RESTE
On sembla s’accorder pour reconnaître que les jumeaux univitellins sont monozygotiques, c’est-à-dire d’un œuf foncièrement simple, accidentellement divisé, soit par cause physiologique, soït:par cause pathologique. ‘La genèse des monstres doubles serait due au même processus.
Les unicistes semblent triompher, mais il reste à expliquer pourquoi cette division est limitée à certains organes, et n’en atteint pas d’autres, et les mécanismes de fusion, de ligatures ét d’interpositions qui accompagnent la dualité des monstres univitel- Jins. Et surtout chez certains monstres simples ne possédant qu'un organe double, on s'explique mal cette dualité embryologique quand on se trouve devant un janiceps à double tête, le double ‘bassin d’un ischiopage, le double sternum et le double thorax d’un sternopage !
Binet-Sanglé, en 1929, présenta une théorie basée sur l’inversion viscérale des monstres doubles, complication constante ét nécessaire de plusieurs genres de monstres doubles. T’inversion créerait -un deutotype symétrique d’un prototype, lun ét l'autre se trouvant forcément réunis dans les monstres doubles. « Si on n’a jamais 6bservé dans l’humanité de: monstres quadruples, est peut-être que la formation d’une vésicule ombilicale et d’un amnios est, dans notre espèce, indispensable au dévéloppement, et qu'un individu au moins, du zôïde primitif doit être sacrifié pour contribuer à ‘leur ‘formation ».
foùt récemment, le professeur DaLcQ, de la Faculté:
pipes
“le Médecine :de Bruxelles, reprenant :les :théories “qu'ont ‘fait maître les expériences poursuivies :à ce ‘Propes ‘en France ‘et en Allemagne, rappelle que les «entbryologistes sont:actuellement familiarisés :avec la production . de «deux ‘ou plusieurs embryons aux :dé- ‘pens “d'un ‘seul germe imorcelé :à ‘un stade précoce favorable.
Ge processus :serait :de ‘cause :externe, la -duplicité des monstres doubles étarit d'action interne.
‘La ‘transformation de l’amas germinal, écrit DALcQ, plus ‘ou moins ‘sphérique «en :un système polarisé et ‘pluristratifié qui deviendra ‘l'embryon, s’accomplit à Ja faveur de mouvements cellulaires coordonnés, expression dune gamme de propriétés communes à toutes les parties du germe, présentant néanmoins de proche-en proche ‘des différentes quantitatives, :géné- ‘ratrices della-diversification des organes :et:des tissus. Ces “propriétés ‘sont dues à des substances produites par ‘les métabolismes, affectant :la morphogénèse. Leur concentration locale à la fin «de la:segmentalion -cotifère à chaque ‘territoire :son potentiel morphegénétique. La décroissance ‘de ces potentiels «dans les
“diverses directions, conditionne l’individualité. Leur
“ensemble :constitue 1le champ d'individuation.
Les faits de gémellité ‘et :de dédoublement,'sont des modificätions, en “apparence spontanées, du champ individuation, ne pouvant avoir leur origine qu’au stade fort jeune de la formation :graduelle de ve ‘champ, par ‘un ‘trouble des conditions d’où dérive -cette formation. ‘Ces :conditions résultent de linter-
action des substances liées au gravient vitellin fondamental de l’œuf, et d’autres substances réparties er surface en un champ cortical. Le dédoublement du champ d’individuation découle du fait que le champ cortical s’est établi autour de deux foyers de concentration maximale, avant la phase d’appariement des pronucléi dans l'œuf fécondé. |
Les faits d’hérédité n’ont apporté aucun élément dans la théorie des monstres doubles. Alors que des statistiques ont permis de démontrer que les jumeaux univitellins étaient fréquents dans les lignes directes, on ne connaît pratiquement aucun cas d’hérédité dans la monstruosité double, Leur fréquence d’ailleurs ne dépasse pas un pour cent mille naissances environ. |
Quant au sexe des monstres doubles, alors qu’on pensait autrefois qu’il ne pouvait exister que des monstres homosexués, on possède quelques cas de monstres bisexués, à côté des bi-hermaphrodites déjà constatés autrefois. Toutefois, dans l’espèce humaine, on ne connaît qu'un cas cité par GUINARD, mais de manière tout à fait dubitative.
Le problème est toujours posé. L’étiologie est aussi trouble aujourd’hui, malgré les progrès des connaissances humaines en embryologie qu’il y a cent ans, lorsqu'on était limité aux hypothèses. Aussi nous pardonnera-t-on de quitter ce domaine des pures spéculations psychologiques pour nous réfugier dans le réel : les monstres doubles vivants encore il y a quelques années, et ceux que la chirurgie avait tenté de diviser, dans le proche passé.
LES PYGOPAGES EN 1937
Le Docteur Marcel Baupoin, en 1937, publia j’observation complète des monstres doubles que l’Exposition avait attirés à Paris. Fait remarquable, il s’agissait de trois couples du sexe féminin, les sœurs (le terme est joli) G18B, les sœurs HILTON, toutes deux Américaines, les Sœurs Hindoues. Malheureusement, au point de vue anatomique, il n’a pas été possible de se procurer de détails sur leur point d’union, car aucune radiographie de ces trois monstres n’a été autorisée.
L’étude toute superficielle qu’a pu faire le Docteur Baudoin de ces monstres montre toutefois que, physiologiquement parlant, les deux êtres ainsi joints possèdent des caractères de ressemblance très importants. Lorsqu’elles montent en voiture, par exemple, si celle qui monte tourne le dos à sa sœur, l’autre se présente de profil, mais aussi de face.
Ces doubles sont forcément un peu penchées dans leurs diverses attitudes, mais elles ont toujours le soin d’écarter autant qu’elles le peuvent la partie supérieure de leur corps, bien qu’elles rapprochent parfois plus étroitement leurs membres inférieurs.