il étudia ainsi pendant six mois.
Grâce à cette application, à son travail éclairé d’ailleurs par la grâce, lorsqu'il entra au Sémiuaine de Rimouski au mois de septembre 1887, il fut jugé capable de faire ses Humanités,
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Le petit monde du Séminaire.
“ Le séminaire est un petit monde à part, ayant ses lois et ses coutumes, ” écrivait Zéphir dans son ‘ournal.
De fait on y retrouve en miniature ce que l’on voit dans les grandes sociétés.
Il y a dans ce peuple écolier de grandes divisions : les pensionnaires, les externes, le cours clussique, le cours commercial, qui sont comme autant de castes, de tribus distinctes. Dans ces tribus il y a des familles: les différentes classes, dont les membres sont étroitement unis entre eux.
Il y a des officiers publics : le doyen d’abord, qui est le plus ancien élève de la plus haute classe ; chaque classe a aussi son doyen qui comme tel èst toujours entouré d'une certaine considération ; puis les présidents et les autres officiers des différentes associations qui sont presque innombrables : associations religieuses, littéraires, scientifiques, sociétés musicales, corps militaires, sociétés de jeux de toutes sortes : jeux de paume, de balle, de ballon, de croquet, etc.
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ete., sociétés de promenades à la raquette et de patin durant l'hiver, etc.
Il y a un code de lois qui est le règlement de l'institution. En dehors de ce règlement il y a des traditions et des coutumes.
On trouve dans ce petit monde des illustrations dans les différentes branches: il y a des philosophes, des orateurs, des écrivains, des musiciens, des célébrités dans les différents jeux, etc. On en rencontre un certain nombre qui ont de l'influence sur leurs confrères, dont la purole fait autorité, qui imposent leur manière de voir, d’autres qui ont le don de l'intrigue, d’autres à qui la fortune semble toujours contraire. Ca y trouve un mélange de tous les caractères : des esprits nobles, amateurs de la paix, des esprits droits, parfois aussi des esprits violents, turbulents, égoïstes, à charge à leurs confrères.
Il y a aussi une opinion publique, ce tribunal qui s’enquiert et qui juge un peu de tout. Et j'ajouterai qu'il faut s’en défier, car le peuple écolier est perspicace et observateur : rien ne lui échappe, les petits défauts et les petits travers moins que toute autre chose. Heureux si en cela il savait toujours rester dans de justes limites et ne jamais outrepasser les règles de la charité chrétienne,
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Zéphir aimait cette vie de collège. Il se plaisait à en décrire les charmes dans son journal et à y insérer cette foule de petits faits et de petits détails qui sont propres à la vie d’écolier.
Ses relations avec ses confrères furent toujours des plus cordiales ; sa grande bonté, son humeur joviale, son caractère franc et ouvert le firent estimer de tous. Comme on pourra s'en convaincre facilement en lisant les chapitres qui vont suivre, il fut un véritable apôtre du bien : ayant toujours à cœur le maintien du bon ordre, sachant donner un bon conseil, s’efforçant avec le concours de ses amis de ramener dans le bon chemin ceux qui s’en éloignaient.
Il fut reçu dans la Congrégation de la sainte Vierge dès l’année de son entrée au séminaire. Au commencement de l’année 1891-92 il en était le secrétaire. Le titre de congréganiste lui était particulièrement cher. Il le disait à ses confrères. Il mettait ce titre bien au-dessus de tout autre, quelqu'honorifique qu’il pût être.
Il fut aussi membre de l’Académie St-Jean.
Un petit nombre seulement font partie de cette société et pour y être admis il faut avoir fait preuve d'une certaine capacité littéraire. Il y fut admis durant son année de Belles-Lettres.
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Il appartenait à la société St-Louis de Gonzague, qui s’ocvupe principalement d'exercices de déclamation.
Dans ses classes, Zéphir eut toujours une bonne place. Dieu lui avait donné d'assez bons talents, et comme le bon serviteur de l'Evangile, il sut les faire fructifier pur un travail intelligent et souteuu. Il travaillait avec un ordre parfait: ses devoirs journaliers sous le rapport de la propreté et de l'écriture peuvent être donnés comme mo-
dèle.
Ses professesseurs furent toujours satisfaits de lui : je ne crois pas qu'il se soit jamais attiré le moindre reproche.
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Les amis de Zéphir.
“# L'ami fidèle est une forte protection,” dit l’Ecriture, “ celui qui l’a trouvé a trouvé un trésor.”
“ Rien n’est égal à l’ami fidèle, et l’or et l’argent ne sont pas à comparer à la sincérité de sa foi. ”
“ L’ami fidèle est un remède de vie et d’immortalité ; et ceux qui craignent le Seigneur trouvent un ani fidèle. ”
‘ Celui qui craint le Seigneur sera heureux en amitié, parce que son ami sera selon son cœur.” *
On le voit, l’amitié franche et véritable doit s'appuyer sur Dieu.
Zéphir avait plusieurs amis, il en avait un en particulier à qui il était étroitement uni. Cette amitié paraît remonter à l’année 1888-89. “ Cette année, disent les “ Notes”, fut une année de grâce et de bonheur pour Zéphir: il vécut entouré des tendresses de la Mère du Bel Amour, qui alluma dans son cœur une sainte flamme, il vécut dans une sainte amitié qui avait Marie pour mobile,
* Eccli, VI, 14 et seq:
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« De concert avec ses amis, ses “ frères en Marie, ” il travailla pour la plus grande gloire de sa Mère du ciel, qui bénit ses efforts, en accordant le succès aux petites industries, qu'elle lui inspirait pour son plus grand amour dans les cœurs.
“ Marie seule sait tout le bien qu’il a fait par la force de son nom sacré. Beaucoup ne savent pas tous les mots remplis d'amour de Marie que les anges ont recueillis de ses lèvres, pour les porter aux cieux ; ils ne savent pas dans combien d’âmes il a allumé la dévotion à cette bonne mère ; ils ne savent pas qu'un véritable apostolat a souvent cuppléé aux efforts généreux, mais quelquefois 11:ructueux, de ses supérieurs ; ils ne savent pas que son exemple se continue et se continuera, Marie aidant, pour le grand bien de ceux qui habitent la maison qu’il a habitée, Oui tout cela s’est fait, mais dans le silence, sous le regard de Jésus et de Marie, ad majorem Dei gloriam. ”
Dans son journal, on trouve les phrases suivantes :
,» Samedi, 9 mars 1889,
‘ Ce soir la récréation s’est écoulée avec rapidité, car j'ai eu une conversation animée avec mon ami. Durant la promenade nous parlions
“ frères en de gloire de n accordant e lui inspi- 3 les cœurs.
La fait par ) ne savent Marie que ur les por- 1s Combien tte bonne e apostolat ‘eux, mais leurs ; ils inue et se ad bien de bitée. Oui e, sous le orem Dei
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d'abord de l’amitié et de ses douceurs, d’où nous sommes venus à parler de Notre Mère, centre de notre amitié. Il ne m'avait jamais parlé avec autant de sincérité et d'affection. Cette conversation si agréable pour les enfants de Marie, se prolongea après la promenade, et nos cœurs se réunirent encore ‘lavantage.. Heureux ceux qui ont choisi Marie pour le centre de leur amitié.”
“ Samedi, 16 mars 1889.
‘“ À la récréation, j'ai marché avec mon ami et nous avons tenu une de ces petites conversations propres au samedi soir.... ”
‘“ 94 mars 1889.
“ Après souper nous nous rendons à la cour où je marche avec.... Nous disons quelques mots sur le sujet qui nous occupait avant souper, mais mon compagnon m'ayant cité cette pensée de Virgil: ePaulo majora canamus, une conversation très animée s’engagea au sujet de la fête de notre Mère que nous devons célébrer demain. Qu'il est doux et consolant ce nom chérie de mère!”
€ 25 mars, fête de l’Annonciation.
“,, À la récréation du soir je marche avec mon ami et nous nous communiquons les divers sentiments qui nous ont animés pendant la jour-
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